Samedi 4 mars 2006
Tremblement de terre 地震  (jishin)

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Comme chacun est supposé le savoir, le Japon est un pays de séismes, de tremblement de terre; de typhons aussi d'ailleurs.

Dans quelles proportions?
Alors que le territoire japonais ne représente que 3% de la surface du globe,  il enregistre 10% des tremblements de terre de notre planète. Mieux encore (si j'ose dire) : à lui seul 20% des temblements de terre de force 6 et plus à l'échelle de Richter.
Il parait qu'il y aurait 30% de risque de gros séisme à dégats importants dans les 10 prochaines années, et 60% si l'on considère les 30 prochaines années
Ces chiffres ont été donnés par Monsieur Hasegawa, directeur adjoint du service de prévention à la mairie de l'arrondissement de Minato, lors de la réunion des chefs et adjoints d'îlots (je reviendrai là-dessus plus tard) à l'ambassade de France à Tokyo au mois de décembre 2005.

Quelques exemples:
Nous avions reçu aussi un document récapitulant les tremblements de terre de l'année 2005 jusqu'au mois de novembre inclus, survenus sur le sol japonais ou dans les eaux territoriales. Pas tous les tremblements, bien sûr, mais ceux qui avaient une intensité comprise entre 5 et 7,2 à l'échelle de Richter. Il y en a 13. (pour l'échelle de Richter, vous pouvez vous renseigner à cette adresse)

Exemples:
16 février, Ibaraki
Une secousse sismique d'une magnitude de 5,4 sur l'échelle ouverte de Richter a ébranlé la préfecture d'Ibaraki à quelques 130km au nord-est de Tokyo à 04h46, faisant 8 blessés légers mais sans occasionner de dégâts majeurs.
Le séisme a été ressenti jusqu'à Tokyo, réveillant de nombreux habitants. Aucune alerte au tsunami n'a été lancée.
Des sections de voie ferrée et d'autoroute au nord-est de Tokyo ont été provisoirement fermées par précaution en attendant des inspections.

23 juillet, Chiba:
La région du Kanto a été secouée samedi par son plus fort tremblement de terre depuis 1992, qui n'a fait que quelques blessés légers et dégâts matériels; la secousse, d'une magnitude de J.O sur l'échelle de Richter, s'est produite à 16h35 à 73km sous terre dans la préfecture de Chiba, dans la proche banlieu est de Tokyo. Aucune alerte au tsunami n'a été lancée.
Le séisme a été longuement ressenti dans la capitale: des dizaines de personnes sont restées coincées dans des ascenseurs, plusieurs incendies mineurs ont éclaté dans des domiciles, une grue s'est effondrée sur le toit d'un immeuble et des objets ont chuté dans de nombreuses maisons.
Au moins 18 blessés légers ont été recensés, selon les médias nippons et les services de secours. Il s'agit essentiellement de coupures et de brûlures.
Aucun dégât matériel majeur n'a été signalé, la plupart des grands immeubles de la capitale étant conçus pour résister à des séismes beaucoup plus violents.
Mais le service a été longuement interrompu dans le métro et sur les lignes de trains de banlieu, à une heure où des centaines de milliers de personnes se trouvaient hors de chez elles pour effectuer leurs courses du week-end.
Les deux aéroports de Tokyo ont fermé par précaution pendant quelques minutes, avant de rouvrir. Le service a également été brièvement suspendu sur la ligne de train à grande vitesse Shinkansen reliant Tokyo à Shizuoka (nord).

