Crise de foie… gras au Japon.

Publié le par mimisan

Les restaurants français marchent assez bien au pays du soleil levant. Ces restaurants ont besoin de produits importés de France, comme de bonnes volailles (si vous voulez vous dégouter du poulet, mangez du poulet de batterie japonais: aucun goût, c'est de l'eau…), et leur foie, leur foie gras j'entends.

Pleurons pleurons dans les chaumières, vendredi le gouvernement japonais a décidé d'arrêter les importations de volailles françaises: viande, foie gras et abats, à la suite de l'apparition de la grippe aviaire.

Quel est le volume de marchandise ainsi touché?

D'après un article de l'AFP qui cite les chiffres du CIFOG, le Japon est le 4e pays importateur de foie gras après l'Espagne (tiens donc! je n'aurais pas cru…), la Belgique et la Suisse, pour près de 20 millions d'euros. en 2005, ce sont 1510 tonnes de volailles françaises et 377 tonnes d'abats et de foie gras qui ont été importés. Ces produits fournissent la restauration, pas uniquement française, et les rayons alimentation des grands magasins.

Aujourd'hui lundi 27, on parle de l'émoi, de "l'inquiétude" des restaurateurs et importateurs à la suite de cette décision. Ils vont devoir revoir une grande partie de leur carte.

"Je suis très embêté. Les plats à base de canard, c'est 30 à 40% de ma carte", confie Bernard Anquetil (oui, il est bien normand, comme son nom l'indique), chef au "Petit Bedon", restaurant français renommé à Tokyo. "Pendant une semaine, on peut jouer sur les stocks en magret et en canard mais après, tout dépend de la durée de l'embargo", poursuit M. Anquetil, également président de l'Amicale des cuisiniers et pâtissiers français au Japon, qui réunit 70 membres.

Le chef d'un restaurant chic de Ginza, lui, souligne qu'on pourrait le dépanner en produits surgelés, mais il ne travaille qu'avec des produits frais, c'est donc une catastrophe pour lui.

Etant donné les chiffres que nous avons indiqué plus haut, on imagine aussi les conséquences pour les importateurs. Pour tel d'entre eux, ces produits représentent 20% du chiffre mensuel. C'est donc une très grosse perte qui s'annonce. cette société a déjà dû au bloquer au départ de la france 2 tonnes de volaille et foie gras et renvoyer au producteur un conteneur maritime de 40 pieds (environ 12 mètres).

C'est qu'au Japon, on ne plaisante pas avec le principe de précaution, du moins en ce qui concerne tout ce qui vient de l'étranger… Parce qu'il y a la grippe aviaire au Japon aussi, mais je n'ai pas vu que la vente de poulet y ait été arrêtée. mdr!

Ce soir, à un magasine d'actualité très suivi, on montrait un reportage sur un éleveur de foie gras français; il disait qu'il n'y avait pas de risque puisque les volailles étaient gardées à l'intérieur. On a montré aussi Chirac faisant ses déclarations puis entouré d'autres officiels, attablé et mangeant du poulet avec un visage très souriant. Ce qui m'a donné l'impression de revoir une image tout à fait à l'identique du Japon: il y a quelques années, le premier ministre entouré de quelques personnes du gouvernement, mangeant avec ostentation du bœuf américain alors qu'on était en plein débat de la vache folle. Encore une fois, mdr!

Pour en revenir à nos restaurateurs, vous allez me dire "ils n'ont qu'à se fournir en produits locaux ou d'autres pays". C'est ce que certains d'entre eux vont faire, comme celui-ci:

Philippe Batton, chef au "Petit Tonneau", restaurant-bistrot français de Tokyo (tous les éléments de la décoration et aménagement ont été importés de France), explique qu'il va faire appel "aux produits locaux" ou aux importations australiennes et américaines. "Au Japon
les autorités sont toujours très rapides sur les interdictions en cas de risque sanitaire. Il faut s'adapter, rien ne sert de se lamenter", observe-t-il.

Les produits locaux, je veux bien, mais leur foie gras n'est pas terrible… Je suppose qu'il vaut mieux le tchèque comme certains l'ont envisagé. Mais jusqu'à quand le reste de l'Europe sera-t-il épargné?


Et quand le risque sera écarté, il faudra du temps pour que tout reprenne son cours normal. En effet
, à la suite d'un accord franco-japonais signé en juillet 2005, toute exportation de viande de volaille doit être accompagnée d'un certificat sanitaire stipulant que la France "doit être indemne d'influenza aviaire depuis au moins 90 jours".


On n'est pas sortis de l'auberge!


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