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Quel temps fait-il à Tokyô?

 
Samedi 18 mars 2006

Ces jours-ci, en même temps que je vous disais que le printemps s'annonçait chez nous, je vous ai montré un beau cerisier ancien, dans un petit parc.


Cet arbre vénérable, nous allons continuer à nous intéresser à lui: ce qu'il est, la vie qui l'entoure, la vie qu'il abrite, pourquoi pas aussi essayer d'imaginer la vie dont il a été témoin…

Son âge? Il est très vieux, cela est certain. Il fait partie des cerisiers protégés de cet arrondissement qui en abrite beaucoup. Nous sommes là à proximité de quelques uns des endroits les plus réputés à Tokyo pour les cerisiers en fleurs. Récemment, une association s'est constituée pour protéger ces arbres, attirer l'attention sur eux, les soigner, etc.

Vous avez vu, sa principale branche a besoin de béquilles. Je l'ai connu avec une seule, maintenant il lui en faut 2…

Il pourrait avoir plus encore de plaies et de bosses. Les amoureux pourraient y avoir gravé leurs noms… Il aurait pu être abattu pendant la guerre, non, il est toujours là, pour notre plaisir… Qu'il en ait quand même quelques unes ne doit donc pas nous étonner.










Ces champignons se sont installés dans un creux du tronc, à peu près à un mètre de hauteur

















Et pas loin des champignons, on trouve cette grosse bosse…







Alors, rappelez-vous aussi dans le jardin Tôgô, ce nom parce que c'était la résidence de ce célèbre amiral vainqueur des Russes en 1905, mort en 1934. Nous sommes dans le quartier "noble" celui qui était le premier cercle autour du palais impérial, où résidaient les notables…

Imaginez un peu ce que, au cours de sa longue vie notre cerisier a pu voir et entendre et… racontez-le moi. J'aime bien qu'on me raconte des histoires…



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Dimanche 19 mars 2006
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J'ai eu la chance aujourd'hui de pouvoir aller à une exposition d'ikebana, art floral japonais. C'était celle de l'école Ohara, du nom de son fondateur, actuellement dirigée par le Ohara de la 4e génération et celui de la 5e génération se prépare à devoir prendre la relève un jour ou l'autre.

L'exposition était particulièrement belle, vraiment une des plus belles que j'aie vues.

Beaucoup de grandes et belles œuvres; une très bonne conception d'ensemble avec une belle mise en scène sans ostentation non plus, des branches et des fleurs de très grande qualité.

Un fantastique régal des yeux, un véritable moment de bonheur pendant lequel on oublie tout le reste…

Cliquez sur les vignettes pour voir les photos en grand. Ce ne sont que trop peu d'exemples, mais je vous montrerai d'autres photos, d'autres jours.





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Lundi 20 mars 2006
GRADES ET REVENUS

Autres articles sur le sumô, dans l'ordre de lecture conseillé:
l'historique
lieu et fréquence des tournois
poids des lutteurs et costume

QUELS SONT LES DIFFÉRENTS GRADES ?

Je me contente ici de reproduire le tableau qui figure dans l’édition française du livre de Kirishima. Il est trop bien fait. (les chiffres datent de 95 ou 96). Je conserve aussi ses choix de traduction. Par exemple, contrairement à l’usage anglais, la traductrice réserve le terme de « grand champion » à « ôzeki » dont c’est quasi la traduction littérale, choisissant « champion suprême » pour « yokozuna »

GRADE            NOMBRE
mini et maxi
salaire de base mensuel
¥                  


DÉNOMINATION GLOBALE

Yokozuna 0 - 4

2.234.000
San yaku

grands
 maîtres       


Maku-uchi

(ou maku no uchi)

nombre fixé à 40                 
Sekitori     
titulaires 
Ôzeki 2 - 4

1.850.000
idem idem idem
Sekiwake 2 - 4

1.340.000
idem idem idem
Komusubi 2 - 4

1.340.000
idem idem idem
Maegashira 26 - 32

1.036.000
Hira maku idem idem
Jûryô 26

820.000
    idem
Makushita 120
indemnités de présence
Kishi yôsei-in
(ou mihari)
non titulaires
790 à 900 personnes


Sandan-me 200
indemnités de présence

idem

jô-nidan 350 - 400indemnités de présence
idem

jô-no-kuchi 100 - 200
indemnités de présence

idem

Mae-zumô 50 - 100
non rémunérés

banzuke-gai

non classé
shin-deshi
nouveau


Ce tableau permet de mieux se rendre compte d’un premier élément : jusqu’à près d’un millier de débutants et non titulaires, entre 40 et 50 titulaires, les chiffres sont éloquents et se passent presque de commentaires. Il y a vraiment beaucoup d’appelés et peu d’élus ! 

