Dimanche 23 septembre 2007
Des cosplays, tout compte fait, il y en a partout. Même à Kunming, j'en ai vu.


Ah! ben non, ce n'est pas une cosplay, c'est une femme en costume sani...

Et elles? elles sont bien sympas, n'est-ce pas? Mais ce ne sont pas des cosplays non plus, ce sont des femmes bai, dans leur costume traditionnel. Elles sont particulièrement nombreuses dans ce
quartier de Kunming, du côté du parc Cui et dans ces quartiers nord de Kunming.
A savoir:
Il ya 56 minorités ethniques reconnues en Chine, quasiment la moitié se trouve dans le Yunnan

Les mariés? ça fait un peu cosplay; surtout pour les photos de mariage à la chinoise. Pour ça, je vous encourage vivement à aller voir chez notre amie Elodie ---> cet article;
Eh bien même s'il n'y avait qu'une seule vraie cosplay à Kunming, il a fallu qu'elle croise mon chemin lors de l'une de mes promenades dans ce très beau parc


Elle prenait - maladroitement - diverses poses pour être photographiée par son amie, sous l'œil indifférent ou goguenard de ces dames

ou de ces tricoteuses papoteuses

J'adore me promener dans les parcs chinois, on y fait toujours toutes sortes de rencontres intéressantes, vous en aurez d'autres exemples.
Mercredi 26 septembre 2007

Oui, où étais-je donc à cette date du 24 septembre 1969???
A nos aimés et féaux Conseillers, les gens tenant nos Cours en Parlement, les habitués du Pot-au-Noir &
autres nos Justiciers qu'il appartiendra , SALUT!
Notre Protonotaire général & nos Grands Maîtres Fourriers, nous ayant humblement représenté que le Néophyte: [le nom] a pénétré ce jour dans l'hémisphère Austral & a dûment franchi la
limite de nos Etats sur le beau navire des MESSAGERIES MARITIMES nommé PACIFIQUE, battant pavillon de la gente nation française, notre Alliée & Amie de toujours, nous certifions que le
susnommé a franchi la Ligne, ce jour d'huy: 24 sept 1969
Fait & délivré en nos Domaines Equatoriaux
& enregistré au Rôle des Grands Navigateurs,
Pour le Bonhomme La LIGNE,
Le Protonotaire Général
Voilà... Maintenant vous savez où nous étions mon mari et moi: à bord d'un navire et nous franchissions la ligne de l'Equateur, avec la traditionnelle petite "cérémonie".
Les personnes qui connaissent bien ce blog se rappellent peut-être que la dernière fois que j'ai évoqué des souvenirs, il s'agissait de mon mariage (--->CLIC) et j'avais conclu ainsi:
<<Oui Gare de Lyon, où se trouvaient quelques
unes des personnes vues sur ces photos, pour notre départ, notre grand départ. Avec Maman, nous prenions le train auto-couchette jusqu'à Avignon, pour ensuite aller jusqu'à Marseille ou nous
appareillions le 4 septembre à destination de Yokohama
Ça, ce sera d'autres chapitres de ce livre de mes souvenirs.>>
Aujourd'hui commence ce chapitre de notre grand voyage Marseille ---> Yokohama en bateau.
Pourquoi ce moyen de transport?
Le grand rêve de mon mari aurait été d'être marin, ce qui n'a pas pu se faire, il s'est contenté d'être universitaire. Mais il a compensé en faisant des croisières: nous avons pris des navires
français, hollandais, chinois, japonais, russe, italien.
Lorsqu'il était allé en France, 5 ans auparavant, c'était à bord d'un navire de la ligne des Messageries Maritimes, quand on faisait encore escale à Saigon (juste juste déjà...) et qu'on passait
par le canal de Suez et Djibouti.
Lorsque nous l'avons fait ensemble, dans l'autre sens, le canal était bouché et la guerre du Vietnam faisait rage, il n'y avait plus d'escale à Saigon.
Partir en septembre, ou en octobre?
La ligne allait être arrêtée après le départ d'Octobre. Alors pensée typique de mon mari: " l'avant-dernier départ peut devenir le dernier, donc c'est plus prudent de prendre celui-là". C'est
ainsi que nous avons appareillé le 4 septembre avec maman nous faisant de grands adieux sur le quai...
L'itinéraire:

Je l'ai - maladroitement - tracé sur cette mappemonde.
Le trajet était: Marseille, Barcelone, Dakar, Durban, Mombasa, Bombay (maintenant Mumbai) Colombo, Singapour, Bangkok, Hong-Kong, Kobe, Yokohama terminus... pour une autre vie.
Installation à bord
Il y avait 3 classes, la troisième étant à fond de cale. Nous étions en 2e classe; notre cabine, sans être spacieuse, était correcte, bien placée, avec hublot extérieur pas au ras des flots. La
2e classe avait sa propre salle à manger mais pour les soirées, nous étions intégrés aux premières classes.
Pour les repas, où nous avait mis avec un autre couple un peu semblable par l'âge et la situation. Teizo était originaire de Kyoto et sa femme Ursula était allemande. Tout deux étaient artistes.
Finalement, ils ne sont restés que 4 ans au Japon, sont ensuite allés s'installer dans le sud de la France et ont fini par acquérir la nationalité française. Nous sommes toujours en contact avec
eux et d'ailleurs avons revu Teizo à Tokyo cet été.
Quelques autres passagers ont marqué ma mémoire, j'en parlerai en temps utile.
(N.B: très exceptionnellement, les photos de cette série d'articles ne sont pas de moi; une fois n'est pa coutume...)
Première escale: BARCELONE

Je connaissais déjà cette ville pour y être allé lorsque je faisais le travail saisonnier dans le tourisme. Par contre mon mari découvrait une belle cité et ses quartiers anciens avec beaucoup
d'enthousiasme. Et moi aussi j'étais contente de la revoir. Mais ce n'était pas encore le dépaysement qui pour moi est venu à l'escale suivante.
Deuxième escale: DAKAR

Ma première rencontre avec l'Afrique. La fière allure des femmes. L'exubérance, la vitalité. L'artisanat: vannerie, instruments de musique, l'or filé,le travail du bois. Des images qui
s'entrechoquaient et s'imprimaient dans ma mémoire. Mais aussi l'île de Gorée, de jolis lieux pour de bien tristes choses.
Je suis remontée à bord la tête pleine d'images et de sons.
Nous avions ensuite 10 jours de navigation pour arriver à l'escale suivante: Durban. La capitale de l'apartheid. Des passagers de toutes nationalités, toutes races... Essayez d'imaginer
l'ambiance en attendant que je vous en parle.
Ce sera pour un prochain article.
A SUIVRE...
N.B: bien sûr, j'avais prévu de vous livrer cet article à la date même du 24. Mais de très gros problèmes
techniques chez OB ont fait que je n'ai pas pu publier pendant quasiment trois jours, vous imaginez mon humeur... J'espère que cette fois ça va vraiment marcher,
Mais vos petits mots vont me redonner le moral :D.
Vendredi 28 septembre 2007
Je rappelle aux personnes qui sont dans la région de Tokyo que ce week-end a lieu la fête "Edo Tenka Matsuri" pour célébrer la
fondation de Edo.
LIEU: Hibiya Koen (parc)
Samedi 29 septembre
16h ---> 20h défilé historique sur un parcours de 2km de Hibiya koen à Marunouchi; danses etc.
Dimanche 30 septembre
10h ---> 17h à Hibiya Koen.
(Je ne pense pas pouvoir couvrir cet événement; moins de regrets si je pense que ça ressemble beaucoup à la Sanno Matsuri que j'ai beaucoup assurée)
Vendredi 28 septembre 2007
Je pense que vous reconnaissez le livre de mes souvenirs. Installez-vous bien, aujourd'hui je vous emmène pour une traversée un peu longue et tendue.
Je vous rappelle la situation: je me suis mariée deux mois plus tôt. Mon mari, japonais, a décliné des possibilités de travailler en France pour rentrer au Japon. Nous faisons Marseille --->
Yokohama en navire mixte de ligne des Messageries Maritimes. Durée de la traversée: 43 jours avec des escales très brèves. Nous venons de remonter à bord après une bonne visite de Dakar (---> CLIC si vous n'avez pas vu cet article).

Voyez la carte: Dakar à la partie la plus renflée de l'Afrique; Durban, de l'autre côté de la pointe du Cap de Bonne Espérance.
10 jours de navigation sans escale nous attendent, dont 8 consécutifs sans du tout voir la terre.
Rien d'autre que le vaste océan si changeant.
Ainsi que les climats rencontrés.
Vous vous doutez bien que nous n'avions pas froid du tout lorsque nous étions dans les tropiques. Nous faisions bon usage de la petite piscine qui d'ailleurs avait été le théâtre de la
"cérémonie" du franchissement de la ligne.
Mais aux abords du Cap de Bonne Espérance, nous avons eu quasiment froid. Je suis même descendue à l'endroit où était entreposés les gros bagages avec accès pour aller récupérer un pull dans la
malle (oui la traditionnelle malle en bois et aussi la bleu-vert en métal).
Aux abords du Cap, le capitaine nous a fait le cadeau de naviguer au plus près pour que nous puissions voir cette si célèbre portion de la terre. Et le temps maussade, la mer un peu houleuse,
d'une houle de fond qui fatigue souvent même les marins aguerris, se prêtaient bien à l'évocation de divers romans pouvant peupler la mémoire.
C'est une après-midi assez excitante que nous avons vécue avec animation, tous rassemblés sur le pont et faisant passer les jumelles de main en main.
Troisième escale: DURBAN

