Nom de nom!!!
Une première précision, je n'ai pas fait de faute de frappe dans le titre. C'est bien d'histoires de nom au Japon que je veux vous parler (oui, encore un post bavard). Et pour que vous puissiez tout comprendre, il faut aussi que je vous explique quelques petites choses du Japon.
D'abord, pour ceux qui ne le connaissent pas,LE SYSTEME D'ECRITURE.
Il y a les idéogrammes ou caractères dits "kanji" d'origine chinoise. Au Japon, chaque kanji a (minimum) 2 lectures. Le mot japonais et ce qui fut, souvent déformé peu à peu epuis l'origine, la lecture chinoise quand le kanji est employé en composition avec un autre. Par exemple la roue, le véhicule 車 "kuruma"; mais si je l'associe à un ou plusieurs autres pour former un mot différent, il ne sera pas lu "kuruma" mais "sha"; exemple: 車両 sharyô wagon ou 自動車 "jidousha" le véhicule qui bouge par sa propre force autrement dit l'automobile. Ça se corse pour les noms propres parce que là, on trouve beaucoup de lectures "fantaisistes", inattendues.
Il ya aussi les deux syllabaires, les kana, où les signes sont au nombre de 50 dans chacun des 2 syllabaires qui représentent donc les mêmes sons avec des signes différents. Quelques uns en exemple le premier, c'est le hiragana, le deuxième, le katakana:
Je ne mets pas liste complète maintenant...
Je reviens au cas des NOMS PROPRES: à la déclaration de naissance, le nom est enregistré avec et sa forme écrite et la lecture de la forme écrite. D'autant plus qu'il faut savoir qu'il y a beaucoup beaucoup d'homophones dans la langue japonaise.
Notre fille a été enregistrée avec son prénom japonais en premier et son prénom français. Pour son prénom japonais, Satsuki, le nom d'une fleur, l'azalée, on a choisi l'écriture en hiragana - comme beaucoup d'autres personnes - le kanji étant beaucoup trop compliqué, et l'écriture habituelle étant celle qui veut dire mois de mai (5e mois) 五月, sens dont nous ne voulions pas (pas très poétique n'est-ce pas) mais du coup on nous dit souvent " Ah! elle est né en mai?" Nooon! En avril! Pour son prénom français, Aurélia, l'état civil a attribué une transcription en katakana, normal, mais phonétiquement un peu bizarre. Peu importe, pour tout document officiel japonais, c'est comme ça qu'elle devrait l'écrire, et qu'on le trouve dans son passeport japonais.
LA SIGNATURE au Japon
On ne signe pas de sa plus belle plume, mais d'un coup de sceau bien appliqué. Pour les choses très courantes, on utilise un sceau qu'on peut acheter un peu partout (les patronymes sont en nombre limité au Japon) qui contient s apetite charge d'encre. Il suffit d'appuyer et sa marche. On le désigne sous le nom de marque très répandu "shachihata", un peu comme on dit frigidaire pour réfrigérateur. La ligne claire sur le noir indique l'endroit où on met l'index pour le tenir de façon à avoir le nom
apposé d'aplomb.
Pour les banques, on utilise un sceau moins industriels et cette signature est enregistrée à la banque. Si on le perd, il faut remplir le formulaire de déclaration de perte (le même que si on veut changer de inkan pour une autre raison) et on remplit le papier d'enregistrement du nouveau.
Pour des actes plus importants et officiels encore, il faut un sceau spécialement dûment enregistré à la mairie. Après quoi on reçoit une carte plastique qui porte le numéro d'enregistrement de ce "jitsu-in". Quand on a besoin d'une attestation, on va à la mairie avec cette carte, et en un rien de temps, l'imprimante reliée à l'ordinateur nous crache l'attestation en question. Si on n'a pas la carte, on apporte le sceau en question. Qu'évidemment, on évite de balader inutilement étant donné son importance. (sur la photo, c en'est pas lemien, image prise sur le net)
Et maintenant que vous avez toutes les connaissances nécessaires pour suivre, voici MA PROPRE HISTOIRE de mes aventures et mésaventures de ce mois de janvier.
J'étais dans les étapes finales mais chargées de démarches de longue haleine, casse-pied, délicates etc dans n'importe quel pays (ouf! enfin complètement terminées il y a quelques jours). J'ai eu x fois x papiers à remplir. Avec en premier mon nom à écrire.
Oui,mais quel nom, et quelle écriture du nom?
Celui que j'écris spontanément, c'est celui que vous connaissez par la signature de la plupart de mes photos, que je l'écrive dans notre écriture Marie-France Ono ou en japonais: 小野マリーフランス
Mais sur l'attestation de telle décision officielle qui était la cause de mes démarches, mon nom était écrit comme sur mon passeport, mais dans la transcription en katakana, avec une erreur dans la transcription de Gaby devenu guikabi, et épouse devenu épousse;
ce qui donne オベール エプース オノ マリーフランンス アルベルト ギカビ Sur ma carte de séjour, c'est là aussi comme dans le passeport français où est d'abord écrit le nom de jeune fille puis épouse machin et les prénoms; et sur cette carte de séjour, donc, c'est écrit en majuscules d'imprimerie de notre écriture.
