Ceylan en été 68
Oui, finalement, aujourd'hui, je suis encore dans cette île. De toute façon, les îles, ça me connait, oserais-je dire.
Deux raisons à cela: j'avais promis à notre chère Tiflo de bien raconter mes expériences à Ceylan, elle pourra comparer avec une époque plus récente; d'autre part ce sont pour moi des souvenirs très riches, j'aimerais les partager avec vous et savoir ce que vous en pensez.
Je rappelle le contexte: c'est en 1968; je suis stationnée à Sri Lanka qui s'appelait encore Ceylan, et je m'occupe de touristes français qui viennent là pour une semaine, ou deux s'ils ont pris l'extension séjour. Ils passaient cette extension à l'hôtel Mount Lavinia, à quelques kilomètres au sud de Colombo.

Et voilà, pour la petite histoire, la salle à manger où je me suis étranglée à cause du piment trop fort.

Mais nous arrivions de nuit, assez tard le soir. Alors ma première impression a été au petit matin la découverte des corbeaux d'Asie; les vraies super gros pépères qui nous font peur quelque fois et qui ont un cri si désagréable. Heureusement qu'après, j'ai découvert ça aussi:

Puis la luxuriance de la végétation. Les bougainvilliers et les flamboyants plus encore m'avaient particulièrement marquée. J'ai vu des flamboyants ailleurs aussi, comme à Hawaii, mais j'ai toujours eu l'impression que ceux que j'avais découverts à Ceylan, à Kandy, étaient les plus beaux. Peut-être est-ce très subjectif, sous l'effet de la découverte.
Tout au long de l'île aussi le littoral m'avait beaucoup plu. J'avais été impressionnée par ces pêcheurs perchés sur un pieux dans une vaste anse. On voyait aussi des hommmes en train de faire de cordes de chanvre. Les femmes passaient le long de la route, avec leur belle démarche drapées dans leur sari à la ceylanaise, les enfants étaient très souriants. L'ensemble donnait une impression très apaisante.
Ce que j'avais apprécié aussi, c'était que bien que l'île soit assez petite, elle était d'une grande variété avec des zones très sèches, d'autres très humides, le littoral qui parait assez plat, les hautes montagnes au milieu, une vie agreste assez simple mais une grande richesse historique... Et la gentillesse des gens... Et la faune...

Au centre nord de l'île, un soir après diner, on m'a emmenée pour une promenade nocturne avec l'espoir que l'autre personne (une amie qui escortait un groupe venant du Japon; je suis toujours en contact avec elle et elle s'occupe beaucoup de ma mère) et moi puissions voir des éléphants en liberté. Mais apparemment, il y avait aussi le risque de faire d'autres rencontres un peu plus hasardeuses et les personnes qui nous emmenaient avaient pris, en plus des grosses torches pour éclairer le chemin à certains endroits, un ... fusil... voilà qui était bien fait pour impressionner les deux jeunes femmes que nous étions.

A un rest house (celui de Dambulla? où l'un des autres sites de cette région), il n'y avait pas de porte à la chambre, seulement un rideau - non transparent quand même ! - ainsi il y avait de l'aération puisque ça donnait sur une véranda qui courait tout au long de l'étage. Mes compagnons de chambée étaient... des geckos qui se promenaient le long des murs, l'air d'être tout nus avec leur peau rose; et la nuit a été bercée par des sortes d'aboiements bizarres, de choses que j'entendais comme des feulements... il y avait bien ce genre de bruits, mais je crois que mon imagination et le souvenir de la randonnée nocturne en rajoutaient un peu quant à la source de ces nuisances sonores hi hi hi .
Une fois, j'étais très occupée à photographier un varan qui se trouvait là, près d'un étang; c'était à proximité du bouddha couché. J'étais si bien absorbée à regarder la bestiole dans le viseur du petit appareil photo (japonais, offfert à ma mère en mai par celui qui devait devenir Beau-frère N°2), et dans ces viseurs les choses paraissent plus loin qu'elles ne le sont,si bien absorbée donc que soudain j'entends les autres personnes s'écrier "Attention Marie-France!!!": il n'y avait plus beaucoup de distance entre la bebête et moi!