19 octobre, Ibaraki:
Un fort séisme, d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle ouverte de Richter, est survenu en soirée, ressenti dans le centre et le nord du Japon, dont Tokyo et ses environs, blessant légèrement deux personnes mais sans faire de dégâts majeurs, selon les autorités.
Le séisme, qui s'est produit à 20h44, a été ressenti dans une vingtaine de préfectures de l'archipel, de la région de Tokai (centre) à l'île de Hokkaïdo (nord).
Son épicentre était situé au large des côtes de la préfecture d'Ibaraki, à 150km au nord-est de Tokyo, a précisé l'agence météorologique japonaise.
(…)
Aucune alerte au tsunami n'a été déclenchée.
En revanche, un réacteur nucléaire expérimental de l'Agence japonaise de l'énergie atomique à Tokai Mura, dans la préfecture d'Ibaraki, a automatiquement cessé ses opérations lors de l'impact du séisme, selon l'Agence.
Le réacteur a redémarré manuellement une heure et vingt minutes après les contrôles de sécurité. Le tremblement de terre a entraîné une brève interruption du trafic ferroviaire, notamment des shinkansen. L'aéroport international de Tokyo-Narita a fermé ses deux pistes pendant dix minutes pour vérification.

15 novembre, Miyagi:
Un violent tremblement de terre d'une magnitude estimée à 6,9 sur l'échelle ouverte de Richter est survenu à 06h39 heure locale dans l'Océan Pacifique, à environ 350 km au large de Sendai (nord du Japon, préfecture de Miyagi). L'agence météorologique japonaise a aussitôt lancé une alerte au tsunami mettant en garde contre des vagues pouvant atteindre 50cm tout le long du littoral Pacifique entre Tokyo et l'île septentrionale de Hokkaïdo.
Un tsunami d'une hauteur de trente centimètres s'est alors abattu mardi matin sur les côtes du Japon: la vague a frappé le littoral près de la ville d'Ofunato (nord du Japon) à 7h26.
Aucune victime ni dégât n'ont été signalés dans un premier temps, a-t-on appris auprès de la mairie.
Selon la télévision publique NHK, environ 400 familles ont été évacuées par précaution du village côtier de Tanohata, également dans le nord du Japon.

Ce sont donc 4 exemples sur les 13.

On peut constater que dans l'ensemble, les dégâts sont limités, les mesures de précautions sont immédiates.

Toutes les mesures ont été renforcées après le désastre de Kobé. En particulier en matière de construction, où les exigences des normes ont été considérablement accrues.

Je parlerai donc prochainement des diverses mesures de précaution.


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Mardi 7 mars 2006
POUR LES FRANÇAIS RÉSIDANT AU JAPON:

L'îlotage

Un maillage de la ville de Tôkyô, reproduisant les zones administratives japonaises pour répartir les Français  qui se sont immatriculés au consulat en îlots, a été établi. Lorsqu'on s'inscrit au consulat, on reçoit information de l'îlot auquel on appartient, ainsi que les coordonnées du chef d'îlot pour pouvoir le contacter. Personnellement, on ne m'a téléphoné qu'une fois en x années, et je crois qu'il en est plus ou moins de même dans les autres circonscriptions. 

Il y a normalement un "chef" et deux suppléants par circonscription. Toutefois, il reste encore des zones à pourvoir.

Il y a actuellement 98 îlots dont 75 pour Tôkyô seul, avec 141 îlotiers, ce qui montre le manque de suppléants dans un certain nombre d'îlots, dont le mien, d'ailleurs. Ceci pour 6.152 Français immatriculés au consulat, avec 31% de mineurs. Sur les 98 îlots, 71
ont au moins un responsable, donc les 27 autres sont directement gérés par l'Ambassade en cas de crise compte tenu du faible nombre de ressortissants français
. Par ailleurs, certains îlots ( 5 ou 6 ) n'ont qu'un responsable et des suppléants ne sont pas recherchés si le nombre de français est jugé faible.
Les îlotiers, qui font partie du Comité de Sécurité, sont réunis 2 fois par an pour les mises à jour et échanges d'informations. Des spécialistes sont invités à cette assemblée.

Actuellement,  ce dispositif n'existe que dans le cadre français, mais d'autres ambassades européennes s'y intéressent de près, en particulier l'ambassade d'Allemagne qui est voisine.

