HAGAKURE, le livre secret des samouraïs de Jocho Yamamoto(1)

Publié le par Mimisan

PRESENTATION DU LIVRE ET DE SON AUTEUR

Le bushi (ou samurai) était le guerrier le plus noble qui se devait corps et âme au service de leur daimyo, leur seigneur. D'eux dépendaient la sécurité, voire la survie du territoire concerné. Et le Japon a connu de longs siècles de guerres intestines, de ce que nous pouvons appeler de luttes féodales.

Ils ont donc toujours observé un code non écrit dont tout écart était très sévèrement sanctionné. Certains des apprentissages du bouddhisme (en particulier la branche zen) les ont aidés dans cette voie, en leur donnant un idéal de sérénité, de confiance dans le destin, de tranquille acceptation de l'inévitable (pour moi, c'est malheureusement ce dernier point le plus difficile). Le shintoïsme, lui, aurait plutôt encouragé les vertus dites viriles de loyauté et de courag nécessaires sur le champ de bataille.
Nous sommes encore au XVIIe siècle quand nait Jocho Yamamoto. A 9 ans, il devient page du seigneur de Saga, Nabeshima Mitsuhige. A 20 ans, il rencontre le moine zen Tannen, à la forte personnalité, qui aura une grosse influence sur lui. D'autres rencontes de la même qualité participeront à sa personnalité
A la mort de son seigneur en 1700, il ne put faire seppuku (ce que les Français appellent vulgairement harakiri) pour le suivre dans la mort. En effet, un décret des Tokugawa (shogun)venait d'en interdire la pratique.Par contre, il reçoit l'autorisation de devenir moine, se rase la tête et va vivre en reclus dans une hutte. Il a alors 42 ans.
Il reçoit la visite d'un scribe, Tashiro Tsuramoto qui, pendant 7 ans, note les entretiens qu'il a avec Yammoto et ce, malgré l'interdiction de ce dernier. Il en fera des copies qu'il distribuera sous le manteau aux samourais de Saga.
Penadant 150 ans, ce texte reste secret. Ce n'est qu'à la restauration Meiji (1868) qu'il devient connu du public.

L'écrivain Yukio Mishima en avait son livre de chevet, le considérant comme "le seul et unique livre".

UN PREMIER EXTRAIT

J'ai découvert que la voie du samourai résie dans la mort. Lors d'une crise, quand il exista autant de chances de vie que de mort, il faut choisir immédiatement la mort. Il n'y a rien là de difficile; il faut simplement s'armer de courage et agir. Certains disent que morir sans avoir achevé sa mission, c'est mourrir en vain. Ce raisonnement que tiennent les marchands gonflés d'orgueil qui sévissent à Osaka n'est qu'un calcul fallacieux, qu'une imitation caricaturale, de l'éthique des Samourais.
Faire un choix judicieux dans une situation où les chances de vivre ou de mourir s'équilibrent est quasiment impossible. Nous préférons tous vivre et il est toujours de bonnes raisons pour continuer à vivre.
Celui qui choisi de vivre tout en ayant failli à sa mission encourra le mépris et sera à la fois un lâche et un râté.
celui qui meurt après avoir échoué meut d'une mort fanatique, qui peut sembler inutile. Mais il ne sera, par contre, pas déshonoré. Telle est en fait la voie du samourai.
Pour être un parfait samourai, il faut se préparer à la mort matin et soir et même toute la journée.
Quand un samourai est constamment prêt à mourir, il a acquis la maîtrise de la Voie et il peut sans relâche consacrer sa vie entière à son Seigneur.


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Voilà un texte va surement susciter de nombreuses réflexions...

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Un livre en français: <<Hagakure, le livre secret des samourais>>  par Jocho Yamamoto, traduction de M.F. Duvauchelle; S.I.A.M Guy Trédaniel éditions de La Maisnie 1984. ISBN 2-85707-144-2
Cette édition française ne traduit pas l'intégralité de l'origine japonaise mais tous les passages ayant vraiment trait au "devoir du samourai".

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jean-marie 21/06/2009 09:43

merci pour ce texte, ma chère Mimisan,il est à mon avis très éclairant et révélateur d'une philosophie...chaque fois que j'y réfléchis je pense aux mots "cruel" et "inutile".... je ne sais... mais je pense qu'il y eut pire dans notre civilisation occidentale: la folie du duel pour des raisons le plus souvent dérisoires... il ajoute la notion de meurtre possible... la mort en duel  du très jeune savant Evariste Gallois  en est l'exemple accompli...bises amicalesjean-marie

Mimisan 21/06/2009 19:33


Comme on avait déjà parlé d e Mishima, j'ai pensé que ça t'intéresserait...

Moi aussi, le code de l'honneur poussé à l'extrême, les édits pour interdire certaines pratiques, ç am'a fait penser à nos temps anciens... (pour ne pas parler du Cid en souvenir littéraire et
scolaire )


lizagrece 20/06/2009 08:43

Tu as raison ... La mort semble ne pas avoir de prise sur eux (pour bonne preuve aussi les conditions violentes  de la mort de Mishima qui s'inspirait de la philosophie des samouraïs)

lizagrece 19/06/2009 20:21

Pas facile la vie de Samouraï !

Mimisan 20/06/2009 03:29


On dirait que la mort leur est plus facile qu ela vie...


down under 19/06/2009 12:48

Cet ouvrage  semble fort informatif...

Mimisan 20/06/2009 03:20


Il y a aussi des passages qui mettent en évidence un aspect inhumain, cruel, de ces hommes...


Francoise58 19/06/2009 01:01

tu nous livre l'état d'esprit du Samouraï, mais comment le Japonnais  réagit-il face à la mort ?

Mimisan 20/06/2009 03:03


Je retiens ta question, j'y répondrai dans un billlet que j'ai en tête depuis longtemps. Evidemment, quand je le ferai, on pensera que c'est en raison de mes
circonstances familiaes etc que je traite ce genre  de sujet maintenant alors qu'il y a si longtemps que j'ai commencé à en réunir des éléments...
Une première chose que je dis tout de suite, c'est que ce n'est pas un sujet tabou comme dans la société française, où ce l'est à un point malsain.