Kita-Kamakura: le Tokeiji
北鎌倉 東慶寺
Au Tokeiji, des images s'imposent à moi, sans croyance bouddhique particulière…

On monte le chemin de la vie, dont on voudrait qu'il nous mène toujours plus haut…

Il serpente quelque peu aussi…

Il est là…

Il nous attend dans la paix et la sérénité, il semble veiller sur nous…

et c'est enfin le face à face, avec son geste de mains d'accueil et d'apaisement…
un geste qui semble aussi arrêter… arrêter toutes les mauvaises choses qui doivent rester hors du sanctuaire, qui ne doivent plus être dans notre cœur…
Le Tokeiji a une histoire intéressante, à la lumière de laquelle la façon dont est disposé ce bouddha, le geste de main choisi, l'impression que donne l'ensemble, tout celà se trouve parfaitement justifié.
Il aurait été tout d'abord fondé en tant que monastère pour femmes par Mino no Tsubone, une femme dévouée à Yoritomo, le fondateur de Kamakura.
Il a été réétabli en 1285 par une nonne veuve de Hojo Tokimune, 6e régent du Shogunat de Kamakura (1192 - 1333)
Un privilège fut accordé par le Shogunat à ce monastère féminin.
En ces temps anciens, il n'y avait pas le divorce. Mais il pouvait y avoir des femmes malheureuses, qu'elles soient maltraitées, ou tout simplement qu'elles n'admettent pas la présence de concubines en leur demeure. Et ces femmes pouvaient trouver refuge dans ce temple. Une fois qu'elles avaient pu y parvenir, y entrer, personne ne pouvait venir les reprendre par la force, personne ne pouvait les obliger à sortir et revenir dans leur foyer. De plus, elles pouvaient obtenir une séparation officielle, le divorce donc, au bout de 3 années lunaires passées en ces lieux. C'est ainsi que ce monastère fut surnommé: le Temple du Divorce.
Ce privilège a pu être conservé lorsque le Shogunat changea de mains: c'est ce qu ela mère supérieure de l'époque obtint de Tokugawa Ieyasu, fondateur du nouveau shogunat. Cette tradition a donc ainsi pu vivre jusqu'en 1867, donc jusqu'à la fin de la période Edo (1603, 1867). Face aux portes du temple, il y avait 3 auberges ouraccueilir ces nombreuses femmes. Ensuite, on voyait ausssi les hommes convoqués par la cours locale pour qu'ils signent le divorce.
En 1873, le Japon introduisait le divorce dans ses lois.
En 1902, le Tokeiji cessa d'être un monastère pour femmes pour devenir une branche du Enkakuji qui se trouve presque en face, de l'autre côté de l'actuelle voie ferrée et qui est de la secte zen Rinzai..

J'espère vous avoir donné l'envie d'y aller et, pourquoi pas, de regarder d'autres articles…
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