Le 20 octobre, un jour anniversaire (mon arrivée au Japon 1)
Bonjour, bonsoir…
Oui, le 20 octobre est pour moi un jour anniversaire: celui de mon arrivée au Japon. C'était en 1969 . Et si je dis "ça fait donc 37 ans", ça me laisse songeuse. Sans l'exprimer très explicitement de cette façon, aurais-je conscience d'autant de temps écoulé? Non.
En tout cas, pour coller à cette date, je vais aujourd'hui faire un bond en avant par rapport à ce que j'ai déjà raconté, quitte à faire plus tard des petits retours en arrière. Pour raconter par exemple par quel parcours du combattant passait un Japonais qui voulait exporter une petite française. Et aussi mai 68, etc. Aujourd'hui, je vais vous parler de mon arrivée au Japon. Je vais essayer de ne pas me laisser aller à être trop bavarde, mais je ne promets rien.
Nous nous sommes donc mariés en France fin juin 69. Il n'y avait personne de sa famille, mais justement un de ses amis photographes traînait dans cette partie du monde au bon moment, ce qui était plutôt sympa pour mon mari. Sa bourse d'études prenait fin. Il avait eu des ouvertures pour travailler en France, mais avait choisi de retourner au Japon pour s'y faire sa place dans l'enseignement supérieur et pour sa mère. Il y avait quatre autres frères, mais bon…
Mon mari, qui avait le billet payé pour le retour au pays, pouvait demander à le faire en bateau plutôt qu'en avion - à l'époque c'était encore possible - et c'était son choix. Il existait une ligne régulière des Messageries Maritimes de bateaux mixtes Marseille - Yokohama - Marseille. Les escales étaient: Dakar, Durban, Mombasa, Bombay (devenu Mumbai), Colombo, Singapour, Bangkok, Hong-Kong, kobe, Yokahama terminus. Vous avez compris, au vu de cet itinéraire, qu'à cette époque, le canal de Suez était fermé d'où le grand tour de l'Afrique.
C'est donc à Kobe que j'ai mis pour la première fois le pied sur le sol nippon. Tout m'intriguait, tout était nouveau pour moi. Et mon mari, lui, éait un peu perdu après 4 ans et demie de vie en France avec très peu de contacts japonais. D'ailleurs lors de l'escale à Kobe, les Japonais avaient tendance à vouloir lui parler en anglais, le prenant pour un touriste étranger! De quoi le troubler.
Il y aurait d'autres choses encore à raconter, mais je veux en arriver à l'essentiel du jour, et de ce jour: mon arrivée à Yokohama, mon arrivée à Tokyo, mon arrivée au sein de cette famille qui devait devenir ma famille aussi.
Je me sentais terriblement sous l'effet du trac. C'est un peu crispée que j'ai parachevé les préparatifs de débarquement. Et soigné ma présentation. Avec tel joli petit ensemble très parisien et les jolies chaussures toute neuves pour aller avec, achetées à Hong-Kong. Vous allez voir que ce détail des chaussures neuves a sa place dans le récit.
A la descente même du bateau, il y a quand même eu un premier contact, même si nous étions théoriquement séparés par une pseudo petite barrière. Ensuite, toute la famille présente longe le quai par l'extérieur et nous, nous devons passer par l'intérieur puisque nous aurons toutes sortes de formalités à accomplir pour nous et nos bagages.
La gare maritime de Yokohama venait d'être faite (elle a encore changé depuis…). Nous avions à longer un long couloir dont le côté gauche était entièrement vitré sur l'extérieur là où les personnes venues accueilir marchaient. Le sol était un lino hyper brillant.
Nous avancions, mais en devant souvent nous tourner vers les autres, à gauche. J'avais les jambes de coton, n'oubliez pas que nous sommes en 1969, je suis une petite française, d'âge adulte certes, mais qui débarque dans ce pays lointain où elle n'a encore jamais mis le pied, et elle débarque accompagnée d'un gars du pays qu'elle a épousé dans son lointain pays la France, et découvre une famille dont elle devra se faire apprécier et accepter de cœur autant que faire se peut. Il y a bien de quoi être troublée.
