le 7 juillet, c'est Tanabata
Avec un petit temps de retard, j'explique la décoration de l'en-tête et du message de bienvenue ces derniers temps.
Il s'agit de la décoration traditionnelle pour une occasion qui s'appelle "Tanabata". Ce sont des branches de bambou, un arbre que j'aime beaucoup, auxquelles on accroche des papiers porteurs de vœux, en particulier concernant la vie affective, l'espoir d'avoir un amoureux, des choses de ce genre.Cette date et la nature des vœux sont liés à une légende d'origine chinoise, celle de la Fileuse et du Bouvier.
Je reproduis ici (ça vous évite un clic, je suis plus sure que vous le lirez :lol:) ce que j'avais publié il y a un an à cette occasion.
Selon une légende originaire de Chine et qui a poursuivi sa carrière au Japon, la fille du maître du Ciel filait d’un côté de la Voie lactée. C’est l’étoile la Fileuse (Véga de la Lyre). Son père lui choisit pour fiancé le Bouvier, autre étoile – Altaïr de l’Aigle – de l’autre côté de la Voie Lactée..
Les amants passaient tant de temps l’un avec de l’autre qu’ils négligèrent leur travail. Le père les condamna à vivre séparés et à ne se voir que le 7e nuit du 7e mois, où ils se réunissent enfin – si du moins le temps est clair et le permet. Ce jour-là on fête au Japon depuis l’an 691 la réunion du couple. Il est d’usage que les jeunes filles qui prennent part à la fête fassent des vœux pour trouver un mari aussi fidèle que le bouvier.
La façon dont je suis la saison, les circonstances du calendrier pour certains aspects de mon blog reflète bien l'attitude japonaise: le soir même du jour dit, on énlève les décorations spécifiques. Cependant je ne vais pas enlever celle-ci dès aujourd'hui, sinon ce message n'aurait plus aucun sens.
Et puis... que choisir????? Avec un certain site japonais que j'affectionne, j'ai l'embarrras du choix... limité aussi par mes exigences. :lol:
Ce qui suit est, dans sa traduction française, le poème qui évoque cette légende, dans le Manyôshû, la première compilation de poèmes réalisée à la période de Nara (710 - 784). Elle a été réunie par Ôtomo no Yakamochi vers 759 ou 760; elle comprend 4 516 poèmes.
Le Bouvier
Et la Fileuse
Se font face sur la rivière
Lisse comme une fine natte
Depuis le temps où sont séparés
Le ciel et la terre.
Leur amour
Ne connaît pas de repos
Leurs lamentations
Ne leur laissent pas de répit,
Par les flots bleus
Leurs désirs sont réduits à néant,
Dans les nuages blancs
Leurs larmes sont taries.
En cette situation
Ils ne peuvent que soupirer.
En dépit de tout
Ils s’aiment l’un l’autre.
Que n’a-t-il une petite barque
Peinte en rouge,
Que n’a t-il des avirons
Garnis de gemmes
Pour traverser
Quand vient le matin,
Pour ramer vers elle
Avec la marée du soir ?
Au bord de la Voie lactée
Eternelle
Elle étendrait son écharpe
Qui vole à travers le ciel.
Les beaux bras
Aux beaux bras se mêleraient,
Que de nombreuses nuits
Ils voudraient dormir ensemble
Même quand ce n’est pas l’automne.
Man.VIII ; 1520
Nous avons là un bel exemple d'une attitude humaine universelle: créer une légende pour donner une explication à un phénomène de la nature qui intrigue, donc bien souvent inquiète. C'est ainsi que nous avons tant de belles histoires poètiques, parfois tragiques aussi comme si souvent dans la mythologie grecque…
edit le lundi 9/07: j'ai changé la déco de l'accueil et en-tête puisqu'elle n'est plus d'actualité, mais celle decet article le rend très bien.
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