Un autre moment très fort: mes quelques jours à Trincomalee. Quelques jours de disponibilité entre deux groupes; 3 ou 4 jeunes de ma tranche d'âge que je peux aller rejoindre, j'en ai profité, sans savoir tout ce qui m'attendait!
D'abord dans le taxi qui m'ammène de l'aéroport à l'hôtel, on passe le long d'une belle plage. Mais ce jour-là, il y a une bizarrerie: quantité de méduses échouées là deux ou trois jours plus tôt en train de pourrir au soleil... Il parait que c'est comme ça tous les ans ou presque.
Pendant qu'on était sur la plage, un beau petit bateau blanc de garde-côtée était venu et s'était ancré dans la baie: nous avons nagé jusque là, on nous a fait monter à bord, montré le radar, expliqué comment ça marchait etc. Très sympa.
Les garçons venus là eux ou trois jours avant moi avaient fait la connaisance de l'administrateur du port. Un Australien haut en couleur, qui avait fait plusieurs guerres en tant que "mercenaire" et avait récolté un certain nombre de blessures. Désormais il vivait en paix avec sa femme se ses cinq enfants. Ils avaient adopté un certain nombre d'habitudes locales. Nous avons diné chez eux pour la dernière soirée à Trincomalee. Uns soirée très sympathique, très animée. A un moment, ce monsieur nous a dit que nous allions avoir une surprise dans la nuit, apparemment, ce serait ce soirlà que tel désagrément aurait lieu.
Quel désagrément?
Une invasion de cafards.
Mais une vraie invasion! A penser un peu comme les sauterelles en Afrique.
Le lit était pourvu d'une moustiquaire installée un peu comme un baldaquin. J'ai fait très attention de bien la fermer et tout. Même pas 10 minutes après, je sens une sensation bizarre dans le dos: une ou deux de ces choses s'étaient glissées dans mon pyjama! Il y avait un ou deux trous dans la dite moustiquaire. Horreur!
Ces cafards volaient puis soudain s'abattaient au sol où ils gigotaient un peu les pattes en l'air, pour finalement crever.
Evidemment, je m'étais très rapidement levée, installée à la table d'écriture pour faire du courrier, mais j'étais trop dérangée. Finalement, le moins mal, c'était sur le balcon. Quand ça s'est enfin calmé, je me suis un peu recouchée, mais pas mécontente de me lever quand c'était l'heure le matin. J'ai voulu prendre une douche. Il y avait un tapis de bain dans la baignoire. Quand j'ai mis le pied dessus, ça a craquouillé tant et plus: plein de cafards en dessous! la poignée de la porte de la chambre, qu'il fallait bien tourner pour sortir: une grosse grappe de cafards... L'escalier monumental qu'il fallait descendre: difficile d'arriver à le faire sans mettre le pied sur... les cafards... c'est bizarre, mais aucun de nous n'avait très faim ce matin là. Et nous avons décidé d'aller à la plage prendre un bain de mer pour nous "nettoyer" avant d'aller à l'aéroport pour le retour à Colombo.
Autre folklore. L'avion avait un retard qui s'allongeait, s'allongeait... onavait du mal à avoir des informations... la distractions: regarder la voiture de pompier dont la fonction était, toutes les 10 ou 15 minutes, de faire un tour pour chasser les buffles qui s'installaient là pour très paisiblement brouter.
Ce soir-là, j'ai grandement apprécié de pouvoir me doucher et dormir dans de bonnes conditions!
A Colombo, j'avais aussi fait la connaissance d'un avocat qui me parlait de façon intéressante de son point de vue sur la façon dont se préparait l'indépendance, la sortie du dominion: par exemple: on leur laisserait les aménagements, mais on ne leur donnait pas le savoir faire, déplorait-il.
Un des amis ceylanais était venu à Paris l'hiver suivant. Ses impressions: la rue pleine de voitures qui ne roulent pas, plein de pharmacies et de cafés partout. Un raccourci fort bien vu!

