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Samedi 19 avril 2008
Ces jours-ci, il m'est monté à la figure que, quel que soit le blog sur lequel je m'exprime, il y a encore et toujours la marque du Japon. Et ça m'a fait un effet un peu bizarre. Un peu comme si j'étais le jouet d'une obsession. Je sais bien que c'est d'abord parce que c'est mon cadre de vie, d'autant plus que je suis mariée à un autochtone; que ça fait (très) longtemps que je suis là; et que depuis que je suis à la retraite mes contacts directs avec des Français sont devenus rarissimes quasiment du jour au lendemain...

Mais ça m'a fait un curieux effet. je me suis dit qu'il y avait à la longue un effet un peu soulant...

Mais là,ces derniers jours, j'ai plus la tête en France.

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Vendredi, j'ai rencontré une sympathique toute jeune femme, et nous avons joyeusement papoté.

Le Festival de l'expression internet à Romans a commencé et les résultats du concours où je suis finaliste seront bientôt proclamés; bien sur, mes pensées sont quand même un peu là-bas aussi...

Et demain,je vais rencontrer la Parisienne "
Shinobipark" à Harajuku, à l'endroit des cosplays (en même temps que je serai en bonne compagnie, je pourrai enfin renouveler mon stock de photos sur ce sujet :D)

Alors aujourd'hui, je fais un billet "français".

En 2001, nous avons conçu, réalisé et encadré un voyage en France, dans les  Pyrénées, pour 24 Japonais d'âge mur ou très mur, des randonneurs photographes, qui avaient certains désiderata mais qui en même temps s'en remettaient essentiellment à nous. Mon mari a conçu l'itinéraire, j'ai fait... tout le reste :lol: (et à l'époque je n'étais pas encore à la retraite). Y compris le guide accompagnateur (expérience acquise quand j'étais jeune)

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Nous partions un vendredi soir sur un Air-France, le vol de nuit qui vient de Nouméa et qui tourne toujours un peu en rond à l'arrivée à Roissy pour ne pas se poser trop avant 4H30 du matin heure locale. Correspondance à Orly pour un vol jusqu'à Toulouse. Deux nuits dans la Ville Rose. Ensuite, le car que j'avais réservé depuis Tokyo (comme le reste). Déjeuner à Arreau; les cols; arrivée au Cirque de Gavarnie en fin de journée.

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Nous y avans fait un beau séjour, avec de belles promenades, des couchers de soleil très intéressants (mon mari quittait la table du diner pour aller dehors le photographier), de fort beaux orages, sans quoi ce n'aurait pas été les Pyrénées en été (premiers jours de juillet).
Nous avons eu la chance aussi que les cascades soient particulièrement nombreuses au Cirque de Gavarnie comme le montre la première photo. Et les cascades entre Cauterets et le Pont d'Espagne étaient fournies en eau comme je ne les avais jamais vues encore, c'était superbe.

Pour aller de l'hôtel au fond du cirque, nous avions pris le chemin qui passe par les hauteurs, sur le côté gauche, par le Piala. Une très belle promenade qui nous faisaient passer par ce beau plateau du Piala, où se trouvaient de charmants "habitants".

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Et de là, nous avions une excellente vue sur la fameuse Brèche de Roland. La légende dit qu'elle fut ouverte par un coup d'épée très énergique de Roland s'efforçant, aidé d'Olivier, de repousser les Sarrazins pour assurer le retour de l'armée de son oncle l'empereur. Epée qui serait ensuite allée se ficher dans la falaise de Rocamadour.

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Ce qui a été une grande découverte pour moi cette année là dans cette région, c'est le cirque de Troumouse. Voisin immédiat de Gavarnie. Mais plus sauvage, impressionnant lui aussi.
Le car nous a menés à proximité du plateau, on a fini la route a pied. Je ne montre pas aujourd'hui toutes les facettes de ce lieu.

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Je pense que sur la gauche de la photo, vous pouvez deviner ce qui m'attendait: une plongée vers le vide. J'ai (une nette) tendance au vertige. Or nous faisions la descente par une sente très étroite en lacets d'une pente abrupte à flanc de montagne. 800m de dénivelé en un rien de temps.
Quand jai découvert ce précipice que je devais descendre, j'ai fait une pose, je me suis dit "Mimi,pas de panique, tu as la responsabilité de tout lemonde et des factures à payer; ça doit marcher". J'ai rangé ma caméra dans le sac que j'ai bien remis sur le dos, j'ai respiré un grand coup, j'ai regardé droit devant moi, après avoir tout de même apprécié la beauté du lieu, et j'ai fait ma descente. Ouf. Pas ultra rapide, mais pas trop honteusement non plus. La fin s'est faite sous les éclairs et les impressionnants roulement de tonnerre répercutés par les échos de la montagne. Superbe! Mais après, quel déluge!!! On était heureux de se réfugier dans le car.