Nous avancions donc tout en faisant des petits signes embarrassés avec ceux qui étaient à l'extérieur et… et… tout soudain… patatrac; ce qui n'aurait pas dû arriver arriva! Rappelez-vous: les chaussures toute neuves, le lino hyper brillant = hyper glissant… Et oui, la Mimi qui voulait faire sa coquette à la parisienne de l'époque se retrouve par terre sur les genoux qui lui font mal sous l'effet du choc! Et ça, sous les yeux des autres dont les mimiques montraient l'embarras, l'inquiétude, la sollicitude et peut-être autre chose aussi; je suis sure que tel beau-frère avait un peu envie de rire. La honte!!! Ça commençait bien!
Bon. Toutes les formalités terminées, on prend les voitures pour aller "à la maison". On fait monter mon mari et moi dans la voiture de frère N°4 (ils étaient 5 garçons, mon mari le N°3). On démarre, on roule un peu dans la ville; il n'y a pas 5 minutes qu'on est partis que nous voilà avec un pneu crevé (pas supporté nos quelques bagages?). Cette fois c'est à mon beau-frère de se sentir en mauvaise posture. Le pire, c'est qu'il n'a pas trop l'air de savoir comment s'y prendre. Voyant que ça traîne sans avancer, je dis à mon mari: "Attends, je vais leur donner un coup de main". En efffet à l'époque, c'était le genre de chose que je savais faire. Réponse: "non, surtout pas!". Ce que je comprends beaucoup mieux maintenant qu'au moment même: j'aurais gravement blessé son amour-propre, je n'aurais pas tenu ma place pas seulement en tant que femme, mais en tant "qu'invitée venue de si loin"… Bref nous avons quand même pu finalement arriver sans autre problème à la maison…
Et là, tant de choses à raconter encore… ce sera pour demain…
Oui, le 20 octobre est pour moi un jour anniversaire: celui de mon arrivée au Japon. C'était en 1969 . Et si je dis "ça fait donc 37 ans", ça me laisse songeuse. Sans l'exprimer très explicitement de cette façon, aurais-je conscience d'autant de temps écoulé? Non.En tout cas, pour coller à cette date, je vais aujourd'hui faire un bond en avant par rapport à ce que j'ai déjà raconté, quitte à faire plus tard des petits retours en arrière. Pour raconter par exemple par quel parcours du combattant passait un Japonais qui voulait exporter une petite française. Et aussi mai 68, etc. Aujourd'hui, je vais vous parler de mon arrivée au Japon. Je vais essayer de ne pas me laisser aller à être trop bavarde, mais je ne promets rien.
Nous nous sommes donc mariés en France fin juin 69. Il n'y avait personne de sa famille, mais justement un de ses amis photographes traînait dans cette partie du monde au bon moment, ce qui était plutôt sympa pour mon mari. Sa bourse d'études prenait fin. Il avait eu des ouvertures pour travailler en France, mais avait choisi de retourner au Japon pour s'y faire sa place dans l'enseignement supérieur et pour sa mère. Il y avait quatre autres frères, mais bon…
Mon mari, qui avait le billet payé pour le retour au pays, pouvait demander à le faire en bateau plutôt qu'en avion - à l'époque c'était encore possible - et c'était son choix. Il existait une ligne régulière des Messageries Maritimes de bateaux mixtes Marseille - Yokohama - Marseille. Les escales étaient: Dakar, Durban, Mombasa, Bombay (devenu Mumbai), Colombo, Singapour, Bangkok, Hong-Kong, kobe, Yokahama terminus. Vous avez compris, au vu de cet itinéraire, qu'à cette époque, le canal de Suez était fermé d'où le grand tour de l'Afrique.
