Mythologie japonaise: Amaterasu
Nous avons précédement vu comment le Japon avait été formé selon la mythologie. Nous avons laissé Izanagi, dieu créateur du Japon avec son équivalent féminin Izanami, fou de colère et tuant son fils Kagutsuchi, divinité du feu qui a provoqué la mort de Izanami de par sa naissance.
Izanagi pleure la perte de son épouse Izanami. Il entreprend un voyage au Yomi no Kuni, le Pays de la nuit et de la mort avec l'intention de l'en ramener.
Mais Izanami ne peut partir de ce pays des morts sans l'accord des divinités maitresses des lieux.
Izanagi est descendu dans les enfers. Il brûle d'impatience de revoir sa bien-aimée. Alors il enflamme une dent de son peigne afin d'avoir un peu de lumière. Il la voit toute décatie, décomposée et en plus pleine de l'intention de le retenir, lui, au Yomi no Kuni. Tout cela n'est pas du tout de son goût. Il a vite fait de la répudier et de prendre la fuite.
Evidemment, Izanami réagit.
Elle le maudit. Mais ce n'est pas suffisant. Elle décide donc de tuer chaque jour un millier d'individus parmi le peuple d'Izanagi. Réponse de ce dernier: il ordonnera à son peuple de de donner quotidiennement naissance à mille cinq cents enfants.
C'est l'instauration du cycle de la vie et de la mort.
Mais Izanagi ne peut pas revenir comme ça dans le monde des vivants, il faut qu'il se purifie. Il le fait dans l'île de Tsukushi, dans la rivière des orangers.
Ces ablutions vont contribuer à la suite de la création de l'univers et de ce qui le compose.
A cette occasion,
de son œil gauche nait Amaterasu, déesse du soleil;
de son œil droit, nait Tsukuyomi, dieu de la Lune; de son nez naît Susanoo, dieu de l'orage.
une représentation d'Amaterasu, image du web
De là, un nouvel épisode très important pour l'histoire du Japon
Susanô est belliqueux, il est grossier, son père finit par l'expulser. Il va faire ses adieux à sa sœur Amaterasu, déesse du Soleil. Elle craint qu'il ne vienne avec des intentions plus belliqueuses qu'il ne veut bien l'avouer.
Elle lui demande alors de prouver la bonne foi de ses propos par un concours : le premier des deux qui engendre une divinité masculine gagne. Amaterasu brise l'épée de son frère en trois morceaux qu'elle mâche et transforme en trois élégantes déesses. Susanoo mâche les perles de fécondité des chaînes ornementales de sa sœur (le Magatama) et engendre cinq divinités masculines. Puis ils se réclament mutuellement leurs créations, prenant pour argument qu'elles sont issues d'un objet leur appartenant.
Susanoo se proclame vainqueur.
Et devient odieux dans la demeure de sa sœur. Il va jusqu'à jeter un cheval céleste dans la salle où Amaterasu et ses suivantes sont en train de fier; sous l'effet de la surprise, l'une d'elles se blesse à mort avec son fuseau.
C'en est trop. Outrée, Amaterasu décide de priver le monde de sa lumière et se retire au fin fond d'une grotte pour y bouder à son aise.
Panique à bord! Les autres divinités voudraient la faire sortir de là, mais pas moyen de l'en persuader. Il faut donc avoir recours à la ruse: on place un miroir devant l'entrée de la grotte; on chante, on danse, on rit aux éclats. Evéillée par ce tintamarre, Amaterasu s'enquiert de la raison d'une telle gaité alors que le monde est plongé dans les ténèbres. On lui dit qu'on fête l'arrivée d'une déesse encore plus belle.
Encore plus belle que moi Amaterasu? De quoi de quoi? Ce n'est pas possible! et elle sort pour voir un peu de quoi il retourne. Elle voit effectivement une splendeur, qui n'est autre qu'elle même, mais ça, elle ne le sait pas, et reste stupéfaite. Les autres profitent de cet instant pour boucher l'entrée de la grotte et coincer Amaterasu.
Acculée, elle promet de rester à condition que Susanô soit chassé des cieux.
En tout cas, vous comprenez maintenant pourquoi il y a toujours un miroir dans les sanctuaires shinto; c'est celui qui a réussi à faire sortir Amaterasu.
Il est intéressant de constater comme on a des points communs entre des cultures qui n'avaient eu absolument aucun contact. Je pense en particulier à la mythologie grecque. Dont le mythe d'Orphée... Et je pense aussi aux enfants de Jupiter nés de telle ou telle partie de son corps...
Les récits mythologiques ont toujours pour but soit d'expliquer soit de justifier, voire aussi d'imposer des règles.
Dans cette mythologie japonaise, on explique la création du pays et de toutes ses îles et îlots.
On veut justifier - et imposer - la suprématie masculine, l'inverse étant prétendument source d'échec.
