Un auteur: Haruki Murakami; un livre: "La Course au mouton sauvage"

Publié le par mimisan

村上春樹

En tant que nom d'auteur, il faut faire attention avec celui de Murakami: ils sont plusieurs, d'où l'importance de ne pas oublier le prénom.

RÉSUMÉ BIOGRAPHIQUE:

Celui dont je parle aujourd'hui, Haruki, est né le 12 janvier 1949. Il a étudié la tragédie grecque, ouvert un club de jazz à Tôkyô de 1974 À 1981 avant de se consacrer à l'écriture. Ne supportant pas le conformisme de la société japonaise, il s'expatrie en Grèce, en Italie, puis aux États-Unis. Traducteur de Scott Fitzgerald et Raymond Carver, il rencontre le succès dès son premier roman
Ecoute le chant du vent (1979, non encore traduit en français). Aujourd'hui, il enseigne la littérature japonaise à Princeton. J'ajouterai qu'il semble également bon connaisseur de la littérature française. Il est également traducteur en japonais de plusieurs écrivains anglo-saxons (parmi lesquels on peut citer Scott Fitzgerald, John Irving ou encoreRaymond Carver à propos de qui il dit en 1987 à la mort de ce dernier : « Raymond Carver a été sans le moindre doute, le professeur le plus important de mon existence et aussi que mon plus grand ami en littérature ».

LA COURSE AU MOUTON SAUVAGE

Dans son édition originale, ce roman a été publié en 1982. La publication en langue française date de 1990, édition Seuil Point. La traduction a été faite par Patrick de vos et a reçu le prix Noma 1991.

L'intrigue est située dans l'année 1970.

<<Tokyo, l'été: un jeune cadre publicitaire voit sa vie changée pour avoir utilisé un cliché photographique apparemment banal sur lequel figure, lointain détail, un mouton d'une espèce inédite. Contacté, menacé par les émissaires d'une organisation secrète d'extrême droite, il entreprendra un voyage initiatique et paradoxal dans les contrées neigeuses de Hokkaïdo, hors du monde connu, jusqu'à rassembler les clés d'une ténébreuse entreprise de pouvoir absolu. Des personnages attachants (un ami d'enfance surnommé le Rat, une amante aux oreilles sublimes, un chauffeur de voiture qui prétend téléphoner à Dieu tous les soirs, etc.) peuplent la dérive aventureuse du narrateur, se trouvant ainsi liés par le fil invisible du destin.

Le style de Haruki MURAKAMI se caractérise par une extrême simplicité, une limpidité en parfaite communion avec l'impression de transparence que dégage le roman. Cette transparence n'est pas facteur d'insignifiance, mais reflet de la légèreté des êtres et des choses, et de l'instabilité du monde. Les instants tragiques ou douloureux sont à peine entrevus qu'ils disparaissent. C'est pourquoi le lecteur suit le narrateur dans ses aventures, comme s'il faisait curieusement le même rêve, le même cauchemar.

Bien que Dostoïevski soit cité à plusieurs reprises, et que Conan Doyle et Conrad soient les deux seules références littéraires explicites, ce roman fait souvent penser à la littérature américaine contemporaine. en ce sens, l'œuvre de Murakami est absolument moderne, et parait ne rien devoir aux classiques japonais. Son univers apparaît d'emblée très original, à la fois minimaliste, aérien et chaleureux.>>

Le ton adopté par Murakami, qui peut faire penser un peu à celui utilisé par Camus dans L'Etranger (écriture "blanche", simplement c'est plus naturel chez Murakami que chez Camus qui s'est beaucoup forcé contre sa tendance lyrique) contribue beaucoup à ce que le lecteur se laisse aller à prendre pour naturel des phénomènes pour le moins étranges que raconte le narrateur quand on arrive vers la fin du roman. Ceci est une des choses qui m'a particulièrement marquée à la lecture et relecture de ce roman et qui en fait une des originalités.

Dans le premier quart du roman on peut être un peu dérouté par des retours en arrière qui ne sont pas très clairement annoncés comme tel et dont sur le coup on se demande l'utilité. Mais sous cette apparence d'intrigues multiples sans lien entre elles, les fils se nouent peu à peu et tout se met en place. Une méthode de construction romanesque que Murakami semble aimer, on la retrouve plus systématiquement dans un autre roman dont je vous parlerai aussi.

Son goût pour le jazz et sa connaissance de ce genre musical est évident: le narrateur mentionne souvent les morceaux qu'il est en train d'écouter ou qui sont diffusés dans le bar où il est installé…

Un roman qui pourrait plaire à un très large public…

L'INCIPIT:

<<Un ami qui avait appris sa mort, par hasard, en lisant le journal, m'annonça la nouvelle au téléphone. D'une voix lente il me lut dans l'appareil l'unique paragraphe de l'article paru dans l'édition du matin. C'était d'une platitude! On eût dit un exercice de quelque journaliste débutant frais émoulu de l'université.
Tel jour de tel mois, dans tel quartier, le camionneur Untel avait écrasé la personne Unetelle. Une enquête était en cours au sujet d'Untel, soupçonné d'homicide involontaire, résultant d'un manque de prudence dans le cadre de sa profession.
Cela sonnait un peu comme un court poème porté au frontispice d'une revue.
<<L'enterrement, où peut-il bien avoir lieu? demandai-je.
- Ça, je n'en sais rien, fit-il. D'abord, avait-elle seulement une maison?>>

Bien sûr, elle avait une maison.
Je téléphonai le jour-même à la police qui me communiqua l'adresse et le numéro de la maison des parents, et j'appelai ensuite ceux-ci pour connaître la date de l'enterrement. Comme disait je ne sais qui, on parvient toujours à être au courant si on s'en donne la peine.>>

Peut-être d'autres extraits une autre fois.

BONNE LECTURE.


Publié dans Tokyo

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Commenter cet article

Julie 14/09/2006 15:01

Moi j'avais fait tout à l'envers, j'avais lu Danse, danse,danse qui m'avait donné très envie de lire La course au mouton sauvage (j'avais  vraiment aimé sa manière d'introduire peu à peu l'irréel dans l'histoire). J'ai beaucoup aimé les Amants du spoutnik aussi (même genre de construction). Ses recueils de nouvelles sont aussi très très bons !

mimisan 14/09/2006 16:36

Je vois que nous pratiquons les mêmes auteurs ;-)

LN d'Okayama 14/09/2006 10:39

c'est amusant, je viens juste de finir  "Danse, Danse, Danse" (en français...). J'avais lu la course au mouton sauvage bien avant de connaitre ou de m'intéresser au Japon ; j'ai lu celui-ci avec un oeil différent!

mimisan 14/09/2006 16:35

L'autre que j'ai lu, c'est La fin des Temps; faudra que j'essaye d'en  avoir d'autres.

cocole 14/09/2006 09:48

merci pour tous ces détails sur cet écrivain!c'est trés interressant!bisou et bonne journée

@nne marie :0010: 14/09/2006 06:03

  je ne connais pas du tout mais je pense que j'aimerais lire ce livre ! !   Gros bisous du matin pour moi  !! !   @nne marie

mimisan 14/09/2006 16:37

Peut-être opurras-tu l'avoir en main un de ce jours Bises, bonne fin de journée.