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Mardi 23 mai 2006
三社祭

C'est la fête du sanctuaire shintoïste, dédié aux frères Takenari, ainsi qu'à Hajino Matsuchi. Ils auraient trouvé la statuette de Asakusa Kannon dans la rivière Sumida qui est tout près.


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Vous reconnaissez peut-être là l'une des photos de la bannière. Le prêtre est dans son habit de cérrémonie. Et comme il commence à pleuvoir un peu (il pleuvra beaucoup dans la soirée…) on le protège à l'aide d'un de ces beaux parapluies en papier huilé.

Vous remarquez aussi que les participants actifs sont habillés d'une façon spéciale, traditionnelle. Beaucoup de boutiques du quartier vendent l'attirail. Il ya même la version toutou. Vous ne me croyez pas? Alors en voilà la preuve:




Pour en revenir aux bipèdes et à leur costume, ce que est imprimé sur le dos et au revers de la veste n'est pas la même chose pour tout le monde. Sur le revers, c'est le nom du magasin ou de l'entreprise à laquelle on appartient. Sur le dos, c'est l'association de quartier.

Asakusa fait partie de ce qu'on appelle "shitamachi", la ville basse, quartier populaire où bien souvent les traditions se perpétuent davantage. Un vrai Edoko de Asakusa vit pour la fête. Pas question de la manquer, sauf cas de force majeure, quand on est tombé dans la marmite en étant petit. L'une de nos nièces est installée dans le Kyushu depuis pas mal d'années. Tous les ans, elle faisait prendre à ses deux enfants un week-end très prolongé pour venir chez ses parents, l'un de mes beaux-frères, pour ne pas manquer la fête avec son frère et sa sœur. Cette année, c'est la première fois qu'elle n'est pas venue, sa fille aînée étant maintenant lycéenne.

La fête dure deux jours et demi. On promène
ces sanctuaires ambulants, les omikoshi très lourds, portés à dos d'homme - et de femme. On fait prendre l'air aux divinités en les secouant quelque peu. Pour cette fête, il y en a jusqu'à une bonne centaine. Nous en suivront un plus particulièrement.


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Les héros de la fête sont donc ces mikoshi, et les humains. Les enfants ont leur propre char à tirer, aidés par quelques adultes. Au moment de la pause, ils reçoivent des cadeaux: bonbons, biscuits, boisson… Ils sont particulièrement mignons.


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Vous remarquez que l'un d'eux à une bande blanche tracée sur l'arrête du nez. C'est une tradition pour la fête, mais elle semble se perdre à Tokyo par rapport à certaines provinces.

Les enfants exercent très tôt leur talent, comme vous allez pouvoir en juger.



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remarquez qu'ici on l'aide à prendre son équilibre, mais ensuite elle tiendra bien toute seule. elle a les pieds sur les portans du mokishi, ces longs portants qui scient les épaules de tous nos vaillants hommes et femmes qui sont très contents d'être là où ils sont, même si ce n'est pas très confortable.



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Cette promenade dure longtemps, et il y en a plusieurs dans la journées. le tout se fait au sson de la musique, un air traditionnel propre à chaque quartier. ici, c'est donc le Asakusa bushi. Il y a évidemment plusieurs groupes de musique répartis ici et là.



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Les divers tambours, un triangle, le fue ou flûte au son aigu… Je disais qu'ils sont contents de tenir le mikoshi même si ce n'est pas confortable, mais ils laissent leur place de temps en temps; pas uniquement pour faire une petite pause. C'est aussi pour laisser la place à d'autres. Même si certains y restent plus longtemps.



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Vous voyez qu'on va partout: dans les rues, dans les arcades, dans le nakamise (voir l'article précédent) et qu'il y a aussi de tous les âges, ce que vous verrez aussi demain avec la cession nocturne qui est un des grands moments.


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Cet article parait d'auant plus long qu'il y a beaucoup de photos et que j'aime ne pas les monter trop petites. Si c'est la première fois que vous venez ici, que cela ne vous empêche pas d'explorer d'autres pages, elles ne sont pas toutes si longues, mais elle sont toutes bien illustrées.


