Informations, prévention des désastres (séismes, etc.)

Publié le par mimisan

Si ces informations s'adressent d'abord à ceux qui résident au Japon, elles peuvent être utiles aussi à ceux qui prévoient un voyage ou un séjour dans ce pays.

Récemment, à Tokyo, la deuxième réunion annuelle des îlotiers a eu lieu. Nous étions convoqués à Ikebukuro, au centre de prévention des désastres (Ikebukuro Bosai Kan 池袋防災館). Il a été créé en 1986 pour promouvoir la capacité de protection et de bons gestes en cas de séisme ou autre désastre (typhon, glissement de terrain, etc). Plus d'un million de personnes ont visité ce centre jusqu'à l'an dernier.








Les installations de ce centre permettent de se familiariser avec 4 situations, dont le
tremblement de terre dans une maison et l'évacuation d'un bâtiment à travers la fumée et la demi obscurité. Le directeur du centre était présent pour nous accueillir, donner des informations, répondre aux questions.








Bien entendu, nous étions également accueillis et encadrés par Monsieur le Ministre Conseiller, et  par Monsieur le Consul qui sont là en train d'attentivement écouter une question posée.







Le directeur du centre nous a rappelé les principes de présentation de l'intensité d'un tremblement de terre.

La magnitude, c'est-à-dire l'intensité à l'épicentre, est indiquée par l'échelle de Richter. Un point de plus dans l'échelle = 30 fois plus intense. +2 = 1000 fois plus intense. Donc, ce qui est très important, c'est aussi la distance à laquelle on se trouve de l'épicentre. L'échelle de Richter est universelle, elle est identique dans tous les pays.

Le Japon utilise le degré - shindo - , mesure qui diffère selon le pays. Ici, les degrés vont de 1 à 7 , mais pour 5 et 6, c'est 5 moins, ou 5 plus, idem pour 6; ce qui fait en pratique 9 niveaux. On considère que c'est à partir de 5+ qu'il y a véritablement risque de dégats. Les normes imposées pour les constructions: pouvoir résister sans gros problème à un tremblement de force 5.


On nous a ensuite montré un film de fiction en 3D. Film que d'ailleurs j'avais déjà vu il y a quelques années lors d'une séance similaire dans un autre centre plus important. L'intention de ce petit film didactique est de nous rappeler qu'une grande partie des dégats humains viennent de l'affolement, de la panique. Et qu'un minimum de préparation et de précautions  peuvent aider à survivre. Je récapitulerai à la fin quelques uns des gestes qui peuvent sauver.



Comme nous étions assez nombreux,nous avons été répartis en 3 groupes, chacun avec sa cheftaine pour le piloter dans les 2 étages d'activité.

On nous a passé une vidéo qui montrait les dégats faits par quelques uns des temblements importants de ces 10 dernières années, dont ceux de Okujiri et de Kobe, bien sûr, mais également, beaucoup plus récent, ceux de Niigata et de Sendai.


Puis notre cheftaine nous a montré quelques articles pouvant être utiles dans le sac d'urgence que l'on devrait toujours avoir prêt.

Une petite lampe de poche et radio qui se recharge grâce à… tout simplement une manivelle qui, comme son nom l'indique, fonctionne manuellement. Astucieux quand il n'y a plus d'électricité et que l'on sait tous que l'obscurité ajoute à l'angoisse voire la panique. La radio, c'est pour avoir les infos utiles.

Ce gadget coûte environ 4.500¥.








Egalement cette feuille isolante que vous connaissez probablement tous. Dans les infos télé qui nous montrent des gens blessés à qui on porte secours, on voit souvent ceci utilisé pour les protéger.

Le côté doré à l'extérieur, c'est pour avoir chaud.




Le côté argent à l'extérieur, c'est pour avoir frais dans un lieu ou un climat très chaud. Je crois me rappeler que cela coûte aux environs de 350¥.
On nous a montré aussi des sacs plastiques renforcés pour si on est en panne totale de toilettes. Un produit qui rend potable presque n'importe quelle eau (ça, c'est un peu plus cher). Bien sûr, il y a aussi les produits alimentaires de survie.




Après toutes ces belles informations, nous avons eu droit à la séance de tremblote dans la petite maison (mais celle-là n'était pas dans la prairie…). C'est exprès, pour plus d'efficacité de l'exercice, qu'on ne nous prévenait pas de l'intensité à laquelle on faisait monter l'expérience.
On passait par groupes de 4. Là, vous voyez les premiers héros. Volontairement, la cheftaine a attendu pour lancer les tremblements, ils ne se méfiaient plus.






Nos amis discutaient tant et plus, finissaient par oublier pourquoi ils étaient là quand soudain…  Dong boum boum boum…  Ça y est! C'est le moment d'avoir les réflexes, et les bons! Eteindre le gaz, ouvrir les issues, se mettre sous la table avec le coussin (zabuton) sur la tête de préférence.







L'obscurité à cause de la coupure de courant, relative ici, pouvant être totale dans la réalité s'il fait nuit, se fait…
Curieusement, nous les entendons moins discuter de chose et d'autre…
Ils ont eu droit à un 5+, d'après ce que j'ai pu voir, je crois même qu'il y a eu quelques secondes de 6.

















