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Quel temps fait-il à Tokyô?

 
Mercredi 15 mars 2006


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Il y a quelque temps déjà que le printemps s'annonce, chez nous. Ne serait-ce que par l'alternance de journées chaudes et de journées (bien) froides, reputée se produire 3 fois avant que le printemps s'installe, il y a même une expression pour le dire. Nous avons déjà vu les fleurs de la période de transition, celles du prunier, celles d'une variété de pêcher…

Maintenant, ce sont les fameux cerisiers qui se préparent. La photo ci-dessus montre un vénérable vieillard qui a besoin de béquilles pour soutenir une branche très longue poussée à angle droit par rapport au tronc. Il est dans un jardin public qui s'appelle Tôgôkôen = jardin Tôgô, dans l'arrondissement de Chiyoda, le secteur des "Banchô". Il est à quelques minutes de chez moi.
Ce jardin comporte 2 étages et demie. Ici, nous sommes au niveau intermédiaire qui a une dénivellation faible par rapport au niveau supérieur qui est à l'arrière-plan, un peu caché par les arbustes. Une pente assez forte va à l'étage inférieur. C'était autrefois la résidence du fameux amiral TÔGÔ Heihachiro, né à Kagoshima (Kyûshû) en 1847, mort à Tôkyô en 1934. C'est lui qui fut vainqueur des Russes à Port-Arthur et à Tsushima.

Hé! bien, ce beau cerisier nous prépare une belle floraison, voyez un peu de près les bourgeons qu'il porte maintenant, les photos ont été prises aujourd'hui.

 
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Jeudi 16 mars 2006
Dimanche dernier, le tournoi de sumo de printemps a commencé, à Osaka. C'est donc une bonne occasion de vous parler de cette tradition japonaise.

Documents utilisés
:
Le Japon, Dictionnaire et Civilisation Louis Frédéric. Ed. Bouquins Robert Laffont
Dictionnaire de la Civilisation japonaise  éd. Hazan pour l’histoire du sumô.
Mémoires d’un lutteur de sumô Kurishima Kazuhiro traduit par Liliane Fujimori. Les  informations claires et précises qui sont données pour aider le lecteur sont très utiles et copieusement reprises dans ce document.


HISTORIQUE

origine

A QUAND REMONTE L’ORIGINE DU SUMÔ ?

Il est attesté dans les écrits les plus anciens du Japon, le Kojiki  古事記 (712) et le Nihon shoki 日本書紀(720). C’est alors une offrande aux divinités shintoïstes ; il fait partie des rites destinés à assurer la fécondité de la terre et le bon renouvellement du cycle annuel. Du VIIe siècle au début du XIIe siècle est organisé un tournoi annuel à la cour impériale.

QUELLE EST LA PREMIÈRE FORME DES COMBATS ?

Les textes les décrivent comme un combat à main nue comportant des frappes de la main et des coups de pied.

évolutions

QUELLE ÉVOLUTION S’INSTAURE-T-ELLE AU XIIe SIÈCLE ?

Les guerriers, dont le pouvoir s’est institutionnalisé au XIIe siècle, développent le « sumô des guerriers », à la fois formation physique, technique de combat et distraction.

QUAND LE SUMÔ S’EST-IL PROFESSIONNALISÉ ?

En 1603, la famille Tokugawa transfère le gouvernement à Edo. Des guerriers de clans adverses sont en difficulté et ils s’associent à des lutteurs  pour organiser le sumô en spectacles payants. Certains lutteurs deviennent professionnels. Les meilleurs sont engagés par des seigneurs pour se battre sous leurs couleurs.
Vers la fin de l’époque Edo, les seigneurs ont perdu de leur pouvoir économique ; ce sont alors les riches marchands qui prennent le sumô en charge.

LES RÈGLES DE COMBAT ONT-ELLES CHANGÉ PAR RAPPORT AUX ORIGINES ?

Oui, en particulier dans cette phase de la fin d’Edo. Différents groupes fixent les grades, les cérémonies et l’organisation des tournois. Les techniques s’élaborent, les coups de pied, les coups de poing, les étranglements et le combat au sol sont interdits. On met au point la tenue de combat toujours en usage.

LE SUMÔ A-T-IL ÉTÉ MENACÉ DE DISPARITION ?

Oui. A l’ère Meiji, il a failli être emporté par la modernisation, mais il a réussi à se maintenir.
En 1871, le port du chignon masculin est interdit mais les lutteurs de sumô obtiennent une dérogation. Le tournoi organisé en 1884 devant l’empereur est compris comme un ordre impérial de protéger cette tradition.
Pendant l’occupation américaine, les sports martiaux ont été interdits mais le sumô a été maintenu : ce spectacle amusait beaucoup les soldats américains.

SPORT FAVORI OU SPORT NATIONAL ?

C’est en 1905, après la victoire sur la Russie, que le sumô est désigné comme art national (kokugi) et sa pratique est recommandée à toute le population.

DEPUIS QUAND LES SUMÔTORI SONT-ILS RÉTRIBUÉS PAR UN SALAIRE ?

Depuis 1957.


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Vendredi 17 mars 2006
LE LIEU DES COMBATS

LE GRAND  « STADE » DE SUMÔ

à Tôkyô s'appelle «KOKUGIKAN », qu’on peut traduire par « Palais du Sumô ». Il peut contenir plus de 10.000 spectateurs. Il a été construit en 1985, à Ryôgoku, pour remplacer ceux qui avaient été endommagés par la guerre.