J'espère que vous avez aimé. A demain pour la nocturne.



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Mercredi 24 mai 2006

夜の三社祭

Que la fête continue!


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Les lanternes sont tellement plus belles le soir; même si elles représentent aussi une publicité. Ce qui est inscrit, c'est le nom de la société ou du magasin du quartier qui a fait un don à la paroisse à l'occasion de cette fête. Les gentils et généreux donateurs.


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Le mikoshi lui-même prend des teintes plus fortes, un air plus mystérieux.

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Le motif du tôri est devenu bien visible. Les petits miroirs qui font toujours partie de la décoration d'un sanctuaire renvoient à un épisode important de la mythologie shintoïste. C'est le miroir  grâce auquel on a réussi à faire sortir de la déesse Amatérasu de la caverne où elle s'était enfermée, plongeant ainsi le monde dans les ténèbres.

La partie nocturne du samedi soir est bien plus animée encore que celle de la journée. Je rappelle qu'il y a jusqu'à une bonne centaine de mikoshi! Et l'excitation a eu le temps de monter au fil de la journée. Certains ne laisseraient pas leur place!!!

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Les mikoshi vont dans la grande avenue fermée à la circulation, ils font un grand tour, faisant fi des intempéries.

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Les acrobates s'en donnent à cour joie pour montrer leur talent, pour rendre honneur aux divinités et contribuer à la bonne réputation de leur confrérie de quartier.

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On franchit la porte Kaminarimon, pour remonter les nakamise, ce jour-là, sous une pluie diluvienne.

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Après un petit temps d'attente dans un grand espace éclairé par les lanternes, du côté du sanctuaire, on redémarre, veillé par tous les toits et la pagode, pour aller se présenter aux dignitaires devant le temple.

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Les musiciens commencent à donner des signes de fatigue, je trouve. Il est vrai qu'ils n'ont pas arrêté de toute la journée et soirée. Et ils devront recommencer le lendemain…

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Par contre, ceux-là donnent l'impression d'être dans une situation plus confortable. Mais il est vrai qu'on est parfois fatigué de ne rien faire!

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Une chose est sure, chacun rentrera chez soi la tête pleine de la musique aigrelette du fue, des cris d'encouragement et de rythme "washoï washoï" des porteurs de mikoshi, des cris de la foule, d'images très variées et animées… Et le lendemain, ça reprend de plus bel. C'est un dimanche, tous les mikoshi sont de sortie, tous les visiteurs aussi. Il y a une foule telle qu'il n'est pas rare qu'il y ait quelques blessés. C'est une des trois grandes fêtes de Tokyo.

L'une des deux autres est justement celle de ma "paroisse", elle aura lieu bientôt sur plusieurs jours, début juin. En plus, je crois que cette année sera une année avec tout le grand faste. J'espère que le temps sera clément, que rien ne m'empêchera d'en profiter. Au pire, j'ai déjà des photos d'une année précédente, mais on espère toujours faire mieux, et compléter.

On l'aura compris, j'aime ces fêtes! Un jour, je présenterai aussi celle de Ida-Takayama, une région très intéressante et une des belles fêtes du Japon.

N.B: cet article est lié à:
- Présentation du temple d'Asakusa.
- La fête dans la journée.




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Jeudi 25 mai 2006


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Il est midi
Les loriots sifflent
La rivière coule en silence

Issa
1723 - 1827


Celui-ci semble plutôt occupé à se gaver de la bonne fleur à portée de bec. Une fleur assez curieuse d'ailleurs: elle paraît vraiment très très différente selon les étapes d'épanouissement. A l'étape finale, ce sont quatre pétales largement étalés. Il en existe aussi une variété rouge.

Ces fleurs ne sont pas natives du Japon. Elles s'y sont bien acclimatées. Elles ont été offertes par les Etats-Unis en retour des sakuras de Washington offerts par le Japon.