Rôle des îlotiers:

En temps normal:

Ils sont les intermédiaires entre l'Ambassade de France au Japon et la communauté française. Ils peuvent contacter les personnes de leur circonscription pour s'assurer que cette famille est toujours là, pour transmettre une information, dans un sens ou dans l'autre…

Dans les informations qu'on peut transmettre: rappeler les consignes de sécurité en cas de séisme, le lieu d'évacuation où l'on pourra avoir abri et aide…

Les responsables d'îlot sont encouragés à prendre contact avec le service de prévention de leur mairie, qui les reçoit bien et qui a habituellement des documents utiles.

La plupart des responsables d'îlot font part de la difficulté à obtenir des réponses lors de leurs tentatives de contact avec les personnes de leur circonscription…

Un chef d'îlot prévient l'ambassade et ses suppléants s'il s'absente.

Les chefs d'îlot à forte population ont reçu de l'ambassade un téléphone satellitaires portables. (iridium). L'ambassade, plusieurs entreprises françaises, sont équipées de valises (téléphones) immarsat en plus des téléphones satellitaires.

En cas d'urgence:

Les responsables d'îlot doivent faire de leur mieux pour faire le recensement de la situation de la communauté dans leur circonscription, et faire savoir à l'ambassade (ligne spéciale) ceux qui sont sain et sauf, ceux dont on ne sait pas encore ce qu'ils sont devenus, cette fonction est indiquée comme prioritaire; les informations recueillies par l'ambassade sont transmises à la cellule de crise à Paris qui peut ainsi informer les familles.

Lors des assemblées, on nous a aussi appris à rassurer les gens pris de panique…

LA VILLE DE TÔKYÔ:

Elle a une centrale de surveillance et intervention très élaborée, pour tous les cataclysmes, puisqu'il y a aussi l'activité volcanique, les typhons, les ras de marée (même s'ils sont assez rares), les glissements de terrain…

Mais elle a renforcé son action de recherche pour faire face le mieux possible à certains aspects spécifiques. Dans la journée, la plupart des gens sont loin de chez eux, pour être au travail au bureau.
Il y a en particulier l'arrondissement de Chiyoda, celui qui est en forme d'anneau autour de l'immense territoire du Palais impérial. A peine 40.000 personnes y vivent, mais 200.000 y viennent chaque jour travailler, étudier etc. Ce qui pose de nombreux problèmes particuliers.
Un bureau de recherche a été créé, le Centre de recherche des désastres urbains.
Il travaille tout particulièrement à définir les problèmes, les besoins, et à y trouver des solutions. Le problème auquel il s'intéressait particulièrement cette année est celui de ces si nombreuses personnes qui sont loin, voire très loin de chez elles dans la journée. La ville d'Osaka a établi un contact avec ce bureau de recherche parce qu'ils ont maintenant une préoccupation similaire avec la grande plaque tournante régionale qu'est devenu le quartier de la gare. Comment regrouper les gens avant qu'ils puissent essayer de rentrer chez eux? Comment les informer pour les aider à retourner chez eux, retrouver leur famille? Comment l'information peut-elle se faire? Comment peut-elle circuler, cette information? Et en attendant que ces personnes puissent se déplacer? Comment faire pour tous les premiers besoins? etc.

Pour la troisième fois cette année, un grand exercice de simulation et démonstration était organisé conjointement par la mairie de Chiyoda, le bureau de recherche, les pompiers, la police, l'armée, 62 entreprises sur les 4.000 hébergées dans cet arrondissement.

Cet exercice a lieu le 17 janvier, date du grand tremblement de terre de Kobé.
C'est grâce à la responsable de l'îlot 622 (merci Marie-Sylvie) que nous avons eu connaissance de ce bureau où j'ai pu l'accompagner, et de ses activités.

Dans un prochain article, je vous ferai donc un compte-rendu assez précis et très illustré de ce que j'ai pu voir et apprendre à ce grand exercice du 17 janvier.

Cet article est associé à ces deux autres:

Japon et séismes
les précautions à prendre

Un panneau expliquant immarsat:


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Un panneau expliquant iridium:


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Lundi 10 avril 2006
Depuis le temps… Voilà enfin l'article pour lequel j'avais ouvert ce blog. Les articles qui l'accompagnent ont déjà été publiés il y a un moment, mais celui-ci était toujours en souffance. Ce à quoi il va être mis fin.