Alors selon les papiers - fort nombreux - à remplir, je devais utiliser une façon de l'écrire ou l'autre,mais même les employés s'y perdaient, vérifiaient au besoin auprès d'un supérieur etc. Un vrai casse-tête... japonais!
Et le clou!
Avec le problème du "jitsu-in", le sceau spécial où je me suis retrouvée dans une situation kafkaienne. Je savais où il était entreposé. Mais en raison de ceci et de cela, pour que j'y aie accès, il fallait d'abord avoir achevé telle autre formalité. Mais pour ça, il me fallait l'attestation du jitsu-in, mais comme je n'avais pas la carte (où telle personne avait-elle bien pu déplacer ça, comme le reste???), il me fallait le sceau pour faire l'attestation mais comme je n'avais pas le sceau etc... Finalement, j'ai dû aller à la mairie faire enregistrer un nouveau sceau. Le précédent était super: un véritable artiste avait parfairement imité en petit ma signature dans notre écriture. Le nouveau était beaucoup plus banal (j'étais pressée, il y avait des dates à respecter, j'avais pris ce que j'avais sous la main) avec Ono en kanji.
L'employée de la mairie revient avec l'attestation du nouveau et me dit "mais attendez, il faut enregistrer aussi pour votre nom"
"?????????"
"Oui, parce que cette signature est en kanji, hors actuellement ce n'est pas ainsi que votre nom est enregistré auprès de nos services où il est en romaji comme dans votre passeport. Ça pourrait passer pour une personne différente. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas long à faire: un petit papier à remplir et c'est fini au bout de 5 minutes. "
C'est ainsi que je suis enfin officiellement devenue Ono Marie-France 小野マリーフランス, nom que je croyais porter depuis 38 ans...
Et que j'ai reçu une nouvelle carte de "sécu", cette fois à mon nouveau nom...
Au lieu de ranger cet article dans la catégorie "société", je le trouve plus à sa place dans "conseils pour le Japon"
Et pendant que j'y suis, j'ajoute un conseil pour les Japonais qui vivent hors du Japon, comme ceux qui sont mariés à des Françaises et vivent en France: s'ils n'ont pas de jitsu-in dûment enregistré, qu'ils s'occupent de ça lors de leur prochain séjour au pays. Sinon, ils pourraient connaître des complications dans certaines situations, comme tous les documents officiels à signer dans le cas du décès d'un des parents par exemple...
D'abord, pour ceux qui ne le connaissent pas,LE SYSTEME D'ECRITURE.
Il y a les idéogrammes ou caractères dits "kanji" d'origine chinoise. Au Japon, chaque kanji a (minimum) 2 lectures. Le mot japonais et ce qui fut, souvent déformé peu à peu epuis l'origine, la lecture chinoise quand le kanji est employé en composition avec un autre. Par exemple la roue, le véhicule 車 "kuruma"; mais si je l'associe à un ou plusieurs autres pour former un mot différent, il ne sera pas lu "kuruma" mais "sha"; exemple: 車両 sharyô wagon ou 自動車 "jidousha" le véhicule qui bouge par sa propre force autrement dit l'automobile. Ça se corse pour les noms propres parce que là, on trouve beaucoup de lectures "fantaisistes", inattendues.
Il ya aussi les deux syllabaires, les kana, où les signes sont au nombre de 50 dans chacun des 2 syllabaires qui représentent donc les mêmes sons avec des signes différents. Quelques uns en exemple le premier, c'est le hiragana, le deuxième, le katakana:
| a あ ア | i いイ | u うウ | e おエ | o お オ |
| ka かカ | ki きキ | ku くク | ke けケ | ko こコ |
| sa さサ | shi しシ | su すス | se せセ | so そソ |
| ta たタ | chi ちチ | tsu つツ | te てテ | to とト |
| na なナ | ni に ニ | nu ぬ ヌ | ne ねネ | no のノ |
Je ne mets pas liste complète maintenant...
Je reviens au cas des NOMS PROPRES: à la déclaration de naissance, le nom est enregistré avec et sa forme écrite et la lecture de la forme écrite. D'autant plus qu'il faut savoir qu'il y a beaucoup beaucoup d'homophones dans la langue japonaise.
Notre fille a été enregistrée avec son prénom japonais en premier et son prénom français. Pour son prénom japonais, Satsuki, le nom d'une fleur, l'azalée, on a choisi l'écriture en hiragana - comme beaucoup d'autres personnes - le kanji étant beaucoup trop compliqué, et l'écriture habituelle étant celle qui veut dire mois de mai (5e mois) 五月, sens dont nous ne voulions pas (pas très poétique n'est-ce pas) mais du coup on nous dit souvent " Ah! elle est né en mai?" Nooon! En avril! Pour son prénom français, Aurélia, l'état civil a attribué une transcription en katakana, normal, mais phonétiquement un peu bizarre. Peu importe, pour tout document officiel japonais, c'est comme ça qu'elle devrait l'écrire, et qu'on le trouve dans son passeport japonais.