Une fois de plus aussi on voit comment les éclipses de soleil avaient dû frapper les imaginations et les terroriser.
Izanagi pleure la perte de son épouse Izanami. Il entreprend un voyage au Yomi no Kuni, le Pays de la nuit et de la mort avec l'intention de l'en ramener.
Mais Izanami ne peut partir de ce pays des morts sans l'accord des divinités maitresses des lieux.
Izanagi est descendu dans les enfers. Il brûle d'impatience de revoir sa bien-aimée. Alors il enflamme une dent de son peigne afin d'avoir un peu de lumière. Il la voit toute décatie, décomposée et en plus pleine de l'intention de le retenir, lui, au Yomi no Kuni. Tout cela n'est pas du tout de son goût. Il a vite fait de la répudier et de prendre la fuite.
Evidemment, Izanami réagit.
Elle le maudit. Mais ce n'est pas suffisant. Elle décide donc de tuer chaque jour un millier d'individus parmi le peuple d'Izanagi. Réponse de ce dernier: il ordonnera à son peuple de de donner quotidiennement naissance à mille cinq cents enfants.
C'est l'instauration du cycle de la vie et de la mort.
Mais Izanagi ne peut pas revenir comme ça dans le monde des vivants, il faut qu'il se purifie. Il le fait dans l'île de Tsukushi, dans la rivière des orangers.
Ces ablutions vont contribuer à la suite de la création de l'univers et de ce qui le compose.
A cette occasion,
de son œil gauche nait Amaterasu, déesse du soleil;
de son œil droit, nait Tsukuyomi, dieu de la Lune; de son nez naît Susanoo, dieu de l'orage.
une représentation d'Amaterasu, image du web De là, un nouvel épisode très important pour l'histoire du Japon
Susanô est belliqueux, il est grossier, son père finit par l'expulser. Il va faire ses adieux à sa sœur Amaterasu, déesse du Soleil. Elle craint qu'il ne vienne avec des intentions plus belliqueuses qu'il ne veut bien l'avouer.
Elle lui demande alors de prouver la bonne foi de ses propos par un concours : le premier des deux qui engendre une divinité masculine gagne. Amaterasu brise l'épée de son frère en trois morceaux qu'elle mâche et transforme en trois élégantes déesses. Susanoo mâche les perles de fécondité des chaînes ornementales de sa sœur (le Magatama) et engendre cinq divinités masculines. Puis ils se réclament mutuellement leurs créations, prenant pour argument qu'elles sont issues d'un objet leur appartenant.
Susanoo se proclame vainqueur.
Et devient odieux dans la demeure de sa sœur. Il va jusqu'à jeter un cheval céleste dans la salle où Amaterasu et ses suivantes sont en train de fier; sous l'effet de la surprise, l'une d'elles se blesse à mort avec son fuseau.
C'en est trop. Outrée, Amaterasu décide de priver le monde de sa lumière et se retire au fin fond d'une grotte pour y bouder à son aise.
Panique à bord! Les autres divinités voudraient la faire sortir de là, mais pas moyen de l'en persuader. Il faut donc avoir recours à la ruse: on place un miroir devant l'entrée de la grotte; on chante, on danse, on rit aux éclats. Evéillée par ce tintamarre, Amaterasu s'enquiert de la raison d'une telle gaité alors que le monde est plongé dans les ténèbres. On lui dit qu'on fête l'arrivée d'une déesse encore plus belle.
Encore plus belle que moi Amaterasu? De quoi de quoi? Ce n'est pas possible! et elle sort pour voir un peu de quoi il retourne. Elle voit effectivement une splendeur, qui n'est autre qu'elle même, mais ça, elle ne le sait pas, et reste stupéfaite. Les autres profitent de cet instant pour boucher l'entrée de la grotte et coincer Amaterasu.
Acculée, elle promet de rester à condition que Susanô soit chassé des cieux.
En tout cas, vous comprenez maintenant pourquoi il y a toujours un miroir dans les sanctuaires shinto; c'est celui qui a réussi à faire sortir Amaterasu.
Il est intéressant de constater comme on a des points communs entre des cultures qui n'avaient eu absolument aucun contact. Je pense en particulier à la mythologie grecque. Dont le mythe d'Orphée... Et je pense aussi aux enfants de Jupiter nés de telle ou telle partie de son corps...
Les récits mythologiques ont toujours pour but soit d'expliquer soit de justifier, voire aussi d'imposer des règles.
Dans cette mythologie japonaise, on explique la création du pays et de toutes ses îles et îlots.
On veut justifier - et imposer - la suprématie masculine, l'inverse étant prétendument source d'échec.
Une fois de plus aussi on voit comment les éclipses de soleil avaient dû frapper les imaginations et les terroriser.
La suite: Susanô et le dragon
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