DE QUOI IL S'AGIT:

Le Japon est un pays perturbé par quelques phénomènes naturels peu plaisants: typhons, tremblements de terre, glissements de terrain, vapeurs parfois mortelles, et en prime on nous annonce des cyclones pour cette saison de printemps été…
La sécurité et la prévention sont donc très importants. L
es consignes de sécurité sont largement diffusées. Les autorités françaises s'en sont soucié pour leurs ressortissants, comme expliqué dans un précédent article, et les autorités japonaises, elles? Bien sûr, elles s'efforcent dêtre à jour et la recherche est toujours d'actualité. Surtout depuis la triste expérience de Kobe, où rien n'était prêt: ils étaient trop persuadés qu'ils n'avaient rien à craindre…

Il y a 4 ou 5 ans a été créé à Tokyo un centre de recherche de la prévention et de l'action en cas de désastre en milieu urbain qui s'ajoute à la grande centrale de veille et d'action qui se trouve dans les locaux de la mairie de Tokyo, à Shinjuku. Pour la 3e fois cette année, ce centre de recherche a organisé avec la mairie de Chiyoda une grande journée de simulation - information.

Le principal thème de la recherche actuelle est: comment faire pour toutes les personnes qui sont seulement de passage dans la journée dans cet arrondissement qui est un anneau autour du palais impérial et de Kitanomarukoen et le budokan? C'est un arrondissement surtout quartier d'affaires, de commerces, d'écoles et universités. 40.000 habitants, mais jusqu'à 200.000 personnes dans la journée des jours de semaine. Il faut aider ces transhumants à leur survie, puis à regagner leur domicile pour y retrouver leur famille.
La ville d'Osaka se penche actuellement sur ce problème, elle aussi, et des personnes sont en contact avec le centre de Tokyo pour l'échange d'informations et de savoir faire.

Pour la 3e fois cette année avait lieu une grande journée de simulation, le 17 janvier. en plus du centre de recherche et de la mairie de l'arrondissement, 62 entreprises (sur les 4.000 présentes sur ce territoire), les pompiers et l'armée ont contribué à la préparation et au déroulement de cette journée.

POURQUOI CETTE DATE




Le 17 janvier est la date choisie en souvenir de Kobe et de ses 3.000 victimes.
Une minute de silence a été observée.






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Cliquez sur la vignette pour voir le plan en grand. L'itinéraire que j'ai suivi avec mon groupe (plusieurs points de départ) est indiqué en rouge au départ de Iidabashi. Marunouchi, souligné en rouge, est un autre point important de cette matinée.

J'étais à 9h45 au point de rassemblement de Iidabashi, dans la gare de métro, à hauteur du guichet de la ligne Tozai. Un accueil bien fait à la japonaise, avec le bureau de réception pour noter l'arrivée des représentants de sociétés et bureaux dont la venue était prévue; j'ai donc dû inscrire mon nom.
4: c'était le numéro de notre groupe. Le brave monsieur a fait toute la matinée en portant ce panneau à travers les rues et avenues.





Après avoir longé de longs couloirs, on a refait surface, et mis les fauteuils roulants en action. En efffet, il faut penser à tout, il est évident qu'il y aurait aussi des personnes handicapées à déplacer.
Le seul problème étant: le fauteuil sera-t-il accessible après le gros tremblement de terre? bref, 2 fauteuils étaient prévus, il fallait trouver 2 volontaires pour faire l'impotant, et 2 autres pour pousser…






Une des premières choses que l'on nous a montrées, c'est un spectacle en 3D dans un camion aménégé. Film à intention informative et  éducative.  Typhon, tremblement de terre, glissement de terrain vécus par une famille: ce qu'il convient de faire dans de telles circonstances. Nous avons été secoués, remués, nous avons senti la fumée,  avons vu des rocs se diriger vers nous, entendu un fracas épouvantable, tout était fait pour nous donner l'illusion d'y être "pour de vrai". Pendant que nous attendions notre tour d'entrer dans cette boîte infernale, nous avons eu notre première distribution de cadeaux…