Voilà donc comment voyagent les plantes: c'est une histoire politique!


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Edit: grâce à Flo, nous savons maintenant que c'est le cornouiller d'Amérique. Merci!

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Vendredi 26 mai 2006

北鎌倉 東慶寺

Nous allons à Kamakura. Plus exactement, nous descendons une gare avant en provenance de Tokyo, Yokahama: Kita-Kamakura. Kita, c'est le nord. Nous traversons la voie ferrée, faisons environ 300 mètres et arrivons à l'accès de ce temple qui est un de mes préférés (mon préféré) dans la multitude de temples qui existent à Kamakura. Vous allez tout de suite comprendre pourquoi: il m'apporte une grande paix intérieure.

Au Tokeiji, des images s'imposent à moi, sans croyance bouddhique particulière…









On monte le chemin de la vie, dont on voudrait qu'il nous mène toujours plus haut…


















Il serpente quelque peu aussi…




















Il est là…



















Il nous attend dans la paix et la sérénité, il semble veiller sur nous…














et c'est enfin le face à face, avec son geste de mains d'accueil et d'apaisement…
un geste qui semble aussi arrêter… arrêter toutes les mauvaises choses qui doivent rester hors du sanctuaire, qui ne doivent plus être dans notre cœur…











Le Tokeiji a une histoire intéressante, à la lumière de laquelle la façon dont est disposé ce bouddha, le geste de main choisi, l'impression que donne l'ensemble, tout celà se trouve parfaitement justifié.

Il aurait été tout d'abord fondé en tant que monastère pour femmes par Mino no Tsubone, une femme dévouée à Yoritomo, le fondateur de Kamakura.

Il a été réétabli en 1285 par une nonne veuve de Hojo Tokimune, 6e régent du Shogunat de Kamakura (1192 - 1333)

Un privilège fut accordé par le Shogunat à ce monastère féminin.
En ces temps anciens, il n'y avait pas le divorce. Mais il pouvait y avoir des femmes malheureuses, qu'elles soient maltraitées, ou tout simplement qu'elles n'admettent pas la présence de concubines en leur demeure. Et ces femmes pouvaient trouver refuge dans ce temple. Une fois qu'elles avaient pu y parvenir, y entrer, personne ne pouvait venir les reprendre par la force, personne ne pouvait les obliger à sortir et revenir dans leur foyer. De plus, elles pouvaient obtenir une séparation officielle, le divorce donc, au bout de 3 années lunaires passées en ces lieux. C'est ainsi que ce monastère fut surnommé: le Temple du Divorce.

Ce privilège a pu être conservé lorsque le Shogunat changea de mains: c'est ce qu ela mère supérieure de l'époque obtint de Tokugawa Ieyasu, fondateur du nouveau shogunat. Cette tradition a donc ainsi pu vivre jusqu'en 1867, donc jusqu'à la fin de la période Edo (1603, 1867). Face aux portes du temple, il y avait 3 auberges ouraccueilir ces nombreuses femmes. Ensuite, on voyait ausssi les hommes convoqués par la cours locale pour qu'ils signent le divorce.

En 1873, le Japon introduisait le divorce dans ses lois.
En 1902, le Tokeiji cessa d'être un monastère pour femmes pour devenir une branche du Enkakuji  qui se trouve presque en face, de l'autre côté de l'actuelle voie ferrée et qui est de la secte zen Rinzai..








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J'espère vous avoir donné l'envie d'y aller et, pourquoi pas, de regarder d'autres articles…

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Petites infos:






Bienvenue à bord


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C'est la saison des hortensias; il y en a de très beaux.Dans les environs de Tokyo, à voir en particulier à Kamakura.
(Cliquer sur la petite photo pour la voir en grand.)


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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
A force de persévérance, et en visionnant une vidéo en japoanis sur youtube dont il a fait une copie d'écran,
Jean-Marie nous a trouvé le tableau cherché; qu'il en soit remercié.



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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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