Mais il y a autre chose qui a beaucoup préoccupé les esprits et on sentait bien la tension monter au fur et à mesure que l'on approchait de l'escale de Durban.
Durban, grande ville de l'Afrique du Sud. Le pays de l'apartheid pur et dur.
A bord, des Français et Françaises, mais aussi un Indien de haute caste, beaucoup d'allure je dois dire, qui rentrait au pays après avoir parfait ses humanités à Oxford; une Ceylanaise très
chaleureuse mariée à un Anglais, qui revenait seule au pays pour visiter sa famille; une Française mariée à un médecin indien et sa petite fille de 7 ans qui allait rejoindre Monsieur qui était
parti avant pour préparer le terrain; des Japonais; etc...
A l'heure du café, les discussions allaient bon train. Que faire, comment faire à cette fichue escale?
Là, pas de visites organisées à l'escale. Quelques heures, une après-midi si mes souvenirs sont justes, pour visiter la ville par soi-même.
On est prévenus par le commissaire de bord et les hommes d'équipage que pour les formalités une fois descendus à quai, il faut faire attention: il y a la police des frontières et douane pour les
White et il y a en une autre pour les Colored, à plusieurs mètres de distance, mieux vaut ne pas se tromper.
Une exception: les Japonais. Et l'histoire du pourquoi est assez amusante.
Deux ou trois ans auparavant, à l'aéroport, l'ambassadeur du Japon était allé aux toilettes. Banal, me direz-vous. Sauf que celles où il est allé,c'était celles pour les White. Intervention de la
police etc. Nous voilà bien dans le cas d'un gros incident dipmomatique.
Qui a été réglé de la façon suivante: sur le plan technique et économique, les Japonais étaient très présents en Afrique du Sud; par exemple presque toutes les voitures étaient japonaises, mais
il s'agissait aussi d'installations d'usines, d'infastructures etc. Le Japon a alors déclaré que puisque ce pays mettait les ressortissants japonais en prison uniquement à cause de la couleur de
leur peau, il n'avait qu'une chose à faire: se retirer de ce pays.
L'Afrique du Sud s'est alors rétracté et a accordé aux Japonais les mêmes droits qu'aux blancs, besoins économiques obligent.
Donc nous les petites dames allemande ou française pouvions passer les formalités avec nos maris, au même endroit.
Un regard légèrement appuyé sur mon mari, mais ça s'est passé sans problème. Ensuite, pas de problème (on n'en a pas cherché non plus) dans la ville.
Par contre notre ami Teizo a d'abord été rabroué, moqué parce qu'on le prenait pour un Chinois. Quand ils ont enfin bien regardé le passeport, ils ont compris que c'était un Japonais et ont
arrêté de caricaturer et moquer l'accent chinois qui n'avait rien à voir avec notre ami Teizo.Ce mauvais départ a jeté une grosse ombre sur leur sortie et ils sont revenus très tôt à bord.
De toute façon, Durban n'était pas vraiment une ville touristique. Mais c'était l'occasion de se dégourdir un peu les jambes et l'esprit après cette longue traversée.
Cependant les Indiens, Ceylanais et autres avaient choisi de ne pas descendre. Deux ou trois d'entre eux avaient tout de même fini par descendre sur le quai et regarder les cartes postales
disposées dans un tourniquet. Mal leur en a pris: ils se sont fait injurier comme pas possible par le marchand sous l'œil désolé des passagers restés sur le pont.
Quand nous sommes revenus à bord, ils sont tout de suite venus nous demander comment ça s'était passé pour nous. Bien, pas de problème, avons-nous répondu. Mais je crois, maintenant que j'y
repense, que le fait qu'à l'époque nous parlions exclusivement français (maintenant c'est l'inverse) avait eu un effet positif pour que mon mari soit moins remarqué en tant qu'Asiatique.
Je peux vous assurer que l'escale de Mombasa était attendue avec d'autant plus d'impatience.
Quatrième escale: MOMBASA

C'était surtout le plaisir d'être à terre dans une bonne ambiance. J'ai un vague souvenir d'une petite ville paisible; de s'être installés à plusieurs à une terrasse de café, entourés de verdure,
et que nous nous sentions très détendus. C'était exactement ce qu'il nous fallait.
Je ne sais plus trop ce qui était chargé comme cargo à Mombasa. Mais je me souviens fort bien que, tout comme à Dakar, un assez grand nombre de passagers indiens est monté à bord pour aller à
Bombay. Les couloirs de 2e classe que nous longions pour aller sur l'espace pont qui nous était réservé, pour aller au bar qui s'y trouvait etc, avait changé de physionomie. C'était devenu assez
bruyant et ça sentait le curry; ils devaient faire cuire ça sur des petits réchauds dans leur cabine...
Chaque étape avait sa particularité...
Vos interventions