Ensuite, on nous a montré les toilettes qui seraient installées sur les lieux d'hébergement de secours en cas de catastrophe. L'évacuation de ces toilettes est faite directement dans les canalisations. Le détail qui rendait la chose un peu comique, et faisait aussi se poser des questions pour le grand jour: c'est une structure légère, il y avait beaucoup de vent ce jour-là, la jeune femme était obligée de tenir le tout de peur que ça s'envole!






Puis on nous a fait entrer dans l'immeuble Daiwa, compagnie de construction immobilière. C'était pour nous faire profiter de la démonstration d'une technique qu'ils ont mise au point pour absorber les tremblements latéraux que subit une maison individuelle lors d'un tremblement de terre. Mes traits rouges aboutissent aux points-clefs du dispositif de roulements de disques et de cylindres qui absorbent le mouvement. Je dois dire que la différence est impressionnante. Ce qui est dommage, c'est que je n'ai pas eu le temps de demander le prix de ce genre de dispositif; Mais je sais que le même genre de technique est appliqué aussi à de grands immeubles.



De même, on utilise des structures en X pour une meilleure résistance des constructions. Des bâtiments construits avant 81 en ont ajouté pour être absolument conformes aux nouvelles règles de sécurité. Les deux photos suivantes montrent ce que celà donne au lycée (j'ai souligné en bleu les X métalliques) et à l'Institut.

Selon les possibilités données par la construction existante, ils sont placés à l'intérieur (lycée) où à l'extérieur (institut). j'ai récemment remarqué un bâtiment administratif japonais déjà vieillot qui prenait un peu des airs de Beaubourg, sauf qu'il aurait fallu peindre un peu tout ça!




La destination suivante était le siège de la grande compagnie de téléphonie KDD. Très sérieux, tout ça! Les téléphones iridium et imarsat, c'est maintenant un peu un achat obligé pour les entreprises. D'ailleurs les entreprises françaises implantées ici avancent leur équipement dans ce domaine.

J'ai beaucoup vu la "cérémonie" si japonaise d'échange de cartes de visite.

Des panneaux expliquaient fort bien les systèmes irridium et imarsat. Vous pourrez cliquer sur les vignettes pour les voir.


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Nous avons repris notre chemin, véritables fourmies processionnaires chargées de nos petis sacs plastiques (un élément important de la vie au Japon!) où étaient nos premiers petits cadeaux: bouteille d'eau de source de Tsumagoi, piles électriques longue durée…
Les commerçants sortaient sur le pas de la porte pour nous regarder l'air ébahi, se posant des questions. C'était assez drôle à observer, alors que la file restait très sage, et que j'imaginais la même chose en France!






Nous sommes enfin arrivés à Kitanomaru koen, au Budokan.
Il était midi. Un autre épisode allait commencer. C'est là que se rassemblaient les groupes partis de divers points (les croix que j'ai faites sur le plan, plus Marunouchi, souligné). Les groupes constitués à Marunouchi, dans le quartier des affaires, avaient surtout eu les expérimentations de guidage et information via les teléphones portables.
A partir du point de ralliement devant le Budokan, grand lieu de refuge et secours en cas de catastrophe, tous les groupes avaient droit aux mêmes choses.






Des cadeaux, tout d'abord; sans quoi on ne serait pas au Japon. Ici, on prend des habitudes d'enfant gâté! Des produits de survie, le bentô (casse-croute) pour le déjeuner.

















Il y avait aussi la soupe (tonjiru = miso aux légumes et porc)
servie par les militaires. Tout le monde mangeait très sagement, très dignement, c'était un spectacle assez intéressant, même quand on est très habitué au Japon (on reste français dans l'âme!).

































