la fête des diables, au Japon, suite…

Publié le par Marie-France alias Mimisan

Grâce à une émission de télévision (oui, il y a des choses bien aussi, faut pas croire) je dispose aujourd'hui d'informations plus complètes que celles que j'avais hier, j'en profite donc pour compléter le sujet.


Comme je le disais déjà hier, il s'agit de traditions d'origine chinoise, rites exécutés la veille au soir du nouvel an (omisoka) selon le calendrier lunaire. Ces rites étaient suivis au Japon depuis l'époque Heian (794 - 1185). A cette époque, une procession avait lieu avec à sa tête un personnage aux allures diablesques, un masque blanchâtre surtout, à l'aspect un peu inquiètant (hôsôshi). Son rôle était de chasser les mauvaises choses pour préparer une bonne année. Il était donc porteur d'une image très positive.

Au fil du temps, son aspect un peu effrayant a fini par l'emporter dans l'esprit des gens. C'est au cours de l'ère Kamakura (1185 - 1392) que s'est instauré l'usage du "mamemaki", le lancer de haricots de soja; peu à peu le "hôsôshi" qui chassait les maux est devenu l'incarnation des maux, le diable qu'il faut chasser.

C'est à l'époque Edo que s'est fixé le "setsubun" (節分) à une date fixe et avec les traditons que vous connaissez presque toutes maintenant. Presque, oui; il y a des petites choses à ajouter.

A l'époque Edo, on a à cette occasion pratiqué le "mame uranai", c'est à dire l'art divinatoire (très pratiqué au Japon sous diverses formes) à l'aide de haricots de soja (un peu comme la marc de café).

Le lancé de graines a été associé aux vœux de bonne récolte. Egalement les manger, c'est s'approprier leurs vertues de force, d'énergie, de bonne santé. donc on mange (réservé aux dentitions solides) le nombre de graines maltées correspondant à son âge; ce qui peut en faire beaucoup trop à avaler. Dans ce cas, on consomme le nombre correspondant aux dizaines, plus le nombre correspondant aux unités.




Dans certaines régions, on fixe à l'extérieur de l'entrée de la maison une branche de "hiiragi" qui ressemble au houx, à l'extrémité de laquelle on a fixé une tête de sardine grillée. On dit que cet aspect et cette odeur repoussent le "oni".
Ce qui n'est pas sans rappeler l'ail chassant les vampires…




Dans plusieurs régions du Japon, dans la préfecture de Niigata en particulier, d'anciennes traditions restent très vivantes. Des hommes déguisés en oni, souvent avec de beaux masques, parcourent le village, entrent dans les maisons où on les attend en mangeant et buvant (n'oublions pas que l'origine, c'est la veillée de nouvel an); ils font le tour de la maison, s'intéressent particulièrement aux enfants et les petits pleurent très fort en se réfugiant auprès de maman ou grand-maman; les enfants un peu plus grands qui ont passé cette phase d'âge, sont très heureux de leur lancer les "mame"; et ainsi de maison en maison jusque très très tard dans la nuit. Le temple est le point de départ et d'arrivée des diables.
Tous les ans, on a droit à cette séquence dans les infos télévisées du 3 février, ainsi que celle qui montre le "mamemaki" dans divers temples.




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