Deux raisons à cela: j'avais promis à notre chère Tiflo de bien raconter mes expériences à Ceylan, elle pourra comparer avec une époque plus récente; d'autre part ce sont pour moi des souvenirs très riches, j'aimerais les partager avec vous et savoir ce que vous en pensez.
Je rappelle le contexte: c'est en 1968; je suis stationnée à Sri Lanka qui s'appelait encore Ceylan, et je m'occupe de touristes français qui viennent là pour une semaine, ou deux s'ils ont pris l'extension séjour. Ils passaient cette extension à l'hôtel Mount Lavinia, à quelques kilomètres au sud de Colombo.
Et voilà, pour la petite histoire, la salle à manger où je me suis étranglée à cause du piment trop fort.

Mais nous arrivions de nuit, assez tard le soir. Alors ma première impression a été au petit matin la découverte des corbeaux d'Asie; les vraies super gros pépères qui nous font peur quelque fois et qui ont un cri si désagréable. Heureusement qu'après, j'ai découvert ça aussi:

Puis la luxuriance de la végétation. Les bougainvilliers et les flamboyants plus encore m'avaient particulièrement marquée. J'ai vu des flamboyants ailleurs aussi, comme à Hawaii, mais j'ai toujours eu l'impression que ceux que j'avais découverts à Ceylan, à Kandy, étaient les plus beaux. Peut-être est-ce très subjectif, sous l'effet de la découverte.Tout au long de l'île aussi le littoral m'avait beaucoup plu. J'avais été impressionnée par ces pêcheurs perchés sur un pieux dans une vaste anse. On voyait aussi des hommmes en train de faire de cordes de chanvre. Les femmes passaient le long de la route, avec leur belle démarche drapées dans leur sari à la ceylanaise, les enfants étaient très souriants. L'ensemble donnait une impression très apaisante.
Ce que j'avais apprécié aussi, c'était que bien que l'île soit assez petite, elle était d'une grande variété avec des zones très sèches, d'autres très humides, le littoral qui parait assez plat, les hautes montagnes au milieu, une vie agreste assez simple mais une grande richesse historique... Et la gentillesse des gens... Et la faune...

Au centre nord de l'île, un soir après diner, on m'a emmenée pour une promenade nocturne avec l'espoir que l'autre personne (une amie qui escortait un groupe venant du Japon; je suis toujours en contact avec elle et elle s'occupe beaucoup de ma mère) et moi puissions voir des éléphants en liberté. Mais apparemment, il y avait aussi le risque de faire d'autres rencontres un peu plus hasardeuses et les personnes qui nous emmenaient avaient pris, en plus des grosses torches pour éclairer le chemin à certains endroits, un ... fusil... voilà qui était bien fait pour impressionner les deux jeunes femmes que nous étions.

A un rest house (celui de Dambulla? où l'un des autres sites de cette région), il n'y avait pas de porte à la chambre, seulement un rideau - non transparent quand même ! - ainsi il y avait de l'aération puisque ça donnait sur une véranda qui courait tout au long de l'étage. Mes compagnons de chambée étaient... des geckos qui se promenaient le long des murs, l'air d'être tout nus avec leur peau rose; et la nuit a été bercée par des sortes d'aboiements bizarres, de choses que j'entendais comme des feulements... il y avait bien ce genre de bruits, mais je crois que mon imagination et le souvenir de la randonnée nocturne en rajoutaient un peu quant à la source de ces nuisances sonores hi hi hi .
Une fois, j'étais très occupée à photographier un varan qui se trouvait là, près d'un étang; c'était à proximité du bouddha couché. J'étais si bien absorbée à regarder la bestiole dans le viseur du petit appareil photo (japonais, offfert à ma mère en mai par celui qui devait devenir Beau-frère N°2), et dans ces viseurs les choses paraissent plus loin qu'elles ne le sont,si bien absorbée donc que soudain j'entends les autres personnes s'écrier "Attention Marie-France!!!": il n'y avait plus beaucoup de distance entre la bebête et moi!

