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Quel temps fait-il à Tokyô?

 
Samedi 17 février 2007
Ce soir, à la télé, sur la chaîne nationale NHK, il y a eu un très bon reportage sur Carcassonne.

J'y suis passée une fois, ce devait être en 68... Je savais que c'était un site intéressant, j'avais oublié que c'était si beau, même en tenant compte que les prises de vue était bonne etc.

Un des plans: les vignes en premier plan et la citadelle... une belle lumière rasante... on se serait cru devant une miniature du Moyen-Age... La porte de Narbonne? Ah, oui, celle dont on parlait dans le roman que je suis en train de lire (Labyrinth, Kate Moss, publié en 2005, gros paperback anglais de 697 pages qui va être encore trop vite lu...), et les deux portes l'une après l'autre pour qu'elle descendent jusqu'au fleuve... Heu... non, nous ne sommes pas début du XIIe siècle, je ne suis pas en France à Carcassonne dans la cité médiévale, mais chez moi dans le centre de ToKyo entourée de murs et d'immeubles et je vois ces belles choses de mon pays à la télé...

Une intense émotion... qui est encore là, deux heures plus tard...
Ah! cafard, nostalgie, quand tu nous tiens... ça ne m'est vraiment pas arrivé souvent en 37 ans...

Allez, on va dire que 1) je ne dors peut-être pas assez alors je suis moins résistante 2) je finis par être contaminée par la sensiblerie japonaise :lol:

En tout cas, c'était l'occasion de ramener à ma conscience une caractéristique du Japon: l'éphémérité de toute chose.

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Des constructions vraiment très anciennes comme nous en avons tant en Europe? Non, il n'y en a pas.

Des constructions en bois. Facilement détruites. Par les innombrables luttes féodales; par le feu; par les tremblements de terre; par les volcans...

Les sanctuaires, refaits tous les 20 ans comme celui de Ise...

Et maintenant le pays entier est un chantier permanent. Une belle maison ancienne qui subsiste? Ne surtout pas oublier de se dépêcher de la photographier: qui sait si elle sera encore là demain? (je n'exagère pas). Tiens, cet immeuble, en travaux? de la rénovation déjà, ça fait quoi, une dizaine d'années qu'il est construit, Ah! ba non, carrément détruit pour en faire un autre. Un de plus dans ce cas...
Et surtout pas trop de plan d'urbanisme. En tout cas pas de la façon bien ordonnée dont nous l'entendons en Europe. 

Mais là, revenons plus précisément à l'éphémère devenu principe esthétique

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Considérons par exemple tanka et aïku: essayer de saisir avec des mots un instant, une émotion fugitive, une lumière, un oiseau, un frémissement de la nature que l'on aura tout juste entraperçu. Mais c'était si ténu, que les mots eux-mêmes doivent garder la même légèreté, juste suggérer, rien de plus, les instants de vie sont tout légers, tout fins, ne les apesantissons pas de nos mots et phrases bien lourdauds...

Et c'est finalement le même genre d'esthétique pour les peintures à l'encre de Chine (sumi-e)

Voyez aussi l'engouement pour les sakuras (fleurs de cerisiers) si éphémères ainsi que pour les feuillages d'automne...

L'ikebana en est l'apothéose. Nous essayons de faire ce que nous voulons avec nos matières premières, mais elles gardent leurs caractéristiques de plantes qui évoluent même une fois coupées et qui bougent et qui se fânent. Qand on expose, on doit y aller tous les jours pour vérifier l'état de sa composition: pas de feuille trop flétrie? pas de pétale tombé qu'il faudra enlever? pas de fleur ou de branche qui a perdu l'équilibre pour une raison ou l'autre? et puis sans doute besoin de remettre un peu d'eau dans le vase? Et puis certaines matières sont plus pernicieuses que d'autres et absolument à éviter pour une exposition. Parce que à peine disposées harmonieusement les unes par rapport aux autres, elles se mettent à se tortiller dans tous les sens, comme les tulipes, les na no hana (fleur de colza) et quelques autres. Là, on est caricaturalement dans l'esthétique de l'éphémère!

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J'ai toujours pensé que cet aspect de la pensée et du mode de vie japonais était lié aux conditions du pays lui-même, où la nature est si peu clémente. Voyez pour les constructions: peu de pierre avec le sol volcanique par contre beaucoup de bois. Vite détruit mais vite reconstruit, et le tout à l'avenant, nous pesons peu dans ce monde, pourquoi vouloir se persuader du contraire? Glissons-nous dans cette légèreté...

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Mais j'ai l'impression que les temps modernes ont quelque peu changé les mentalités...

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Arrangements floraux et photos sont bien de moi. Mais j'utilise là mon nom d'ikebana que j'ai reçu en même temps que le diplôme de maître de l'école Koryû (la voie ancienne), la plus ancienne. Le prénom doit comporter une syllabe, la même pour tous les disciples, du prénom du maître. Dans mon cas, c'est la syllabe "ri".

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C'est la saison des hortensias; il y en a de très beaux.Dans les environs de Tokyo, à voir en particulier à Kamakura.
(Cliquer sur la petite photo pour la voir en grand.)


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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
A force de persévérance, et en visionnant une vidéo en japoanis sur youtube dont il a fait une copie d'écran,
Jean-Marie nous a trouvé le tableau cherché; qu'il en soit remercié.



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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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