          













Puis on en vient aux choses sérieuses: la démonstration de divers savoir-faire.
D'abord des voitures q
ui sont bloquées, avec des passagers à bord. Il faut donc neutraliser le risque d'incendie, arriver à ouvrir le véhicule d'une façon ou d'une autre, pour pouvoir enfin faire sortir le ou les passagers. Le tout se fait avec force gestes et mots de coordination. Chaque acte exécuté doit être signalé à l'équipe et confirmé par le chef d'équipe avant de passer à l'action suivante…. Louables intentions, dont je doute qu'elles soient bien réalisables en conditions réelles…

Une fois le passager extirpé de là, il faut s'en occuper, il est évanoui, bien sûr… on va donc s'efforcer de le réanimer par la respiration artificielle, par l'électro-choc (même sur un mannequin, c'est impressionnant) puis on l'évacue dans le camion-hôpital ambulant. toujours sous l'œil de la presse.













Pour pouvoir ensuite dégager la voiture facilement, il ya un dispositif ingénieux que l'on place sous les roues.



Ensuite on s'attaque au toit de la maison détruite où des personnes se trouvent bloquées. Quand on aura enfin pu dégager la victime, la civière sera chargée sur  une sorte de grue de secours, pour ensuite la déposer à terre où des bénévoles la prendront et la conduiront au centre de soins.

















Monsieur le Consul était présent à toutes ces démonstrations, ainsi que monsieur Mori et son collègue, les principaux coordinateurs…

Ensuite, tout le monde s'est mis dans un bel alignement pour écouter les quelques mots du maire et observer la minute de silence déjà évoquée plus haut. Il y avait beaucoup de monde présent, parce que les organisateurs avaient demandé beaucoup de bénévoles pour l'encadrement, mais aussi pour avoir des marcheurs qui feraient le début du trajet à pied vers quelques unes des principales destinations des personnes habituellement en transit à Chiyoda. Un groupe partait dans la direction de Chiba, un autre jusqu'à Jingugaien pour la direction de Kanagawa, un autre encore dans la direction de Saitama… tous ces groupes nombreux sont partis, là encore, dans un ordre et un calme impeccables…




Si l'an prochain, des Français(es) veulent participer à cette démonstration, ils pourront prendre contact avec moi, et la mairie de Chiyoda ne demandera pas mieux que de nous prévoir dans son organisation, nous avons déjà évoqué cette possibilité.
Les commentaires ici peuvent être un bon moyen de me contacter.

Je vous invite à consulter les articles associés si vous ne les connaissez pas déjà.
Japon et séismes
L'ilotage pour les Français
Les précautions de base




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Vendredi 9 juin 2006
Si ces informations s'adressent d'abord à ceux qui résident au Japon, elles peuvent être utiles aussi à ceux qui prévoient un voyage ou un séjour dans ce pays.

Récemment, à Tokyo, la deuxième réunion annuelle des îlotiers a eu lieu. Nous étions convoqués à Ikebukuro, au centre de prévention des désastres (Ikebukuro Bosai Kan 池袋防災館). Il a été créé en 1986 pour promouvoir la capacité de protection et de bons gestes en cas de séisme ou autre désastre (typhon, glissement de terrain, etc). Plus d'un million de personnes ont visité ce centre jusqu'à l'an dernier.








Les installations de ce centre permettent de se familiariser avec 4 situations, dont le
tremblement de terre dans une maison et l'évacuation d'un bâtiment à travers la fumée et la demi obscurité. Le directeur du centre était présent pour nous accueillir, donner des informations, répondre aux questions.








Bien entendu, nous étions également accueillis et encadrés par Monsieur le Ministre Conseiller, et  par Monsieur le Consul qui sont là en train d'attentivement écouter une question posée.







Le directeur du centre nous a rappelé les principes de présentation de l'intensité d'un tremblement de terre.

La magnitude, c'est-à-dire l'intensité à l'épicentre, est indiquée par l'échelle de Richter. Un point de plus dans l'échelle = 30 fois plus intense. +2 = 1000 fois plus intense. Donc, ce qui est très important, c'est aussi la distance à laquelle on se trouve de l'épicentre. L'échelle de Richter est universelle, elle est identique dans tous les pays.

