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Mercredi 19 avril 2006

tourbillon de pétales dans une rivière qui va les porter jusqu'au port; Matsuzaki, presqu'île d'Izu


Rikyu, le fondateur de la cérémonie du thé de l'école Chanoyu, reçut un jour, en présent, de très belles fleurs: des tsubakides, de la part du chef du temple voisin de Daitoku-ji, à Kyôtô.

Un jeune moine les lui apporta. Juste devant la salle de thé, il fit tomber les belles fleurs sur le sol. Tous les pétales s'en détachèrent d'un coup, il ne restait que les tiges. Le jeune moine, confus, s'excusa auprès de Rikyu qui répondit:
<>

Devant la niche, le tokonoma, Rikyu posa simplement un vase à ikebana vide. Puis il enfonça les tiges des fleurs et, par terre, sur le tatami, tout autour du vase, il dispersa harmonieusement les pétales.

C'était très beau, naturel, simple. Rikyu dit alors au petit moine:
<
Shiki soku ze shiki: le phénomène est le phénomène.
En tombant, elles sont devenues Ku, il n'y avait plus de fleurs:
Shiki soku ze ku, le phénomène est Ku, Rien.
Selon le sens commun, elles auraient pu rester telles quelles:
Ku soku ze Ku, Ku est Ku, le Rien est Rien.
Mais maintenant elles embellissent la pièce:
Ku soku ze shiki, Ku - Rien est le phénomène.>>

Avec rien, cette pièce est devenue très belle, beaucoup plus belle qu'n employant plein d'éléments de décoration. Juste quelques pétales déposés sur le tatami autour d'un vase sans fleurs dans le tokonoma.
Cette histoire reflète l'esprit de la cérémonie du thé.

Le Bol et le Bâton,
120 contes zen, racontés par Maître Taisen Deshimaru
Albin Michel, spiritualités vivantes


L'esprit de la cérémonie du thé, oui, mais tout particulièrement, dans ce cadre, celui du chabana, arrangement floral pour le chanoyu (cérémonie du thé), toujours d'une grande simplicité, juste un ou deux éléments…

La relecture, hier, de cette anecdote m'a fait penser aux photos de fleurs tombées que je vous ai présentées dans cette précédente page.

Et les photos d'aujourd'hui montrent aussi que la nature se charge souvent de cette forme d'esthétique en quelque sorte inattendue.


Les pétales sont restés accrochés à une toile d'araignée.



 

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Jeudi 11 mai 2006


Une très célèbre histoire de maître Josshu:

<vous plaît, enseignez-moi la véritable histoire du bouddhisme.>>
Josshu lui répondit:
<
- Bien sûr, Maître, j'ai terminé.
- Alors, va laver tes bols!>>

Toute son éducation était ainsi.

Personnellement, je suis la voie du milieu: très sévère et très gentil; pour les disciples forts, mon enseignement est très fort; pour les disciples faibles, je suis très doux.


in: Le Bol et le Bâton, 120 contes zen
racontés par Maître Taisen Deshimaru
Spiritualités vivantes, Albin Michel.
 
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Mercredi 30 août 2006
Bonjour.



Comme le mot "zen" revient souvent, je pense justifié de donner, en résumant et simplifiant (beaucoup, peut-être) un peu d'explications.

ORIGINE DU ZEN ET INTRODUCTION AU JAPON.

On attribue la fondation du principe zen au 28e patriarche indien Bodhidharma en l'an 513. En 520, il est allé en Chine où il a répandu sa doctrine. Légende ou réalité (mais plus probablement légende), il aurait été le fondateur du temple de Shaolin, ce qui ferait de lui le créateur des arts martiaux.

C'est un siècle plus tard que par l'intermédaire de la Corée, le zen a atteint le Japon qui n'était pas prêt encore à le recevoir.

Il faut attendre l'an 1192 avec la venue au Japon du moine Eisai (栄西) pour que le zen s'implante réellement dans ce pays. Le pays, sa société ont évolué. Les principes directeurs sont faits pour plaire aux guerriers, puisqu'on inculque l'indifférence à la mort et aux nombreux dangers de la vie.

Il est donc devenu le point d'appui du bushido, le code de conduite des chevaliers à la mode japonaise.

Dans un prochain article, onexpliquera un peu ce que sont les koans, ainsi que les écoles Sotô et Rinzai.



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Jeudi 31 août 2006


Nous avons vu hier, dans les grandes lignes, d'où venait le zen et quand il a été introduit au Japon; les Indes ---> la Chine ---> souvent l'intermédiaire de la Corée ---> le Japon.

C'est donc au XIIIe siècle qu'il s'est véritablement implanté dans ce pays.



2 écoles ont vite dominé.

L'école Rinzai que l'on doit à Eisai 栄西 (1.141 - 1.215) s'est imposée en premier, ne serait-ce que politiquement. Le bouddhisme, qu'il soit zen ou non, était d'abord l'apanage de la classe dirigeante. Elle a vite vu là un moyen d'assurer une emprise, une surveillance sur les fiefs d'ici et là avec une hiérarchie d'église très forte et structurée. Finalement, c'est assez semblable à ce qu'ont fait les monarques européens avec le culte catholique. Il y avait donc les Cinq Montagnes c'est-à-dire les cinq grands temples maîtres (ils deviendront vite 10: 5 à Kyoto et 5 à Kamakura) avec tous les autres temples sous leur dépendance.

Dogen 道元 (1200 - 1253), lui, a développé l'école Sôtô qui met l'accent sur la pratique zazen 座禅; za 座 = assis; zen 禅 = méditation.

L'école Rinzai pratique tout particulièrement le koan à but pédagogique. C'est est une courte phrase ou brève anecdote absurde ou paradoxale utilisé dans certaines écoles du bouddhisme chan ou zen. Le kōan est utilisé comme un objet de méditation ou pour déclencher l’éveil ou encore pour discerner l’éveil de l’égarement.

Quand on lit des contes zen,
qui sont généralement des koans, on trouve souvent des paraboles comme dans les Evangiles; là, pas de problème. Mais plus souvent encore, on est dérouté, on a l'impression d'être devant quelque chose d'incompréhensible et d'insoluble. Bien souvent, le disciple pose une question au maître qui ne répond pas, ou répond un peu n'importe quoi à nos yeux. En fait, on est toujours ramené au principe qu'il faut comprendre et découvrir par soi-même pour que ce soit quelque chose de profondément intégré en soi par la suite. Toute une ascèse souvent peu évidente pour nous.

UN CONTE ZEN gentil, qui n'est pas vraiment un koan: LA NATURE DE BOUDDHA.

Un disciple du nom de Esshin amenait toujours sa vache avec lui lorsqu'il allait écouter les enseignements de son maître.

Un soir, comme ils rentraient après une lecture sur l'Hoke Kyo (sutra du lotus), la vache, avec son pied, écrivit sur le sable du chemin ce tanka:

Ce soir j'ai entendu
que même les herbes, même les bois,
pouvaient avoir l'esprit du bouddha.
Je suis très heureuse
car j'ai un esprit.

Quelle est la sigification de ces lignes?
La vache pensait que les plantes, les arbres n'avaient pas d'esprit. Or, elle comprit ce soir-là qu'elle n'était qu'un animal, mais qu'elle avait un esprit. <
>>

Les arbres, les pierres, les bois, tous les éléments du cosmos entier possèdent la nature du bouddha.

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Petites infos:






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Dernière minute: toutes mes pensées pour les trop nombreuses victimes du tremblement de terre en Chine

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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---
> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
(Il faut sans doute chercher en japonais, mais j'igore le titre japonais de cette œuvre...)

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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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