Les dimensions

QUELLES SONT LES DIMENSIONS DE L’AIRE DE COMBAT, LE DOHYÔ ?




La base est un carré de 5,50 mètres de côté.
Le cercle de combat est de 5,55 mètres de diamètre.
La surélévation, uniquement pour que la plupart des spectateurs puissent mieux voir, est d’environ 50 - 60cm. La chute de cette hauteur est souvent cause de blessure pour les lutteurs.

CES DIMENSIONS ONT-ELLES TOUJOURS ÉTÉ LES MÊMES ?

Non.
Là aussi, le sumô montre qu’il a changé au fil du temps.
Jusqu’en 1931, le diamètre était de 3,94 mètres. On l’a agrandi en raison de la taille des sumôtori qui avait augmenté. L’espace était donc devenu vraiment trop limité.

Mais un agrandissement qu’on a voulu imposer en 1945 pour plaire aux Américains  (un dohyô plus grand permet des combats plus longs) a été rejeté : lutteurs et connaisseurs affirmaient que la taille existante jusque-là était nettement préférable pour affiner les techniques.

Les « décorations »

QU’EST-CE QUE CETTE SORTE DE TOIT SUSPENDU ?

C’est une toiture imitant celle d’un sanctuaire shintô de style shimmei.

Aux angles pendent des glands, chacun d’une couleur différente : vert pour le printemps, rouge pour l’été, blanc pour l’automne, noir pour l’hiver.

Autrefois, alors que le sumô se déroulait à l’extérieur, cette toiture était plus simple, soutenue par des piliers aux couleurs précédemment indiquées. Ce toit avait une fonction utile : abriter un peu les lutteurs des intempéries. La forme actuelle est relativement récente.

Fréquence des rencontres

LES SESSIONS DE COMBAT, OU SAISONS OFFICIELLES, OU TOURNOIS (BASHO) SE DÉROULENT-ELLES TOUTES À TÔKYÔ ?

Non. Il y en a 6 réparties comme suit :
- Nouvel an            janvier            Tôkyô
- Printemps            mars                Osaka
- Eté                      mai                 Tôkyô
- Eté                      juillet               Nagoya
- Automne              septembre        Tôkyô
- Automne              novembre         Kyûshû

Donc 3 fois à Tôkyô et les 3 autres fois dans des villes de province.
Une saison dure 2 semaines.
Ce nombre de saisons par année date de 1956. Avant, il y en avait moins.

N.B.: cet article est la suite de le sumo, les origines

Une petite question que je voudrais vous poser: pour les sumôtori qui reçoivent un salaire mensuel, à votre avis, combien gagnent-ils? allez, essayez de deviner!


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Samedi 18 mars 2006
ARTICLES PRÉCÉDENTS, à voir dans l'ordre, de préférence:

- un historique du sumô
- Lieu et fréquence des rencontres


LES LUTTEURS


POIDS:

QUEL EST LEUR POIDS MOYEN ?

156 kilos en moyenne (114,5 en 1953)  le plus léger pesant 100 kilos, le plus lourd…plus de  250 kilos (le maximum jusqu’à présent (année de référence des documents: 2000): les 280 kilos de Konishiki, ce qui finissait d’ailleurs par être un handicap).

LE POIDS EST-IL IMPORTANT ?

Oui, et grossir peut devenir une préoccupation obsédante, comme ce fut le cas pour Kirishima par exemple (seriez-vous capable de manger 20 œufs par jour, en plus de tout le reste lui-même impressionnant ?).

Mais le poids ne fait pas tout: la qualité des réflexes et de la technique est un facteur essentiel aussi. On voit assez souvent David gagner sur Goliath.


D’OÙ VIENNENT-ILS ? COMMENT SONT-ILS SÉLECTIONNÉS ?

Ils viennent d’un peu toutes les régions, et même de l’étranger de plus en plus ces dernières années. Ils sont sélectionnés essentiellement sur les critères de taille et de poids. Ils ont entre 15 et 22 ans quand ils entrent dans cet univers.

LE COSTUME DE COMBAT

EN QUELLE MATIERE EST LA SORTE DE CEINTURE (O MAWASHI) QU’ILS PORTENT POUR LES COMBATS ?

Elle est le plus souvent en un coton très solide ; mais lors des tournois, les champions en ont une en soie très épaisse.

QUELLE EST SA LONGUEUR ?

De 9 à 14 mètres, selon le tour de ventre du lutteur, 80 centimètres de largeur.

PEUT - ON LA METTRE SEUL ?

Non, pas du tout. Ils s’y mettent à plusieurs. Il faut que cette ceinture soit extrêmement serrée, ce qui est d’autant plus difficile du fait de la raideur du tissu utilisé. Or, si la ceinture se défait (fait rare, mais c’est déjà arrivé), le lutteur est disqualifié pour ce « duel ».



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Petites infos:






Bienvenue à bord


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Dernière minute: toutes mes pensées pour les trop nombreuses victimes du tremblement de terre en Chine

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Pour l'artiste OKAMOTO Taro ---
> CLIC. Je n'arrive pas à trouver une image de son œuvre "le bras blessé" (1936). Si jamais quelqu'un le trouve,  merci de me le signaler.
(Il faut sans doute chercher en japonais, mais j'igore le titre japonais de cette œuvre...)

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N.B:
Il y a visiblement un bug dans la fonction "recherche". Je vais  tâcher de trouver le temps de m'en occuper...

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