C'est donc à Kobe que j'ai mis pour la première fois le pied sur le sol nippon. Tout m'intriguait, tout était nouveau pour moi. Et mon mari, lui, éait un peu perdu après 4 ans et demie de vie en France avec très peu de contacts japonais. D'ailleurs lors de l'escale à Kobe, les Japonais avaient tendance à vouloir lui parler en anglais, le prenant pour un touriste étranger! De quoi le troubler.
Il y aurait d'autres choses encore à raconter, mais je veux en arriver à l'essentiel du jour, et de ce jour: mon arrivée à Yokohama, mon arrivée à Tokyo, mon arrivée au sein de cette famille qui devait devenir ma famille aussi.
Je me sentais terriblement sous l'effet du trac. C'est un peu crispée que j'ai parachevé les préparatifs de débarquement. Et soigné ma présentation. Avec tel joli petit ensemble très parisien et les jolies chaussures toute neuves pour aller avec, achetées à Hong-Kong. Vous allez voir que ce détail des chaussures neuves a sa place dans le récit.
A la descente même du bateau, il y a quand même eu un premier contact, même si nous étions théoriquement séparés par une pseudo petite barrière. Ensuite, toute la famille présente longe le quai par l'extérieur et nous, nous devons passer par l'intérieur puisque nous aurons toutes sortes de formalités à accomplir pour nous et nos bagages.
La gare maritime de Yokohama venait d'être faite (elle a encore changé depuis…). Nous avions à longer un long couloir dont le côté gauche était entièrement vitré sur l'extérieur là où les personnes venues accueilir marchaient. Le sol était un lino hyper brillant.
Nous avancions, mais en devant souvent nous tourner vers les autres, à gauche. J'avais les jambes de coton, n'oubliez pas que nous sommes en 1969, je suis une petite française, d'âge adulte certes, mais qui débarque dans ce pays lointain où elle n'a encore jamais mis le pied, et elle débarque accompagnée d'un gars du pays qu'elle a épousé dans son lointain pays la France, et découvre une famille dont elle devra se faire apprécier et accepter de cœur autant que faire se peut. Il y a bien de quoi être troublée.
Nous avancions donc tout en faisant des petits signes embarrassés avec ceux qui étaient à l'extérieur et… et… tout soudain… patatrac; ce qui n'aurait pas dû arriver arriva! Rappelez-vous: les chaussures toute neuves, le lino hyper brillant = hyper glissant… Et oui, la Mimi qui voulait faire sa coquette à la parisienne de l'époque se retrouve par terre sur les genoux qui lui font mal sous l'effet du choc! Et ça, sous les yeux des autres dont les mimiques montraient l'embarras, l'inquiétude, la sollicitude et peut-être autre chose aussi; je suis sure que tel beau-frère avait un peu envie de rire. La honte!!! Ça commençait bien!
Bon. Toutes les formalités terminées, on prend les voitures pour aller "à la maison". On fait monter mon mari et moi dans la voiture de frère N°4 (ils étaient 5 garçons, mon mari le N°3). On démarre, on roule un peu dans la ville; il n'y a pas 5 minutes qu'on est partis que nous voilà avec un pneu crevé (pas supporté nos quelques bagages?). Cette fois c'est à mon beau-frère de se sentir en mauvaise posture. Le pire, c'est qu'il n'a pas trop l'air de savoir comment s'y prendre. Voyant que ça traîne sans avancer, je dis à mon mari: "Attends, je vais leur donner un coup de main". En efffet à l'époque, c'était le genre de chose que je savais faire. Réponse: "non, surtout pas!". Ce que je comprends beaucoup mieux maintenant qu'au moment même: j'aurais gravement blessé son amour-propre, je n'aurais pas tenu ma place pas seulement en tant que femme, mais en tant "qu'invitée venue de si loin"… Bref nous avons quand même pu finalement arriver sans autre problème à la maison…
Et là, tant de choses à raconter encore… ce sera pour demain…
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