Dimanche 17 septembre 2006
Bonjour, bonsoir.

Ceux qui connaissent ce blogue ont l'habitude de voir des cosplays ce jour de la semaine. Aujourd'hui, j'introduis une petite variante. Je vais commencer à vous faire connaître les kogalu, yamamba gankuro…
J'ai évoqué ce type de jeune dans un article précédent. J'y reviens, et le développe un peu.
C'est un phénomène de société qui a connu une apogée au début des années 2.000. D'ailleurs les photos que je vais vous montrer aujourd'hui datent de cette époque. Le phénomène est peut-être un peu moins voyant, un peu plus banalisé, mais il n'est pas mort.
J'ai écrit en en-tête de ce site "Japon, terre des contrastes". En voilà un exemple. Ces jeunes filles rejettent l'uniformisation officielle. Elles se décolorent les cheveux, utilisent des postiches, s'habillent super mini, portent des couleurs vives, font la chasse aux achats de marque. Il faut de l'argent pour tenir ce train de vie. L'argent, il y a un moyen facile de se le procurer pour pouvoir acheter le sac Vuitton, la montre Rolex, les chaussures Ferragamo, les sous-vêtements de grande marque etc, c'est marchander son corps. Ça se passe le plus souvent par téléphone portable. Il y a ce qu'on appelle des "télékula" contraction de "téléphone club". La simplification n'est pas trop déformante si je dis que c'est le principe de la call-girl. Et je parle là de lycéennes et étudiantes, éventuellement de collégiennes. Pour beaucoup d'entre elles aussi , aucune éducation sexuelle même élémentaire et on peut rencontrer une gosse de 19 ans ayant déjà avorté 5 fois et pensant cela très normal et banal.
Attention, elles ne sont pas toutes comme ça, mais sans être bégueule, je suis effarée de l'importance de cette prostitution des mineurs (il y a des garçons aussi) qui ne dit pas son nom. Elle est facilité aussi, à mes yeux, par une tendance aux goûts pédophiles de la population masculine… D'ailleurs il y a quelques années, les medias avaient quand même fini par soulever ce problème de morale sociale.
Mais encore une fois je le répète, elles ne sont pas toutes comme ça. J'en ai rencontré aussi des très sympathiques. Comme celle-ci:

Ce qui en même temps vous montre un aspect de leur activité. Elles arrivaient à leur lieu de rendez-vous à la place de Shibuya, côté Hachiko (d'ailleurs les jeunes français les appelaient les shibuyettes"), après l'école et elles se changeaient, faisant disparaître l'uniforme de l'école. Je dois dire que c'était assez plaisant de les voir toute souriantes, dans leurs manteaux aux jolis teintes pastèles (qui ne coûtaient pas forcément cher, dans telle ou telle boutique deShibuya ou dans la Takeshitdori) et diverses fantaisies. Le maquillage aussi était très important. Et elles laissaient leur gros sac dans la consigne automatique. Ensuite elles se promenaient très gaiement dans le quartier. Quand on les a croisées une heure plus tard, c'est tout juste si elles ne nous ont pas fait la bise; ça ce n'est pas japonais, mais leur réaction évoquait cette impression.

Ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que la séance de bronzette artificielle fait partie de la panoplie, qu'on soit fille ou garçon, puisqu'il y a l'équivalent masculin. Jusqu'à trois fois par semaine… bonjour les dégats!
Quand on est bien cuite comme ça, on est "ganguro". Et avec ce maquillage des yeux, de la bouche, souvent les cheveux trop décolorés devenus secs comme de la paille et pas trop bien coiffés, elles ont été surnommées "yamamba", qui est le nom donné à une sorte de sorcière des montagnes. Il y en a qui restent mignonnes quand même comme cette petite, mais beaucoup ont l'art de s'enlaidir de façon assez invraisemblable.

Et le "dosanguro" que vous voyez sur la photo titre précédente désigne celles qui sont devenues carrément noires comme la jeune fille au centre de ce montage que je m'étais amusée à faire.

Et voilà le style intermédiaire (vous remarquerez le postiche dans les cheveux) qui a fait école. Beaucoup de jeunes femmes actuelles sont inspirées de ce style dans leur présentation actuelle. Même habillées aec le tailleur strict de l'univers du travail de bureau, leurs cheveux, leur coiffure, leur maquillage et tous les autres détails marquent bien cette inspiration.
Vous trouvez peut-être que je me suis laissée entraînée par mon sujet, et pourtant je me suis freînée aussi…
N'hésitez pas à poser des questions.
La suite la semaine prochaine
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