Lorsque tout s'arrête enfin, on sort de sous sa table l'air un peu étonné. On constate que les casseroles sont tombées , y a plus qu'à les ramasser!

Je suis passée en dernier.
Quelle idée j'ai eu!
Pour nous 4, la cheftaine réservait le fin du fin, le fameux tremblement de terre force 7 de Tokyo en 1923, celui dont Paul Claudel a fait un récit dans "Connaissance de l'Est", celui dont ma belle-mère m'avait souvent parlé: elle y avait perdu  presque tout ce qu'elle avait dont beaucoup d'objets de valeur apportés en dot, mais surtout un bébé né deux jours plus tôt.
Vu l'endroit où j'étais assise, j'aurais dû me lever pour éteindre le gaz. Pas pu! J'ai même eu du mal à attrapper le coussin posé sur la table. J'ai eu des difficultés pour me lever de la chaise qui s'était instantanément reculée de la table. J'ai cru que je n'arriverais jamais à en décoller pour me mettre sous la table où ensuite mon front a cogné celui d'une autre personne.

Je n'ai pas trouvé l'expérience rassurante…


Nous avons également fait l'exercice du labyrinthe de fumée. On nous a prévenus que ces fumées n'étaient pas toxiques, toutefois il était préférable que les asthmatiques s'abstiennent. On nous a rappelé aussi que les fumées montent à la vitesse de 3 à 5 m/seconde.
Pour marcher à travers les fumées, il vaut mieux couvrir bouche et nez d'un mouchoir ou toute autre pièce de tissu et se tenir bien penché, essayer de marcher dans la position la plus basse possible.




Quelques infos et conseils complémentaires
:

- Il est indispensable de fixer les meubles, toutes sortes de gadgets efficaces existent.
- Ne pas oublier qu'il faut de bonnes chaussures, à semelles épaisses de préférence pour marcher dans les décombres. La nuit, l'idéal serait de poser les chaussures à proximité du lit. Mais même cela ne garantit pas qu'on puisse les trouver en cas de besoin.
- Lors de nos divers brain storming, nous n'avons pas réussi à déterminer l'endroit idéal pour entreposer le sac d'urgence. Communément, c'est quand même dans l'entrée; d'autres, après l'expérience du tremblement de Niigata par exemple, prônent la voiture. Mais dans un cas comme dans l'autre, rien ne garantit que l'on pourra accéder à son sac.
- Avoir de quoi tenir - eau, nourriture de survie - pendant 3 jours. Le nécessaire pour les secours est prévu, mais pas forcément d'accès tout à fait immédiat. Il faut quand même un peu de temps pour que les choses se mettent en place. Donc, prudence prudence.
- Dans les couloirs de métro ou autres passages souterrains de ce genre (Tokyo a comme une deuxième ville sous terre) il est conseillé de marcher le long des parois auxquelles on peut se tenir et on risque un peu moins d'être renversé et piétiné par la foule.
- Savoir qu'il y a création d'un réseau de solidarité dans les magasins de proximité, les chaînes de superettes pour en particulier fournir aussi de l'eau, et des sations services en particulier pour les toilettes.
- Savoir aussi que les messageries électroniques fonctionnent mieux que les téléphones dans ces cas-là
- En réponse à une question posée pour avoir de la documentation en français pour l'information sensibilisation des enfants, nous avons appris que la commission sécurité du lycée travaille à une brochure destinée aux enfants.
- On rappelle toujours aussi qu'il est nettement préférable de s'inscrire au consulat quand on séjourne au Japon. On peut aussi signaler sa présence lors d'un séjour court. Ceci dans votre intérêt. On peut ainsi s'inquiéter de votre sort et informer la cellule de crise au besoin.
- Où acheter les divers objets et produits pour la sécurité? Dans les centres de prévention, ils ont leur boutique. Mais aussi dans les grands magasins. Ces rayons ont pris de l'importance au fil des années.

Maintenant il ne nous reste plus qu'à faire comme Montaigne: être bien prêts pour ne plus en être obsédés.








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Marithé 15/03/2011 09:04



Heureusement que les gens sont formés et savent ce qu'il faut faire dans les cas d'un séisme.


On voit que les Japonais restent calmes dans ces moments terribles en ce moment, ce qui ne serait pas le cas dans les pays latins.


Mais toutes les images qu'on voit à la télé sont terribles



mouna 26/06/2010 22:51



c est vrai que vous avez souvent des seismes chez vous mais a priori vos constructions sont solides!!


mais si vous etes habitues ca doit pas etre marrant!!



Marie a Tokyo 16/09/2008 02:15

BonjourMerci pour ce tres interessant document sur la prevention contre les seismes au Japon. Cordialement

Mimisan 16/09/2008 03:09


Merci pour ce message.
Je compte trouver le temps d'enrichir cette section.
A bientôt.


horticolo 10/06/2006 18:37

coucou oui cela ne doit pas être facile à vivre avec ce risque quasi permanent.... @+

lili :0091:: 10/06/2006 17:50

c'est vrai que vivant dans un pays où les tremblements de terre sont fréquents il faut être prèt à toute éventualité. C'est un peu flippant vu d'ici
 chaude et belle journée ici en région parisienne, j'espère que le beau temps est aussi chez vous et que tu en profites au maximum, bises