Le Japon utilise le degré - shindo - , mesure qui diffère selon le pays. Ici, les degrés vont de 1 à 7 , mais pour 5 et 6, c'est 5 moins, ou 5 plus, idem pour 6; ce qui fait en pratique 9 niveaux. On considère que c'est à partir de 5+ qu'il y a véritablement risque de dégats. Les normes imposées pour les constructions: pouvoir résister sans gros problème à un tremblement de force 5.


On nous a ensuite montré un film de fiction en 3D. Film que d'ailleurs j'avais déjà vu il y a quelques années lors d'une séance similaire dans un autre centre plus important. L'intention de ce petit film didactique est de nous rappeler qu'une grande partie des dégats humains viennent de l'affolement, de la panique. Et qu'un minimum de préparation et de précautions  peuvent aider à survivre. Je récapitulerai à la fin quelques uns des gestes qui peuvent sauver.



Comme nous étions assez nombreux,nous avons été répartis en 3 groupes, chacun avec sa cheftaine pour le piloter dans les 2 étages d'activité.

On nous a passé une vidéo qui montrait les dégats faits par quelques uns des temblements importants de ces 10 dernières années, dont ceux de Okujiri et de Kobe, bien sûr, mais également, beaucoup plus récent, ceux de Niigata et de Sendai.


Puis notre cheftaine nous a montré quelques articles pouvant être utiles dans le sac d'urgence que l'on devrait toujours avoir prêt.

Une petite lampe de poche et radio qui se recharge grâce à… tout simplement une manivelle qui, comme son nom l'indique, fonctionne manuellement. Astucieux quand il n'y a plus d'électricité et que l'on sait tous que l'obscurité ajoute à l'angoisse voire la panique. La radio, c'est pour avoir les infos utiles.

Ce gadget coûte environ 4.500¥.








Egalement cette feuille isolante que vous connaissez probablement tous. Dans les infos télé qui nous montrent des gens blessés à qui on porte secours, on voit souvent ceci utilisé pour les protéger.

Le côté doré à l'extérieur, c'est pour avoir chaud.




Le côté argent à l'extérieur, c'est pour avoir frais dans un lieu ou un climat très chaud. Je crois me rappeler que cela coûte aux environs de 350¥.
On nous a montré aussi des sacs plastiques renforcés pour si on est en panne totale de toilettes. Un produit qui rend potable presque n'importe quelle eau (ça, c'est un peu plus cher). Bien sûr, il y a aussi les produits alimentaires de survie.




Après toutes ces belles informations, nous avons eu droit à la séance de tremblote dans la petite maison (mais celle-là n'était pas dans la prairie…). C'est exprès, pour plus d'efficacité de l'exercice, qu'on ne nous prévenait pas de l'intensité à laquelle on faisait monter l'expérience.
On passait par groupes de 4. Là, vous voyez les premiers héros. Volontairement, la cheftaine a attendu pour lancer les tremblements, ils ne se méfiaient plus.






Nos amis discutaient tant et plus, finissaient par oublier pourquoi ils étaient là quand soudain…  Dong boum boum boum…  Ça y est! C'est le moment d'avoir les réflexes, et les bons! Eteindre le gaz, ouvrir les issues, se mettre sous la table avec le coussin (zabuton) sur la tête de préférence.







L'obscurité à cause de la coupure de courant, relative ici, pouvant être totale dans la réalité s'il fait nuit, se fait…
Curieusement, nous les entendons moins discuter de chose et d'autre…
Ils ont eu droit à un 5+, d'après ce que j'ai pu voir, je crois même qu'il y a eu quelques secondes de 6.

















Lorsque tout s'arrête enfin, on sort de sous sa table l'air un peu étonné. On constate que les casseroles sont tombées , y a plus qu'à les ramasser!