Voilà donc les souvenirs illustrés que je vous livre aujourd'hui...



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Mardi 27 mai 2008
Je me suis rendue compte ces jours-ci que, finalement, j'avais écrit cet article un an trop tôt. Peut-être parce que j'étais dans une période où j'étais lancée à raconter aussi un peu des souvenirs. Mais également en raison de certaines déclarations idiotes de Sarko.
Je réédite donc cette page pour être à la hauteur de l'anniversaire. Mais il faudrait aussi considérer que la page dont le lien est donné à la fin fait partie intégrante de cet article.
Lecteurs qui découvreez ces pages, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour parler de votre propre expérience.
Bonne lecture.


Bonsoir (c'est mon heure quand j'écris)

Il y a relativement longtemps que je vous ai laissés en plan avec mes souvenirs. J'y reviens techo_w3.jpgVous allez avoir de la lecture
aujourd'hui, en espérant que ça ne vous ennuie pas trop.

Comme il parait qu'il va falloir faire comme si ça n'avait pas existé, je m'empresse de vous parler de cette époque historique qu'a été mai 68, pendant que c'est encore possible :lol:
Et puis de toute façon, je voulais vous en parler un jour ou l'autre.
Précisons que je n'ai été que témoin.

J'espère ne pas être trop décousue, parce que je n'ai pas eu le temps de faire une super préparation. Et puis il manquera les dates ultra précises le tant de mai ou de juin, je n'ai pas de calepin de l'époque...

Souhaitons que vous y trouviez un peu d'intérêt quand même.

J'étais encore dans ma période parigote, j'avais commencé à enseigner, dans une école à 40 kilomètres de Paris et en même temps, je m'efforçais de suivre les cours de la section "japonais" des Langues'O, du moins c'est ainsi que ça s'appelait à l'époque, dans des locaux rue de Lille. Aux vacances de Pâques, nous avions, celui qui est devenu mon mari et moi, fait un voyage en voiture (le chauffeur, c'est moi) en Provence et Camargues.

C'était encore relativement au début des agitations.
C'était la période du Théâtre des Nations avec les représentations au Théâtre de l'Odéon alors sous la directon de Jean-Louis Barraut. Au programme, il y avait aussi du bunraku; mon homme m'y avait invitée.
J'habitais avec ma mère Porte d'Orléans. Je ne prends donc pas la voiture mais le bus 38 qui passe devant l'Observatoire, longe le jardin du Luxembourg et je descends place de la Sorbonne pour faire ensuite la courte distance jusqu'au théâtre. Mais lorsque j'étais encore dans le bus et que celui-ci s'approchait de la Place de la Sorbonne, les autres passagers et moi avions remarqué une petite colonne de CRS super bardés, qui avançait bon pas, presque au petit trot. Comme le bus ne pouvait pas rouler vite, ils arrivaient presque en même temps que nous, mais sur l'autre trottoir.
J'ai le temps de mentalement photographier la place, calme, juste en face devant la librairie, un petit groupe de jeunes en train de bavarder, comme il y en avait toujours eu en ce lieu. je me répète: tout est calme, normal.
Et soudain voilà nos CRS qui partent au pas de charge vers les quelques jeunes en question, lesquels s'éparpillent le plus vite qu'ils peuvent; l'un d'eux arrive tout essoufflé à côté de moi qui attendais de pouvoir traverser; justement le feu tourne pour les piétons et mon petit gars qui s'exclame "Zut! Mes lunettes sont tombées! Faut que j'aille les chercher!" ayant remarqué la tournure que ça avait pris à l'endroit où il était quelques instants plus tôt (les matraques semblaient parties en action sur ces jeunes qui ne faisaient rien), je l'ai attrappé par la manche pour le forcer à traverser avec moi.
Quelques instants plus tard, j'ai failli être écrasée par une voiture garée qui voulait sortir.
Je suis arrivée les jambes encore un peu flageolantes au théâtre.
Par précaution, nous avions décidé de rentrer chacun chez soi sitôt la séance terminée, et cette fois, j'ai pris le métro à Odéon. Bien nous en a pris: c'est ce soir là qu'ont eu lieu les premières grosses échauffourées...