« dans le monde du sumô, les portes sont extrêmement étroites. Sur les quelque neuf cents lutteurs qui y évoluent en ce moment , seul un sur treize pourra atteindre le niveau des titulaires – même en comptant ceux qui ne réussissent que de façon éphémère, le temps d’une saison. », écrit Kirishima. On prend bien conscience aussi de la différence de revenu entre les non titulaires et les autres.


Signalons également qu’à ce classement s’ajoutent les deux catégories Est et Ouest, cette dernière étant considérée comme un demi - degré inférieur à l’Est.

COMMENT FRANCHIT-ON LES DIVERSES ÉTAPES DE CETTE CARRIÈRE ?

C’est au vu des résultats lors des tournois.

Tout est très sévèrement examiné par l’Association de sumô. Le classement est entièrement refait d’un tournoi à l’autre. Il beaucoup plus facile de reculer que d’avancer.

POURQUOI TANT DE CANDIDATS ?

Comme nous le voyons dans ce tableau, l’aspect financier peut être une motivation, même si les débuts rapportent peu : logés, nourris, vêtus, et pour un apprenti du 3e degré 85 000¥ à chaque tournoi (6 par an), pour un aspirant 120 000¥ (chiffres de 95-96).  Il y a aussi une forme de prestige dont est entouré ce métier aux yeux du public. Ils peuvent devenir des vedettes très courtisées… et bien rémunérées.

QUELS SONT LES SUPPLÉMENTS DE REVENUS ?

- Kenshô, prime donnée au gagnant.
Elle est fournie par des sponsors, le plus souvent des entreprises qui trouvent là une forme de support publicitaire. En effet, avant l’affrontement de deux lutteurs, un « yodibashi » fait le tour du dôhyô en portant une bannière affichant le nom du généreux donateur. Plus le lutteur est populaire, plus les « kensho » sont nombreux. Le record serait de 26 en 1967. Record battu au tournoi de janvier 2004 par son champion qui en a eu 28 l’avant-dernier jour. Et encore battu en 2005. Chacune de ces enveloppes contient 60 000 ¥ (chiffre indiqué pour 1996). Sur la somme après déduction d’impôts, le lutteur recevra la moitié.

- Le «ginô sh
ô » = « Prix de la technique » pour celui qui a montré les techniques les plus variées,
le « shukun shô » = « Prix du mérite » pour celui qui a battu le plus de ôzeki et yokozuna,
le  « kantô shô » = « Prix du courage » pour celui qui s’est distingué par des résultats remarquables, sont des prix attribués en fin de tournoi.

Ils sont matérialisés, en dehors d’une coupe volumineuse comme les Japonais aiment en faire et en remettre, par une prime de deux millions de yens.

- Le « yûshô » ou « Grand prix » pour le grand vainqueur de la session. Récompense : 10 millions de yens, et de nombreux avantages en nature (voiture, riz pour toute l’année pour lui et sa confrérie (« heya), sake, bière, etc.).

- Le « kinboshi » ou « Etoile d’or » : c’est la victoire d’un champion ordinaire sur un yokozuna, récompensée par une prime de 2 millions de yens, ET une prime permanente qui s’ajoute au salaire de base. Inutile de dire que c'est particulièrement recherché!

DE QUOI VIVENT LES DEBUTANTS NON RÉTRIBUÉS ?

Ils vivent en communauté au sein de la confrérie (« heya ») dans laquelle ils sont entrés. Ils sont nourris (ils mangent ce que les titulaires ont bien voulu laisser dans le chaudron), logés (en chambre dortoir), habillés (très simplement). Ils devront passer une sorte d’examen d’admission pour devenir apprenti.

AUTRES AVANTAGES:
 
Y A-T-IL D’AUTRES DIFFÉRENCES QUE LE SALAIRE SELON LE GRADE ?