Je suis passée en dernier.
Quelle idée j'ai eu!
Pour nous 4, la cheftaine réservait le fin du fin, le fameux tremblement de terre force 7 de Tokyo en 1923, celui dont Paul Claudel a fait un récit dans "Connaissance de l'Est", celui dont ma belle-mère m'avait souvent parlé: elle y avait perdu  presque tout ce qu'elle avait dont beaucoup d'objets de valeur apportés en dot, mais surtout un bébé né deux jours plus tôt.
Vu l'endroit où j'étais assise, j'aurais dû me lever pour éteindre le gaz. Pas pu! J'ai même eu du mal à attrapper le coussin posé sur la table. J'ai eu des difficultés pour me lever de la chaise qui s'était instantanément reculée de la table. J'ai cru que je n'arriverais jamais à en décoller pour me mettre sous la table où ensuite mon front a cogné celui d'une autre personne.

Je n'ai pas trouvé l'expérience rassurante…


Nous avons également fait l'exercice du labyrinthe de fumée. On nous a prévenus que ces fumées n'étaient pas toxiques, toutefois il était préférable que les asthmatiques s'abstiennent. On nous a rappelé aussi que les fumées montent à la vitesse de 3 à 5 m/seconde.
Pour marcher à travers les fumées, il vaut mieux couvrir bouche et nez d'un mouchoir ou toute autre pièce de tissu et se tenir bien penché, essayer de marcher dans la position la plus basse possible.




Quelques infos et conseils complémentaires
:

- Il est indispensable de fixer les meubles, toutes sortes de gadgets efficaces existent.
- Ne pas oublier qu'il faut de bonnes chaussures, à semelles épaisses de préférence pour marcher dans les décombres. La nuit, l'idéal serait de poser les chaussures à proximité du lit. Mais même cela ne garantit pas qu'on puisse les trouver en cas de besoin.
- Lors de nos divers brain storming, nous n'avons pas réussi à déterminer l'endroit idéal pour entreposer le sac d'urgence. Communément, c'est quand même dans l'entrée; d'autres, après l'expérience du tremblement de Niigata par exemple, prônent la voiture. Mais dans un cas comme dans l'autre, rien ne garantit que l'on pourra accéder à son sac.
- Avoir de quoi tenir - eau, nourriture de survie - pendant 3 jours. Le nécessaire pour les secours est prévu, mais pas forcément d'accès tout à fait immédiat. Il faut quand même un peu de temps pour que les choses se mettent en place. Donc, prudence prudence.
- Dans les couloirs de métro ou autres passages souterrains de ce genre (Tokyo a comme une deuxième ville sous terre) il est conseillé de marcher le long des parois auxquelles on peut se tenir et on risque un peu moins d'être renversé et piétiné par la foule.
- Savoir qu'il y a création d'un réseau de solidarité dans les magasins de proximité, les chaînes de superettes pour en particulier fournir aussi de l'eau, et des sations services en particulier pour les toilettes.
- Savoir aussi que les messageries électroniques fonctionnent mieux que les téléphones dans ces cas-là
- En réponse à une question posée pour avoir de la documentation en français pour l'information sensibilisation des enfants, nous avons appris que la commission sécurité du lycée travaille à une brochure destinée aux enfants.
- On rappelle toujours aussi qu'il est nettement préférable de s'inscrire au consulat quand on séjourne au Japon. On peut aussi signaler sa présence lors d'un séjour court. Ceci dans votre intérêt. On peut ainsi s'inquiéter de votre sort et informer la cellule de crise au besoin.
- Où acheter les divers objets et produits pour la sécurité? Dans les centres de prévention, ils ont leur boutique. Mais aussi dans les grands magasins. Ces rayons ont pris de l'importance au fil des années.

Maintenant il ne nous reste plus qu'à faire comme Montaigne: être bien prêts pour ne plus en être obsédés.








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Petites infos:






Bienvenue à bord


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De sombres histoires de beurre et de fromage, au Japon ---> CLIC.


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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  m'occuper de cela le plus rapidement possible avec Over-Blog.

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