Panth--on.jpg

Un autre jour...
Les grèves se sont répandues.
Les AG de toute sorte font florès.
Le Théâtre de l'Odéon, à l'époque sous la direction de Jean-Louis Barraut, est occupé.
Avec des amies, nous y entrons pour voir un peu à quoi ça ressemble. Contrairement à ce que l'on supposait, la salle est quasiment vide. Mais sur la scène, une table, des chaises, des gens qui discutent... Nous reconnaissons quelqu'un de la section de chinois aux LanguesO, il semble être un des animateurs. Je crois qu'il y a aussi Dany le Rouge. Le tout m'évoque des images de tribunal populaire ou une scène de Tchekov...
Le soir même ou le lendemain, le théâtre était évacué et fermé et Jean-Louis Barraut évincé de son siège...


li-piano.gif

Les étudiants prônent la grande fraternité, la grande union des étudiants et du monde ouvrier; mettre en commun les énergies pour un monde meilleur.
Il faut discuter et agir tous ensemble.
Je suis dans la cour de la Sorbonne encore fréquentable à ce moment-là, c'est avant les plus grandes barricades. J'ai mon magnétophone. Mais ,eurs, pas de faute d'anachronisme s'il vous plait. Ce n'est pas un tout petit machin comme maintenant, mon Uher semi-professionnel.
Me voilà donc avec mon uher en bandoulière et (gros) micro à la main pas brandi pour essayer d'être discrète, suivant - et enregistrant - une discussion entre un petit étudiant et un travailleur. Deux dialectiques assez différentes...
Un copain de l'étudiant me remarque et s'efforce de lui faire signe. Interruption de la discussion pour me prier d'arrêter, de dégager. j'essaye d'arguer du fait qu'ils disent eux-mêmes qu'il faut propager les idées, faire connaître etc, mais j'ai senti qu'il valait mieux ne pas trop insister... Tout en continuant à me poser des questions sur la logique des gens...

li-piano.gif

C'est la grève générale.
Plus de transports.
Les poubelles ne sont plus ramassées.
L'armée est réquisitionnée.
Ce n'est guère mieux dans les pays voisins.


Or justement frère N°2 est en voyage d'affaire en Angleterre et a décidé de faire un détour sur Paris pour voir frérot et sa petite française. Il ne peut pas venir depuis Londres avec le vol normal prévu, il prend donc un avion d'une petite compagnie faisant Douvres Amiens; et je dois aller le chercher en voiture à Amiens.

Oui mais...

L'essence est devenue une denrée rare. Je ne suis pas sure d'avoir assez dans mon réservoir pour l'aller et retour, d'autant plus que ce jour-là un très grand défilé est prévu en fin de journée départ au nord de Paris, il faudra que je fasse le tour par les périf (pas encore d'autoroute à cet endroit, ce sont les vieux boulevards périphériques) mais mon garage n'a plus une goutte. On me dit que je trouverai peut-être mon bonheur en cours de route.
J'ai fait l'aller et le retour en surveillant toutes les stations essence que nous pouvions croiser: elles étaient toutes fermées parce que vides...
Imaginez mon inquiétude, ma peur de tomber en panne séche au mauvais endroit avec mon auguste visiteur dans le véhicule...
Mon soulagement d'avoir pu le déposer à bon port, et la satisfaction avec laquelle j'ai siroté mon appéritif!

Cette nuit-là a été la plus violente.
Toute la nuit, toute la journée du lendemain on avait le bruit des voitures de police et des ambulances...
Il avait drôlement choisi son moment pour venir, le futur beauf!

*******************

Il y en a d'autres encore, mais c'est là quelques uns de mes souvenirs les plus marquants de ce que j'ai pu voir directement.

Certains événements ont été assez durs. Nous connaissions le cadre de Renault qui avait été tenu en otage dans son bureau, c'était un collègue de mon père (mon père, lui, avait déjà quitté ce monde 2 ans plus tôt, d'un cancer du foi). Sa santé s'est considérablement resentie de cette épreuve et sa vie en a été très écourtée...
Il y a eu aussi des épisodes quasi comiques: mois de juin, je suis en voiture sur le boulevard périphérique, dans ma vieille teuteuf, une 4cv que je soignais, faut pas croire, et je me fais arrêter par un flic. J'étais avec une collègue du même âge qui habitait pas loin de chez moi. Allons bon! Un des 2 clignotants en panne. Nouveau ou point vu...
- Papiers mademoiselle
- voilà Monsieur ...................
- AAAAAAaaaaaaaaahhhh comme ça on est prof! On nous a bien embêtés, hein les profs! et patati et patata, ça a bien failli mal tourner.
Ensuite avec ma collègue, on hésitait entre l'exaspération et la rigolade, nous avions préféré la rigolade!

Je vous avais prévenus, que je vous donnerais de la lecture! :lol:





EDIT: je me permets de très vivement vous conseiller de lire aussi les commentaires qui accompagnent cet article: ils sont dans l'ensemble un très bon complément à l'article lui-même.
De même pour l'article suivant et ses commentaires:
---> CLIC

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Petites infos:






Bienvenue à bord


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C'est la saison des hortensias; il y en a de très beaux.Dans les environs de Tokyo, à voir en particulier à Kamakura.
(Cliquer sur la petite photo pour la voir en grand.)


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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
A force de persévérance, et en visionnant une vidéo en japoanis sur youtube dont il a fait une copie d'écran,
Jean-Marie nous a trouvé le tableau cherché; qu'il en soit remercié.



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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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