LA SIGNATURE au Japon
On ne signe pas de sa plus belle plume, mais d'un coup de sceau bien appliqué. Pour les choses très courantes, on utilise un sceau qu'on peut acheter un peu partout (les patronymes sont en nombre limité au Japon) qui contient s apetite charge d'encre. Il suffit d'appuyer et sa marche. On le désigne sous le nom de marque très répandu "shachihata", un peu comme on dit frigidaire pour réfrigérateur. La ligne claire sur le noir indique l'endroit où on met l'index pour le tenir de façon à avoir le nom
apposé d'aplomb.Pour les banques, on utilise un sceau moins industriels et cette signature est enregistrée à la banque. Si on le perd, il faut remplir le formulaire de déclaration de perte (le même que si on veut changer de inkan pour une autre raison) et on remplit le papier d'enregistrement du nouveau.
Pour des actes plus importants et officiels encore, il faut un sceau spécialement dûment enregistré à la mairie. Après quoi on reçoit une carte plastique qui porte le numéro d'enregistrement de ce "jitsu-in". Quand on a besoin d'une attestation, on va à la mairie avec cette carte, et en un rien de temps, l'imprimante reliée à l'ordinateur nous crache l'attestation en question. Si on n'a pas la carte, on apporte le sceau en question. Qu'évidemment, on évite de balader inutilement étant donné son importance. (sur la photo, c en'est pas lemien, image prise sur le net)
Et maintenant que vous avez toutes les connaissances nécessaires pour suivre, voici MA PROPRE HISTOIRE de mes aventures et mésaventures de ce mois de janvier.
J'étais dans les étapes finales mais chargées de démarches de longue haleine, casse-pied, délicates etc dans n'importe quel pays (ouf! enfin complètement terminées il y a quelques jours). J'ai eu x fois x papiers à remplir. Avec en premier mon nom à écrire.
Oui,mais quel nom, et quelle écriture du nom?
Celui que j'écris spontanément, c'est celui que vous connaissez par la signature de la plupart de mes photos, que je l'écrive dans notre écriture Marie-France Ono ou en japonais: 小野マリーフランス
Mais sur l'attestation de telle décision officielle qui était la cause de mes démarches, mon nom était écrit comme sur mon passeport, mais dans la transcription en katakana, avec une erreur dans la transcription de Gaby devenu guikabi, et épouse devenu épousse;
ce qui donne オベール エプース オノ マリーフランンス アルベルト ギカビ Sur ma carte de séjour, c'est là aussi comme dans le passeport français où est d'abord écrit le nom de jeune fille puis épouse machin et les prénoms; et sur cette carte de séjour, donc, c'est écrit en majuscules d'imprimerie de notre écriture.
Alors selon les papiers - fort nombreux - à remplir, je devais utiliser une façon de l'écrire ou l'autre,mais même les employés s'y perdaient, vérifiaient au besoin auprès d'un supérieur etc. Un vrai casse-tête... japonais!
Et le clou!
Avec le problème du "jitsu-in", le sceau spécial où je me suis retrouvée dans une situation kafkaienne. Je savais où il était entreposé. Mais en raison de ceci et de cela, pour que j'y aie accès, il fallait d'abord avoir achevé telle autre formalité. Mais pour ça, il me fallait l'attestation du jitsu-in, mais comme je n'avais pas la carte (où telle personne avait-elle bien pu déplacer ça, comme le reste???), il me fallait le sceau pour faire l'attestation mais comme je n'avais pas le sceau etc... Finalement, j'ai dû aller à la mairie faire enregistrer un nouveau sceau. Le précédent était super: un véritable artiste avait parfairement imité en petit ma signature dans notre écriture. Le nouveau était beaucoup plus banal (j'étais pressée, il y avait des dates à respecter, j'avais pris ce que j'avais sous la main) avec Ono en kanji.
L'employée de la mairie revient avec l'attestation du nouveau et me dit "mais attendez, il faut enregistrer aussi pour votre nom"
"?????????"
"Oui, parce que cette signature est en kanji, hors actuellement ce n'est pas ainsi que votre nom est enregistré auprès de nos services où il est en romaji comme dans votre passeport. Ça pourrait passer pour une personne différente. Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas long à faire: un petit papier à remplir et c'est fini au bout de 5 minutes. "
C'est ainsi que je suis enfin officiellement devenue Ono Marie-France 小野マリーフランス, nom que je croyais porter depuis 38 ans...
Et que j'ai reçu une nouvelle carte de "sécu", cette fois à mon nouveau nom...
Au lieu de ranger cet article dans la catégorie "société", je le trouve plus à sa place dans "conseils pour le Japon"
Et pendant que j'y suis, j'ajoute un conseil pour les Japonais qui vivent hors du Japon, comme ceux qui sont mariés à des Françaises et vivent en France: s'ils n'ont pas de jitsu-in dûment enregistré, qu'ils s'occupent de ça lors de leur prochain séjour au pays. Sinon, ils pourraient connaître des complications dans certaines situations, comme tous les documents officiels à signer dans le cas du décès d'un des parents par exemple...
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