Samedi 27 mai 2006

Au Japon, le "baptême" se fait selon le rite shintoïste.
Comme on dit toujours: on nait shintoïste, on meurt bouddhiste.
On se doit de procéder à cette cérémonie dans les 30 jours après la naissance.
On se met dans ses plus beaux atours, bien sûr et vous allez voir ce que j'appellerai l'équivalent de la robe de baptême.

La maman n'a pas l'air très jeune, dites-vous? Oui, forcément, ce n'est pas la maman! La tradition veut que ce soit la grand-mère qui tienne le bébé. Comme vous êtes curieux, je vais aussi vous montrer le reste de la famille.

Ceci se passait au Hachiman Jingu à Kamakura. A l'arrière plan, vous voyez le très grand escalier qui monte au bâtiment principal.
Nous allons maintenant nous intéesser à une autre famille, celle-ci vu au sanctuaire Kameido, celui des glycines (là et là aussi).

Nous nous installons dans le saint des saints; rassurez-vous, le reste de la famille arrive aussi. Ici, il ne s'agit pas de laver l'enfant d'un péché qu'il n'a point eu le temps de commettre, mais de le protéger en tâchant d'écarter de lui les maux qui pourraient l'agresser, et en attirant sur lui la bénédiction des dieux.
C'est pourquoi vous allez voir les grands coups de balai au-dessus de la tête.
Remarquez l'élégance du geste…
Bien sûr, après cette petite cérémonie, on prend les photos souvenir.

Cherchez l'envers! Pour cela, il vaut mieux avoir la souris baladeuse que cliqueuse.
Et pour une fois, je vais vous faire une confidence. Je vais vous raconter comment s'est passé celui de ma fille, il y a 31 ans presque date pour date.
Ma belle-mère vient nous voir un dimanche, peu après que notre fille avait enfin pu venir à la maison: elle avait fait un petit séjour en couveuse. En même temps, c'était prequele jour de mon annivesaire. Nous parlons de choses et d'autres en prenant le thé ou le café, et soudain elle s'exclame: "La présentation au temple! C'est presque trop tard! Ça ne va pas, il faut faire quelque chose!". Précisons qu'à l'époque j'avais encore beaucoup de lacunes.
L'immeuble dans lequel nous habitions à ce moment-là, à Ichigaya (quartier de Tokyo) jouxtait le terrain d'un petit sanctuaire Hachimangu (normal, c'est juste à côté d'une caserne, celle ou Mishima Yukio s'est si spectaculairement suicidé).
Ma belle-mère ne tergiverse pas, elle dit avec son beau sourire énergique: "On y va!" Je demande quelques minutes pour bien vérifier que le bébé est présentable, et moi aussi. Nous descendons nos quelques étages en ascenceur, à peine quelques mètres à faire pour frapper à la porte du bureau du sanctuaire.
Ils ont accepté la requête de ma belle-mère. Et c'est ainsi que ma fille a eu son baptême japonais improvisé, sans aucune pompe, mais avec beaucoup d'émotion pour ma part.
En effet, au moment où nous longions le corridor qui nous menait au saint des saints, nous avons entendu les cloches de l'église catholique de Yotsuya, à portée d'oreille selon le sens du vent. J'y ai vu un symbole très fort concernant notre enfant. J'ajouterai qu'elle a été baptisée selon le rite catholique sept ans plus tard, avec son plein accord.
Cet article est dédié à toutes celles et ceux qui baptisent un enfant ces temps-ci, ainsi qu'à celles qui sont sur le point de donner naissance. Il s'adresse tout particulièrement à Chouchounews, et à Bibounka.











Hier, donc, avait lieu le grand défilé historique, je devrais plutôt dire: procession d'ailleurs, de la fête du sanctuaire Hei, à Tokyo, dans l'arrondissement de Chiyoda, le sanctuaire lui-même étant situé à Akasaka. C'est celui où je vais pour le Nouvel An: depuis chez moi, c'est une agréable promenade d'une demi-heure, et c'est notre paroisse.



















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