Oui.
Par exemple l’aspirant qui devient titulaire (jûryô) se voit attribuer les avantages sui-vants :
- un bon salaire. Kirishima écrit « Un salaire deux ou trois fois plus élevé que celui que touche généralement un jeune de cet âge. »
- « On vous affecte également deux assistants (tsukebito). » Le makushita qui est au service d’un de ses aînés est un peu comme une bonne pour lui, il a la charge de toutes les petites besognes, petites corvées : les servir à table, laver son linge, lui laver le dos au moment du bain, lui passer la serviette et la reprendre au moment des combats , etc.
- « Lors des repas, vous avez le privilège de vous mêler aux autres titulaires (sekitori) et de vous installer avant les autres, avec vos assistants qui vous servent. »
- « vous recevez à cette occasion tout l’ensemble d’apparat dont a besoin un sekitori : tablier de cérémonie (keshô mawashi), ceinture de soie (shimekomi ou mawashi), veste de sortie (haori), etc., qui vous sont offerts par l’association des supporters »
- « mais le plus agréable, c’est encore la chambre individuelle qui vous est attribuée. »
- « Comme autre différence, il y a aussi la couleur de la ceinture d’entraînement qui, de noire, devient blanche. »

Kirishima conclut cette énumération en disant : « C’est comme si l’on se retrouvait dans un univers complètement différent ! Je crois que n’importe quel rikishi est prêt à tenter l’impossible pour réussir à se maintenir dans le monde des titulaires. »

Autre exemple :
le ozeki, en plus du salaire nettement plus élevé :
- « un ozeki peut se permettre (une seule fois) de terminer une saison avec un score global négatif  sans être rétrogradé.»
- « Le parking du sous-sol du Kokugikan est à sa disposition, ce qui lui permet de s’y rendre en voiture directement sans avoir à traverser les parties publiques du rez-de-chaussée et passer devant la foule des curieux. »
- « Au même titre que les yokozuna et les dirigeants de l’association de sumô, il par-ticipe aux événements de prestige (…). »
- la première classe dans les déplacements en avion.
- Il a trois assistants (jusqu’à 5 pour un yokozuna).
- etc.…

LE FINANCEMENT

QUI PAIE LES SALAIRES, LES PRIMES, ETC. ?

C’est la toute puissante Association de sumô. Elle contrôle l’ensemble de la profession. En font partie les sumôtori à la retraite  qui ont pu obtenir le titre de « toshiyori » (rappelons que leur nombre est limité à 105) qu’ils soient patrons d’une heya (confrérie) ou non.

Pour assurer leur subsistance, les confréries reçoivent une allocation dont le montant dépend du nombre de lutteurs

C’est également l’association qui prend en charge les salaires et les différentes indemnités des lutteurs et des anciens.

D’OÙ VIENNENT LES FONDS ?

Ils proviennent principalement des recettes encaissées pour les six tournois principaux et pour les diverses manifestations, les droits de diffusion à la télévision. Il y a également les dons de diverses sortes. Ceux des mécènes sont importants. Ils soutiennent un lutteur ou une confrérie par des dons qui peuvent être très élevés.

Il y a aussi la vente de photocopies des empreintes de main des lutteurs, accompagnées de leur signature. Les originaux peuvent atteindre des prix importants, de l’ordre de 100 000¥.


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Mardi 21 mars 2006


Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer encore des photos d'ikebana, de cette exposition dont je vous ai parlé il y a deux jours. J'ai tendance à aimer partager ces choses que j'aime, aider à les faire connaître…

Cette chose monumentale que vous voyez pour introduire l'article, c'est l'œuvre présentée face à l'entrée principale du grand magasin où ette exposition avait lieu au 8e étage, sur une très très grande surface.

C'était presque uniquement des "moribana" 盛花 qui étaient présentés. Le style moribana, ce sont fleurs et branches arrangées dans des vases plats et ouverts. En général, on utilise les pique-fleurs, mais l'école Ohara dont c'était l'exposition a aussi une technique assez particulière pour arriver à faire tenir en équilibre des enchevêtrements de branches dressées. Tout comme dans l'école à laquelle j'appartiens, on arrive à faire miraculeuseument tenir les élements en équilibre dans les vases hauts pour ce qu'on appelle le "nageire", comme dans l'exemple suivant, ikebana fait pour une petite exposition il y a environ un mois:






C'était évidemment plus joli quand le lendemain les fleurs de magnolia se sont ouvertes…







D'une manière générale, un ikebana réussi est joli vu sous n'importe quel angle. Il faut donc, dans un arrangement de ce genre, être attentif au pied des branches, à l'endroit où elles sortent du vase: le bouquet va être vu sous tous les angles…





















Ce qui était exposé l'autre jour n'avait pas du tout les mêmes proportions. On donnait dans le grand, l'immense, le gigantesque, dans l'ensemble… Voyons d'autres exemples… Vous devez cliquer sur la vignette pour voir la photo dans son bon format.

 


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Petites infos:






Bienvenue à bord


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Dernière minute: toutes mes pensées pour les trop nombreuses victimes du tremblement de terre en Chine

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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---
> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
(Il faut sans doute chercher en japonais, mais j'igore le titre japonais de cette œuvre...)

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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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