La légende de la création du temple Hasedera, à Kamakura

Publié le par mimisan

Aujourd'hui, je vais vous emmener loin dans le temps, au 8e siècle. Près d'un siècle déjà que bouddhisme et écriture avaient été introduits au Japon par la Chine, souvent via la Corée. Si la cour commençait à avoir une vie assez raffinée, le petit peuple, lui, vivait encore très frustement.

Nous sommes en l'an 720 ou 21, au mois de mars. La capitale est Yamato, l'actuelle Nara.
Un soir, en se promenant dans la vallée de Yamato, Tokudo Shonin, un vénérable prêtre, trouve sur son chemin un très grand tronc de camphrier d'où se dégage une radiance, un halo, et l'air est embaumé d'une fragrance surnaturelle.
Notre saint homme est persuadé qu'un destin exceptionnel attend un tel arbre et tombe en prière.

Soudain apparaissent deux silhouettes à l'allure vénérable qui lui déclarent être venues pour répondre à ses prières: l'arbre devra être façonné à l'image de Kannon, la déesse miséricordieuse. Tokudo Shonin continue à prier et à jeûner pendant 3 jours. Et pendant 3 jours, les deux personnes s'activent à sculpter le tronc. Au bout de ces trois jours, deux imposantes représentations de la déesse Kannon étaient achevées. Conscient qu'on tel miracle ne pouvait être accompli par de simples humains, le prêtre presse les deux inconnus de lui révéler leur identité.. Ils disent alors être les divinités Tensho-Daijin et Kasuga-Myojin ayant pris une forme humaine afin de réaliser ses pieuses aspirations et sculpter ces statues de la Grande Miséricodieuse pour le plus grand bien de l'humanité. Puis ces divinités disparaissent dans un nuage. Ces faits sont rapportés à l'Impératrice.






Un messager impérial fut promptement envoyé à Yamato pour rendre hommage à des divinités qui étaient apparues de façon si imprévue et leur déposer des offrandes.
Le temple destiné à recevoir les statues fut construit sur ordre impérial à Hase, Yamato. Le saint prêtre Gyoki Bosatsu fut requis pour la consécration.

Les cérémonies terminées, Gyoki Bosatsu déclara que la statue  faite dans la base du tronc devait rester dans son temple à Hase. Par contre l'autre statue, taillée dans la partie supérieure du camphrier sacré, devait être livrée à la mer. Le destin la ferait arriver là où elle serait particulièrement utile à sauver des âmes.

Et vogue la statue…

16 ans plus tard, par une nuit d'été, le 18 juin 736, les pécheurs de Kamakura découvrent que dans la baie de Sagami flotte une étrange chose qui jette des lueurs: c'était notre statue perdue de vue.


On va la chercher, on l'ammène au rivage. On lui construit un abri provisoire fait de branchages et de paille et on lui rend un vibrant hommage. Ce lieu a pris le nom de Kariyagasaki: la pointe de l'abri temporaire.

Tous ces événements parvinrent à l'oreille impériale. Ordre fut donné par l'empereur de construire un temple digne d'une telle statue. Ce temple fut nommé Shin (= nouveau) Hasedera; mais on l'a appelé aussi  Kaiko-san, le temple de la lumière de la mer. L'empereur voulut également que ce soit Tokudo Shonin qui soit le premier prieur de ce temple.

Voilà la belle histoire des origines de ce temple qui est un des principaux de Kamakura.

Maintenant, quelques mots sur les photos.

La première montre des enchevêtrements de toits de deux corps de bâtiment.

La deuxième est une statue de Amida-Nyorai qui mesure 2, 8 mètres de hauteur. On dit que le shogun Minamoto Yoritomo l'a fait réaliser pour un vœu à l'âge de 42 ans et elle fut d'abord déposée dans le temple Seiganji au village de Hase. C'est en 1688 qu'elle a été transportée au temple Hasedera. Elle est maintenant considérée comme l'une des six plus réputées statues de Amida à Kamakura. Je crois que je n'étais pas supposée la photographier… et pour la suivante, j'en suis sure.

La troisième  est la partie supérieure d'une statue de la déesse Kannon, la déesse aux onze têtes. Chaque tête a une expression différente, montrant que la déesse sait écouter toute sorte de sollicitations émanant de personnes variées. Elle mesure 9,18 mètres de haut.

La dernière montre la plaine, la pointe de Miura et tout à droite la mer, comme on le voit depuis le Hasedera.

Pour clore l'article, unéchantillon d'hortensia faisant la célibrité de ce temple à ce moment de l'année, en attendant l'article complet à ce sujet.

Merci de m'avoir lue.








Publié dans traditions

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Martine 22/06/2006 19:14

C'est une très jolie légende, très bien illustrée comme d'habitude !Bisous

cocole 22/06/2006 13:35

belle histoire en effet!!bises

@nne marie 22/06/2006 12:31

Très belle histoire, légende ou vérité...on ne saura jamais et en plus cela n'est pas lep lus important que est la beauté de ce récit  ! ! ! Bisous de la terre des pharaons@nne marie

josé 22/06/2006 10:40

Je reviendrais voir ton site qui est très interressant !
Bonne continuation.
...José.(two).. ;-) A bientôt !!
 
 

fugen 22/06/2006 09:51

Je viens  trouver un peu de fraicheur chez toi ce matin...je respire...Tiens, nous peignons des hortensias (fantaisie) dans l'atelier de la résidence en ce moment...Bisesval