Un autre moment très fort: mes quelques jours à Trincomalee. Quelques jours de disponibilité entre deux groupes; 3 ou 4 jeunes de ma tranche d'âge que je peux aller rejoindre, j'en ai profité, sans savoir tout ce qui m'attendait!
D'abord dans le taxi qui m'ammène de l'aéroport à l'hôtel, on passe le long d'une belle plage. Mais ce jour-là, il y a une bizarrerie: quantité de méduses échouées là deux ou trois jours plus tôt en train de pourrir au soleil... Il parait que c'est comme ça tous les ans ou presque.
Pendant qu'on était sur la plage, un beau petit bateau blanc de garde-côtée était venu et s'était ancré dans la baie: nous avons nagé jusque là, on nous a fait monter à bord, montré le radar, expliqué comment ça marchait etc. Très sympa.
Les garçons venus là eux ou trois jours avant moi avaient fait la connaisance de l'administrateur du port. Un Australien haut en couleur, qui avait fait plusieurs guerres en tant que "mercenaire" et avait récolté un certain nombre de blessures. Désormais il vivait en paix avec sa femme se ses cinq enfants. Ils avaient adopté un certain nombre d'habitudes locales. Nous avons diné chez eux pour la dernière soirée à Trincomalee. Uns soirée très sympathique, très animée. A un moment, ce monsieur nous a dit que nous allions avoir une surprise dans la nuit, apparemment, ce serait ce soirlà que tel désagrément aurait lieu.
Quel désagrément?
Une invasion de cafards.
Mais une vraie invasion! A penser un peu comme les sauterelles en Afrique.
Le lit était pourvu d'une moustiquaire installée un peu comme un baldaquin. J'ai fait très attention de bien la fermer et tout. Même pas 10 minutes après, je sens une sensation bizarre dans le dos: une ou deux de ces choses s'étaient glissées dans mon pyjama! Il y avait un ou deux trous dans la dite moustiquaire. Horreur!
Ces cafards volaient puis soudain s'abattaient au sol où ils gigotaient un peu les pattes en l'air, pour finalement crever.
Evidemment, je m'étais très rapidement levée, installée à la table d'écriture pour faire du courrier, mais j'étais trop dérangée. Finalement, le moins mal, c'était sur le balcon. Quand ça s'est enfin calmé, je me suis un peu recouchée, mais pas mécontente de me lever quand c'était l'heure le matin. J'ai voulu prendre une douche. Il y avait un tapis de bain dans la baignoire. Quand j'ai mis le pied dessus, ça a craquouillé tant et plus: plein de cafards en dessous! la poignée de la porte de la chambre, qu'il fallait bien tourner pour sortir: une grosse grappe de cafards... L'escalier monumental qu'il fallait descendre: difficile d'arriver à le faire sans mettre le pied sur... les cafards... c'est bizarre, mais aucun de nous n'avait très faim ce matin là. Et nous avons décidé d'aller à la plage prendre un bain de mer pour nous "nettoyer" avant d'aller à l'aéroport pour le retour à Colombo.
Autre folklore. L'avion avait un retard qui s'allongeait, s'allongeait... onavait du mal à avoir des informations... la distractions: regarder la voiture de pompier dont la fonction était, toutes les 10 ou 15 minutes, de faire un tour pour chasser les buffles qui s'installaient là pour très paisiblement brouter.
Ce soir-là, j'ai grandement apprécié de pouvoir me doucher et dormir dans de bonnes conditions!
A Colombo, j'avais aussi fait la connaissance d'un avocat qui me parlait de façon intéressante de son point de vue sur la façon dont se préparait l'indépendance, la sortie du dominion: par exemple: on leur laisserait les aménagements, mais on ne leur donnait pas le savoir faire, déplorait-il.
Un des amis ceylanais était venu à Paris l'hiver suivant. Ses impressions: la rue pleine de voitures qui ne roulent pas, plein de pharmacies et de cafés partout. Un raccourci fort bien vu!
Merci à ceux qui auront lu jusqu'au bout! :lol:

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